‹ Œuvres. publiées par les soins de Son Excellence, le Ministre de l'instruction publique et des cultesChapitre 7 sur 347 · VITESSE DU VENT K · texte numérisé non relu

VITESSE DU VENT K

Un vent passablement fort fait parcourir uU pieds par seconde, d'après M. Mariotte.

Les vents impétueux de ce pays parcourent 32 pieds, d'après M. Mariotte.

On prétend qu'il y a des exemples d'ouragan terrible où le vent avait une vitesse plus que double.

Ayant la vitesse du vent et le rapport de pesanteur de l'air avec un fluide quelconque, il est toujours aisé de trouver l'eff'ort qu'il produit, et réciproquement.

M. Bouger, Traité de la manœuvre des vaisseaux, p. i8/i, donne une table de la force du vent sur une surface d'un pied carré pour toutes les vitesses données.

Ceci est dit pour les impulsions perpendiculaires; pour les impulsions obliques, l'effort décroît dans le rapport du sinus de l'angle d'inclinaison au sinus total.

' Encyclopédie , article Vent.

RAPPORT

SUR

L'AREOMETRE DE CARTIER.

Nous avons été chargés par l'Académie, M. Brisson et moi, d'examiner différents aréomètres ou pèse-liqueurs construits en métal par M. Cartier, et ces aréomètres se rapprochent plus ou moins de la figure d'un œuf; un de ceux qu'il nous a remis entre les mains était comprimé dans sa partie supérieure, ce qui lui donnait la forme d'un vase. La partie inférieure de ces instruments est lestée convenablement afin qu'ils se tiennent droits dans le fluide dont on veut déterminer la pesanteur. Une lame de métal mince et étroite, soudée à la partie supérieure, forme la tige. Cette lame, qu'on a substituée à la tige cylindrique des aréomètres ordinaires, a l'avantage d'être plus commode pour y marquer les divisions.

Il se rencontre toujours un assez grand embarras dans la construction de l'aréomètre ordinaire; il faut nécessairement sacrifier ou la commodité, ou la sensibilité de l'instrument. Si l'on veut en effet que sa marche soit sensible, il faut que la tige soit mince, et l'on ne peut se dispenser dans ce cas de lui donner une longueur très-considérable; l'instrument devient alors d'un usage embarrassant à bien des égards et inapplicable au commerce. Si l'on veut au contraire rendre l'aréomètre commode et portatif, on ne le peut qu'en raccourcissant considérablement la tige; il est alors nécessaire de lui donner plus de gros-

seur, afin que cette grosseur, compensant le défaut de longueur, il en résulte toujours une tige de même volume ou de même solidité.

Il est aisé de sentir que, dans ce cas, la marche de l'instrument n'est plus aussi sensible; les graduations, en effet, qui sont marquées sur la tige exprimant les différences de volume occupées par un poids d'eau toujours égal, plus cette tige sera grosse, moins il faudra de longueur pour équivaloir à une solidité donnée. Cette difficulté de construction est d'autant plus grande que l'aréomètre est destiné à comparer des fluides dont la pesanteur spécifique diffère davantage. M. Cartier ne pouvait pas manquer de l'éprouver, puisque son objet était de mesurer tous les degrés de pesanteur intermédiaire entre l'eau-de-vie la plus faible et l'esprit-de-vin le mieux rectifié.

M. Cartier a pensé qu'on pouvait remédier à cet inconvénient en augmentant le poids de l'aréomètre suivant les différentes liqueurs dans lesquelles il devait être plongé. Pour cet effet, il a d'abord construit et gradué son instrument précisément comme s'il n'avait dû servir qu'à déterminer la pesanteur de l'esprit-de-vin et des eaux-de-vie les plus fortes. Lorsque ensuite le même aréomètre est plongé dans une eaude-vie plus faible, il y surnage et n'entre plus jusqu'à la tige; il ajoute alors un anneau ou petite platine de métal de pesanteur convenable, trouée par le milieu et qui s'enfile dans la tige; l'instrument devient ainsi plus pesant et enfonce alors suffisamment dans les eauxde-vie de second ordre. On substitue de même des anneaux plus lourds pour les eaux-de-vie de troisième, quatrième, cinquième ordre, etc. et ainsi successivement jusqu'aux eaux-de-vie les plus faibles et jusqu'à l'eau; la tige, par ce moyen, qui n'a que quelques pouces de longueur, fait l'office d'une beaucoup plus longue.

Quelque avantageux que paraisse au premier coup d'œil l'usage de ces anneaux, il ne sera pas difficile de faire sentir qu'ils doivent être absolument rejetés; ils changent en effet non-seulement le poids, mais le volume de l'aréomètre ; ils n'augmentent donc pas la pesanteur de l'instrument de la totalité de leur poids, mais seulement de leur poids moins celui du fluide dans lequel ils sont plongés et qu'ils dé-

placent; d'où il suit qu'il résulte de chaque addition d'anneaux autant de nouveaux aréomètres différents en poids et en volume et qui n'ont rien de commun que la tige. Or ii est facile de concevoir que la marche de chacun de ces aréomètres ne sera pas la même, puisque les graduations marquées sur la tige ne répondront pas dans chacun d'eux à des fractions d'un même entier.

On a fait sentir à l'auteur ces difficultés, et il a essayé d'y remédier par le moyen qui suit : il a terminé la partie inférieure de son aréomètre par une olive ou ellipse creuse composée de deux hémisphères qui s'assemblent à vis; c'est dans l'intérieur de cette ellipse que M. Cartier place ses poids, et alors ils n'augmentent plus le volume de l'instrument. Mais, en supposant que la vis soit assez bien faite en sortant des mains de l'ouvrier pour empêcher que le fluide ne s'introduise dans l'intérieur de l'olive, il est impossible qu'elle ne s'use peu à peu, et, pour peu qu'elle laisse passer quelques gouttes du fluide, il en résultera des erreurs très-considérables.

Nous concluons donc que M. Cartier est éloigné de l'objet qu'il s'était proposé, c'est-à-dire d'avoir construit un aréomètre de comparaison applicable aux usages du commerce; la graduation dans ceux qu'il propose est absolument arbitraire et n'exprime rien. Loin donc d'avoir corrigé dans les instruments aucun des défauts de l'aréomètre ordinaire, il en a encore ajouté de nouveaux. Nous croyons cependant devoir dire en sa faveur qu'il a de l'adresse et de l'intelligence dans l'exécution, et nous ne douions pas qu'il ne pût remplir avec succès les vues qui pourraient lui être fournies par les physiciens relativement à cet objet.

A l'Académie, le i3 août 1768.

Signé Brisson et Lavoisier.

Nous avons déjà rendu compte des tentatives faites par M. Cartier pour construire en métal un aréomètre ou pèse-liqueur de comparaison et d'usage dans le commerce; nous avons fait voir que, dans ceux qu'il a présentés, la quantité de fluide déplacé variait non-seulement en rai-

son de la portion plus ou moins longue de la tige qui était plongée, comme dans l'aréomètre ordinaire, mais qu'elle variait encore par l'addition de petits anneaux métalliques dont l'auteur se servait pour augmenter le poids de l'instrument et qui se trouvaient eux-mêmes plongés dans le fluide; d'où nous avons conclu que, loin de pouvoir construire par cette méthode difl'érents pèse-liqueurs comparables entre eux, chacun au contraire en particulier n'était pas comparable avec lui-même, de sorte que les pèse-liqueurs de M. Cartier n'étaient susceptibles d'aucune précision, ni pour la physique, ni pour le commerce. Nous avons terminé ce rapport en rendant justice à l'adresse et à l'intelligence de l'auteur dans l'exécution. M. Cartier vient de justifier encore par de nouvelles preuves ce que nous avions avancé en sa faveur.

D'après les défauts que nous avions reprochés au pèse-liqueurs qu'il avait présenté et d'après les avis que nous lui avons donnés, il en a construit un nouveau qui n'a pas les mêmes inconvénients. JNous ne nous étendrons pas sur la description de cet instrument; il est déjà connu de l'Académie et il ne diffère que par la forme de celui que je lui ai présenté il y a quelques mois; les poids se placent sur un petit bassin qui est au haut de la tige de l'instrument, de sorte que le volume du. fluide déplacé est toujours le même. On peut rendre cet instrument aussi sensible que l'on veut, en rendant la tige plus fine, et l'on n'a pas besoin pour cela d'en augmenter la longueur. Nous pensons donc que ce pèse-liqueurs peut remplir les vues qu'on se propose dans le commerce, et notamment dans celui des eaux-de-vie, lorsque, toutefois, les physiciens auront dressé des tables de la pesanteur des eaux-de-vie de différentes qualités.

RAPPORT SUR UN MEMOIRE

SUR

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