‹ Œuvres. publiées par les soins de Son Excellence, le Ministre de l'instruction publique et des cultesChapitre 78 sur 347 · RAPPORT SUR UNE MACHINE A REMONTER LES RATEAUX · texte numérisé non relu

RAPPORT SUR UNE MACHINE A REMONTER LES RATEAUX

H ne sera pas diflîcile de remarquer que la machine du sieur Lacroix a précisément les mêmes défauts reprochés à celle du sieur Ranou : on ne pourrait remédier au premier qu'en employant un mécanisme propre à allonger et à raccourcir les jambes de force, en raison de la profondeur du fond de la rivière; mais ce mécanisme serait nécessairement compliqué; il demanderait un service long et pénihle et il faudrait en répéter très-souvent le jeu.

Quant au second défaut, la lenteur du mouvement communiqué au bateau, il sera beaucoup plus grand encore dans la machine du sieur Lacroix que dans celle du sieur Ranou, et il ne sera pas difficile d'en convaincre l'Académie.

Elle se rappelle que la manivelle, à laquelle la force d'un homme est appliquée, a un pied de rayon; elle décrit donc un cercle d'un pied de diamètre ou de 6 pieds -^ de circonférence. Presque tous ceux qui ont écrit sur l'effet des machines ont estimé à 12,000 pieds l'espace qu'un homme appliqué à une machine peut parcourir en une heure de temps, soit avec les pieds, soit avec les mains; un homme, dans la machine dont nous rendons compte, ne pourra donc faire, par heure, que 1,906 tours de manivelle. Mais, au moyen du rouage dont nous avons rendu compte, il faut 82 tours de manivelle pour faire faire une révolution au cylindre, ce dernier ne fera donc que 69 révolutions j par heure. Mais, en supposant toutes choses favorables, l'écartement des jambes de force ne peut guère excéder li pieds, le bateau ne parcourra donc qu'un espace de deux fois /i pieds, par chaque révolution du cylindre, c'està-dire qu'd n'avancera par heure que de /lyô pieds ou 79 toises {. D'où il suit qu'il lui faudra 27 heures j pour faire une lieue de 2,200 toises.

On pourrait, il est vrai, donner plus de vitesse au bateau en donnant plus de diamètre au fer coudé ou espèce de manivelle à laquelle sont adaptées les jambes de force, mais il faudrait alors employer plus d'effort pour faire mouvoir le bateau, et l'on ne pourrait d'ailleurs arriver encore qu'à un mouvement très-lent, en comparaison de celui qu'on aurait droit d'exiger d'une machine de cette espèce.

Nous n'avons point lait entrer en ligne de compte, dans tout ce calcid, le temps qui sera nécessaire pour rallonger ou raccourcir les jambes de force; nous n'avons fait aucune déduction de la quantité dont ces dernières s'enfonceront dans la bourbe ou dans le sable; enlin nous avons supposé qu'elles ne reculeraient jamais. Il est probable que ces différents obstacles enlèveront encore à la machine une quantité très-notable et peut-être plus de la moitié de sa vitesse; enfin nous avons passé sous silence un grand nonibre d'autres inconvénients de détail qui se rencontreraient dans la pratique, et dont plusieurs subiraient pour rendre l'usage de cette machine impossible ; mais nous croyons en avoir assez dit pour faire connaître à l'Académie qu'elle ne peut mériter son approbation.

Fait à l'Académie, le 1 3 juillet 177/1.

Signé Vaucanson, de Bory et Lavoisier.

RAPPORT SUR m STORE FERMANT LES CHEMINEES. 187

RAPPORT SUR UN STORE

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