SUR UNE MACHINE A RÉDUIRE LE TARAC EN POUDRE
On peut juger, par cette description, que M. Morei a cherché à réunir dans une seule machine les avantages de la râpe et du moulin ; mais nous observerons à cet égard, i'' que l'idée d'une râpe cylindrique n'est pas nouvelle et qu'il en existe une dans la manufacture de tabac de Nancy construite sur ce principe; 2° qu'indépendamment de ce que le moulin que M. Morel a joint à sa machine ne diffère en rien pour le mécanisme du moulin à blé, l'idée même de l'appliquer à la pulvérisation du tabac n'est pas nouvelle. Il y a en effet bien des années qu'on pulvérise le tabac à Dunkerque par le moyen de moulins tout semblables qui sont mus par la force du vent. Quoi qu'il en soit, nous serions assez portés à croire que la machine proposée par M. Morel a quelques avantages sur les moulins ordinaires qu'on a coutume d'employer à la pulvérisation du tabac; nous pensons qu'elle sera plus économique, c'est-à-dire qu'elle pulvérisera plus de tabac en un temps donné et avec une force donnée, et qu'elle l'échauffera moins. Reste à savoir si le déchet ne sera pas un peu plus considérable et à évaluer de combien cette circonstance diminuera les avantages de la machine.
Envisagée sous ces différents points de vue , la machine de M. Morel nous a paru mériter les éloges de l'Académie, et l'on peut la regarder comme une application heureuse des moyens déjà connus pour mettre le tabac en poudre; mais en même temps nous ne pensons pas qu'elle contienne rien d'assez nouveau ni même d'assez avantageux pour mériter l'approbation de l'Académie.
RAPPORT
SUR