L'ASSAINISSEMENT DES EAUX CORROMPUES
* Du 27 avril 1774.
M. de Boynes, ministre de la marine, a communiqué à l'Académie un mémoire de M. Dufaud, officier au régiment provincial de Paris, sur les moyens de garantir les soldats et matelots des maladies occasionnées par l'usage des eaux corrompues , et l'Académie nous a nommés , MM. Macquer, de Montigny, Cadet et moi , pour lui en rendre compte.
M. Dufaud établit d'abord que la plupart des maladies auxquelles les matelots et les soldats sont sujets viennent de la mauvaise qualité de l'air et des eaux.
Il cite, à cet égard, les autorités les plus respectables, celle de M. Pringle, dans son Traité des maladies, et celle de M. de Jussieu, dans les Mémoires de cette Académie, etc. 11 n'est pas aussi bien fondé lorsqu'il avance que quelques eaux contiennent un quart ou un tiers de leur poids de substances salines ou étrangères, et nous pouvons assurer, au contraire, qu'à l'exception de l'eau de la mer et de celle de quelques fontaines salées il est extrêmement rare de trouver des eaux qui contiennent un centième de leur poids de matières salines ou terreuses.
M. Dufaud, après s'être étendu sur tous les dangers qui sont la suite de l'usage de l'eau corrompue, s'occupe des moyens que l'on pourrait employer pour y remédier; ils sont au nombre de deux, mais le second n'étant point du ressort de l'Académie, nous ne nous attacherons