‹ OEuvres, publiéesChapitre 11 sur 50 · XII · texte numérisé non relu

XII

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pensions; ils exigeaient des droits considérables pour la chambre apostolique ; enfin ils nommaient à des bénéfices qui n'étaient pas encore vacans, ou plutôt ils les vendaient à ceux qui voulaient d'avance s'en assurer la possession après la mort du bénéficier, et c'est ce qu'on appelait des grâces expectatives. C'est ainsi que , pour se faire des créatures, ou pour amasser de l'argent, ces papes disposaient des biens de l'Eglise. Il arrivait même souvent qu'un même bénéfice étant donné à plusieurs personnes on prenait les armes, et il restait au plus fort.

C'est surtout dans le royaume deNaples que les abus étaient au comble. Tour à tour la proie de deux rois et de deux papes, il était déchiré par un double schisme qui ruinait également les ecclésiastiques et les laïques. Lorsqu'après la mort de Jeanne , Charles de Duras eut fait reconnaître Urbain VI, ce pontife ne se contenta pas de dépouiller les bénéficiers qui s'étaient déclarés pour Clémen tVII; il les fit encore enfermer dans des cachots, et il exerça sur eux toute sa cruauté. Us font un Bouifacc IX, son successeur, fit un trafic scanfic'es!'" '"'" daleuxdesbiensde l'Église. Jean XXII, à l'exemple de Clément V, avait établi les annates , mais pour un temps limité , et encore avait-il excepté les évéchés et les abbayes. Boniface IX étendit ce droit sur tous les bénéfices, et l'établit pour toujours. Il vendait les grâces expectatives , et souvent les

mêmes à plusieurs personnes, lorsqu'il s'en présentait qui voulaient les acheter, ne sachant pas qu'elles avaient été vendues. 11 y aurait eu au moins quelque ordre si la date du jour, où l'expectative avait été accordée eût pu régler le droit des contendans ; mais tantôt il vendait à plusieurs sous la même date , tantôt sous une date postérieure avec la clause de préférence, et quelquefois il révoquait toutes les expectatives qu'il avait données, afin de pouvoir les revendre encore.

Il en usait de même lorsque des bénéfices venaient à vaquer. Ses officiers recevaient l'argent et les suppliques de tous ceux qui les postulaient, donnant à chacun en échange la date du jour qu'il s'était présenté, et abandonnant un bénéfice à une multitude de prétendans : voilà l'origine d'un bureau qu'on nomme la daterie. Il offre un moyen bien commode d'obtenir des bénéfices; car il ne faut qu'avoir de l'argent et un bon courrier.

Les jubilés furent encfore un objet de trafic d,l!;î;iJr„M;" pour Boniface. Il accorda à la ville de Cologne ouwdVî^rl une année d'indulgence, sous la même forme que celle de Rome. Il fit la même grâce à la ville de Magdebourg, et il y en eut encore plusieurs auti'es en Allemagne auxquelles il accorda des indulgences pour certains mois de Tannée. Dans tous ces lieux, il avait des collecteurs pour recevoir une partie des offrandes que la superstition y

Aucune puissance «le l Eu'

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portait de toutes parts. On s'accoutumait déjà si fort à tous ces abus, qu'on n'en était presque plus scandalisé; on commençait même à dire que le pape, en vendant les expectatives, les bénéfices et les indulgences, ne faisait qu'user de ses droits. Tels étaient les désordres de l'Église, et cepenroprnc'pouVru claut il u'v avait pas dans toute l'Europe un sou-

réprimer ces J 1. ^

'*^"'* verain qui fût capable de les réprimer. On ne

pouvait rien attendre de Venceslas, qui régnait en Allemagne. L'Espagne, depuis Henri de Transtamare, avait toujours été troublée ; et ses rois, trop occupés chez eux, prenaient peu d'intérêt à ce qui se passait dans le reste de l'Europe, et ne jouissaient d'aucune considération. La France et l'Angleterre, presque toujours en armes, ou au moment de les reprendre, ne les quittaient que par épuisement; d'ailleurs la situation de ces deux royaumes était déplorable.

L'état de la Gliarlcs VI avait pris , en 1 388 , les rênes du

France était dé-

&ries%i'""' gouvernement, et il songeait à réparer les maux que l'administration des ducs de Berri et de Bour- 1392. gogne avaient causés, lorsqu'en 1892 il tomba tout à coup en démence, pour n'avoir plus que des intervalles déraison. Ses oncles, profitant de cette circonstance, se saisirent une seconde fois de toute l'autorité. Ce règne, qui fut long, n'offrit plus qu'une suite de désordres. Il n'y eut point de plan dans le gouvernement ; la cour fut remplie d'intrigues; les peuples furent ' foulés ;

MODKRNK. 1 Vî

ce n*est encore là que la moindre parlie *ics maux qui désolèrent la France.

En Angleterre, Richard II, fils d'Edouard 111, ,.^/,*,;;^* **♦

«dal

chMd U.

i la mi de Ri

gictcrre nVil

riait encore mineur lorsqu'il monta sur le trône, et il avait aussi trois oncles à qui le parlement donna la régence. L'administration de ces princes excita bientôt une révolte. Les rebelles s'avancèrent jusqu'à Londres ; la populace leur ouvrit les portes ; cette ville offrit l'image d'une place prise d'assaut, et cette guerre civile ne finit qu'après une grande effusion de sang.

Richard enfin gouverna lui-même ; mais, livré à des favoris qui le flattaient, et tout entier à ses Ji,';iq„,'J'iï',"a plaisirs pendant que la France et l'Ecosse lui fai- "' ""''"* saient la guerre, il se rendit méprisable par sa mollesse, et aliéna encore la nation, dont il ne respectait pas les privilèges. Tantôt par faiblesse il recevait la loi de ses parlemens ; tantôt par une mauvaise politique il en corrompait Les membres; assez aveugle pour se croire plus puissant lorsqu'un parlement révoquait les actes que d'autres avaient faits contre son autorité ; mais il semait seulement la division dans son royaume, et il animait pour sa propre perte les factions les unes contre les autres.

Cependant il régnait dans une lâche sécurité, opna<tprri lorsqu'en iSgg des mécontens appellent Henri, fils du duc de Lancastre, son oncle. Ce prince, à la tète de plus de soixante raille hommes, se

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rend bientôt maître du royaume. Richard est déposé dans un parlement; il est forcé d'abdiquer lui-même la couronne ; il est enfermé dans une prison, et Henri IV usurpe le trône.

iiperdiavîe. Quclqucs partisaus de Richard conjurèrent pour le rétablir, et ils ne firent que hâter sa mort. Le parlement l'avait condamné à perdre la vie, si quelqu'un armait en sa faveur. Il mourut en i4o8.

Lesexactions Quolquc , dcpuis Charlcs V, l'Europe fût en

des deux papes

soulèvent le quclquc sortc sans souverains, il n'était pas possible que les papes formassent toujours impunément de nouvelles entreprises. Le clergé, qui voulait jouir de ses richesses , devait enfin se soulever contre leur avarice.

Moyens pro- L'uuivcrslté dc Paris fit les premières démar-

posés par 1 uni- A

nonrfti^cess'eî chcs pour rcudrc la paix à l'Église. En iSgS, ses

le schisme. i r r ' > * 1

'3(j3. députes représentèrent au roi les maux que produisait le schisme, et ils proposèrent trois moyens pour le faire cesser; le premier était une cession que les deux contendans feraient de leurs droits; le second, un compromis par lequel ils s'en remettraient au jugement de personnes nommées à cet effet ; et le dernier un concile général. Charles reçut d'abord favorablement ces remontrances; mais il changea bientôt, et ne voulut plus en entendre parler. L'université, qu'on refusait d'écouter, dans une cause aussi juste , crut devoir faire cesser ses exercices.

Cependant , sur de nouvelles remontrances «' ''^r' ««' qu'elle fit, les prélats , assemblés à Paris par ordre Î!;;jl,7*„r?ir du roi, décidèrent tout d une voix que la cession ««'•*•• était l'unique moyen de finir le schisme. La plupart des princes chrétiens , à qui Ton communiqua cette décision , l'approuvèrent comme le parti le plus sage. Il ne sagissait donc plus que de persuader les deux papes qui avaient voulu paraître dans le dessein de tout sacrifier au bien de la |iiaix*: ni Tun ni l'autre ne voulut céder.

Alors une nouvelle assemblée, tenue en iSnS, s«r u r-r.,

de» driii pape»,

jugea que , puisque les deux papes , par leur ';„,;^;"'; ,.^ opiniâtreté, se rendaient coupables du schisme, ÔX"" * on devait se soustraire à l'obéissance de Benoît, comme on l'était déjà à celle de Boniface; en conséquence., le roi fit publier la soustraction : ainsi les églises de France se gouvernèrent ellesmêmes. Les bénéfices fiirent <y)nférés par élection; enfin on ne paya plus d'annates, ni aucun droit au saint-sié^e.

La soustraction était certainement le parti le L»«i«Mr4r-

' lion n'ayant Ms

plus raisonnable; et ce moyen eût réussi, si toute Zr\'/^i*i la 'chrétienté eut suivi l'exemple de la France; mais les princes d'Allemagne et le roi d'Aragon ne l'approuvaient pas. Le duc d'Orléans, frère de Charles VI, ne cessait de dire qu'il vaut mieux avoir deux papes quede n'en point avoir. L'université de Toulouse pensait de même; et parce qu'il faut que les mauvais raisonnemens prévalent ,

la lève.

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même sous les princes qui ont des intervalles de raison, le clergé se divisa; l'université de Paris n'eut plus d'avis; celles d'Orléans, d'Angers, de Montpellier n'approuvèrent point qu'on fut soustrait, et la soustraction fut levée, à condition néanmoins que Benoît donnerait sa cession , si Boniface donnait la sienne , ou venait à mourir.

L'année suivante, celui-ci étant mort, on lui donna pour successeur Innocent VII ; et comme Benoît, malgré sa promesse, n'avait pas voulu renoncer à la papauté, l'université de Paris fit renouveler la soustraction.

Les deux pa- Ccpeudant on continuait de solliciter les deux

pes, se refusant ^ , ^

àiacossion.sont papcs à la ccssiou , c est -à -dire Benoît et Gré-

abandonnes de A 1 '

qTcomtqS goirc XII , quî venait de succéder à Innocent VII ;

On revient a soustraction.

.4oO.

conc

p'se- mais ils éludèrent toujours ; et leur mauvaise foi

ayant aliéné jusqu'à leurs partisans , la plus grande partie de leurs cardinaux les abandonna. Ils les remplacèrent en faisant chacun de nouvelles promotions. Voyant ensuite que les cardinaux qui les avaient quittés convoquaient un concile à Pise, ils en convoquèrent un l'un et l'autre; Benoît à Perpignan , et Grégoire à Udine , dans la .408. province d'Aquilée. Ces trois conciles se tinrent la même année.

Troubles dans Uu autrc scliismc divisait alors l'empire ; car Venceslas , quoique déposé, continuait d'avoir un parti; il était même reconnu par les pères du concile de Pise, tandis que Robert, électeur pal^-

l'empire.

MODEnnH. 1^7

tin, qu'on avait nommé à sa place, avait pour lui Grégoire XII, qu'il reconnaissait; mais ilcommençait d'aliéner les Allemands, et il avait d'autant moins d'autorité, qu'il venait d'échouer dans la guerre contre Jean Galéas Visconti, à laquelle presque toute l'Europe avait pris part.

Le concile de Pise fut composé d'un grand irroncu^j. nombre d'évéques, d'abbés, de docteurs et des s»''' «'»»••««• ambassadeurs de presque tous les princes chrétiens. Si vous considérez comment les papes se sont faits pendant plusieurs siècles , vous aurez de la peine à dire comment ils devaient se faire; car vous ne trouverez que des usages qui ont varié suivant les temps : aussi était-il difficile de juger de quel côté le droit se trouvait. Le concile jugea la chose si obscure, qu'il ne la mit seulement pas en question. Il condamna cependant et déposa Grégoire et Benoît , parce qu'ils ne voulaient pas renoncer au pontificat, et qu'ils devenaient les auteurs du schisme par leur obstination.

On croirait qu'après ce jugement il appartenait dl'pi""in"n'i au concile seul de procéder à l'élection de celui qui pouvait occuper cânoniquement le saint-siége; car enfin les droits des cardinaux , quels qu'ils soient, devaient disparaître devant une église. Cependant les cardinaux, entrés au conclave au nombre de vingt-quatre, élurent Pierre Philarge, frère mineur, qui prit le nom d'Alexandre V.

Alexandre fut reconnu dans presque toute la f'"«*»«»ro»-

Alexandre

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chrétienté; cependant Benoît était encore pape en Aragon, en Castille, en Ecosse; et Grégoire dans le royaume de Naples , dans une partie de l'Italie ; et en Allemagne l'empereur Robert continua d'être pour lui. Il y eut donc trois papes; et ceux qui pensaient comme le duc d'Orléans devaient être contens.

AI...S sons La plupart néanmoins des princes et des préjeanxxTiu'''' l^ts allcmauds reconnurent Alexandre, parce qu'il leur accorda toutes sortes de grâces et toutes sortes de dispenses contre toutes règles. Ils formaient même une conspiration pour oter l'empire à Robert , parce que ce prince s'obstinait à reconnaître encore Grégoire XII; mais Robert mourut en i4io , et Alexandre V était mort quelques jours auparavant. Ce pontife septuagénaire avait augmenté les désordres, en disposant de tout sans discernement. Les cardinaux du concile de Pise élurent Balthasar Cessa, qui se fit nommer Jean XXIII.

Ce nnn jc.m Balthasar, dans sa première jeunesse, quoiqu'il auparavant. f^^^^ j^jej^ clcrc , avait lait le métier de corsaire pendant les guerres de Naples. S'étant ensuite attaché à Grégoire IX , il vendit des bénéfices , des expectatives , des indulgences, et s'enrichit. Enfin le pape , son protecteur, lui donna la légation de Bologne , parce que c'était une ville à conquérir. Il la conquit en effet, la gouverna en conquérant, s'en attribua tous les revenus, et chargea le

MODKltnii. iSiJ

peuple d'impôts qu'il exigeait avec la dernière rigueur.

Sous le pontificat d'Alexandre, il avait contri- jf»o,^n,!..M. bué à chasser de Rome les troupes de Ladislas, l";,-;'/""' " qui s'était rendu maître de cette ville. Devenu pape, sans renoncer à sa première profession , il se joignit à Louis II d'Anjou, marcha contre Ladislas , le défit, et revint triomphant à Rome. Mais Louis, abandonné de ses troupes, qu'il ne pouvait payer, ayant été contraint d^s'en retourner en Provence, Ladislas vint jusqu'aux portes de Rome ; et Jean fut dans la nécessité de faire la paix. Grégoire, qui lui fut sacrifié, se retira dans le château de Rimini, sous la protection de Charles Malatesta. Il n'était presque phis reconnu que là, et cependant il publia encore des bulles avec toutes les prétentions d'un chef de l'Eglise.

L'humiliation de cet antipape fut tout l'avan- „ .b„d„„,, tage que Jean retira de son traité de paix ; car, n"^*,!" '°' bientôt obligé d'abandonner Rome à Ladislas , il s'enfuit en Lombardie,

Sigismond, roi de Hongrie, prince actif, ferme, ii,e«et,o-. courageux, et bien différent de son frère Yen- s'.umoÏÏ? h

^ ronsrnl k U

ceslas, était alors empereur. Jean rechercha son c^ôïV''"*'" alliance contre le roi de Naples, qui était leur ennemi commun ; et il convint avec lui de convoquer, pour la réforme de l'Église, un concile général, se faisant un mérite d'entrer dans les

ckuislt Cons-

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vues des pères de Pise qui avaient ordonné qu'il en serait tenu un dans trois ans, et comptant que la protection de l'empereur devait l'assurer sur le saint-siége.

sigismond Le pape eût bien voulu que le concile se fût

it Cons- ■* *^ A

!i?u duconciié! tenu dans quelque ville d'Italie, parce qu'il aurait pu s'en rendre maître. Par une raison semblable, Sigismond voulait qu'il se tînt en Allemagne. Cela était même à souhaiter pour la paix, que ce prince désirait sincèrement, et à laquelle il pouvait seul travailler avec succès. Il choisit Constance, au grand. mécontentement du pape, qui, craignant de se rendre suspect, n'osa pas montrer toute sa répugnance.

jeanserepeni Lc coucilc était coiivoqué pour le premier

r1';>voir consenti

;, I. tenue d'un novcmbrc 1414? lorsque Ladislas mourut. Jean

concile. . . / X

alors eût voulu ne s'être pas tant avancé , parce qu'il n'avait plus le même besoin de l'empereur. Il se trouvait même dans des circonstances favorables pour se rétablir dans Rome, et pour renouveler toutes les prétentions du saint-siége sur le royaume de Naples. Le concile devenait donc aussi inutile à Jean qu'il pouvait être utile à l'Église. Mais il n'était plus. temps de reculer, et il fallut partir.

Le concile Lc coucilc dc Constance s'ouvrit le 5 novem-

force Jean à p .

«i^n"*' " "" ^^'^ j4i4? et ne fut terminé que le 22 avril i4i8.

'^"*' Jean eut bientôt lieu de connaître qu'il s'était

donné des juges. Il courait des bruits sur sor\

élection, qu'on soupçonnait de n'avoir pas été faite avec une entière liberté ; et on répandait un mémoire, dans lequel il était accusé de toute sorte de crimes. Les pères supprimèrent ces accusations pour ne pas déshonorer le saint-siége ; mais ils jugèrent que Jean devait, ainsi que Grégoire et Benoît, renoncer au pontificat. Contraint de se soumettre, il donna sa cession et s'enfuit. On le somma inutilement de revenir.

Sigismond fit mettre au ban de l'empire Fré- iM*d^p«»t. déric, duc d'Autriche, qui avait favorisé l'évasion du pape, et fit marcher quarante mille hommes pour se saisir des états de ce prince. Frédéric dès lors ne songea qu'à se réconcilier avec l'empereur, et Jean se vit bientôt arrêté prisonnier dans Ratolfzell, ville de Souabe, à deux lieues de Constance. Il fut ensuite déposé comme schismatique , simoniaque, scandaleux et dissipateur des biens de l'Église.

Grégoire envoya sa démission. Quant à Benoît, rieruo. 4t il persista dans son opiniâtreté, quoique abandonné des princes et des peuples de son obédience ; il ne fut plus pape qu'à Péniscole, ville du royaume de Valence. On le condamna, et on élut Odon Colonne, qui prit le nom de Martin V.

Cependant le schisme ne finit pas encore; car r.«a.»efcît—. Alphonse d'Aragon, mécontent de Martin, revint à Benoît, qui eut un successeur nommé Clément VIL Mais Alphonse s'étant réconcilié avec

l42 HISTOIRK

le pape, Clément, dans la nécessité de céder, se •429. désista de tous ses droits prétendus. Jean était mort depuis quelques années.

La guerre con- L' Angleterre et la France avaient peu contri-

tinuait entre la O 1

gieTem!' '^"' bué à rcudrc la paix à l'Église. Ces deux royaumes, déchirés par des guerres intestines, s'armaient encore l'un contre l'autre pour leur ruine réciproque.

Règne de Hen- Nous avous VU qu'à la fin du quatorzième

ri IV en Angle-

terre. sièclc , Hcnrl IV avait visurpé la couronne sur

Richard II : il n'en jouit pas tranquillement. Toujours en danger d'être précipité du trône, à peine avait-il dissipé une conspiration, qu'il s'en formait une nouvelle. Pendant qu'il fait la guerre au roi d'Ecosse pour le forcer à lui rendre hommage , les Gallois se soulèvent ; et bientôt les Français, profitant de ces circonstances, lui enlèvent des places dans la Guienne, et font des courses jusque sur les côtes d'Angleterre. Henri cependant n'obtenait que difficilement des subsides ; trouvant d'autant plus d'opposition dans les parlemens, qu'il voulait se rendre absolu, et qu'il aliénait les esprits par sa cruauté. C'est ainsi qu'il régna jusqu'en i4i3, qu'il laissa la couronne à Henri Y, son fils.

Sagesse de Hcuri V s'élcva tout à coup à une puissance à laquelle son père n'avait pu parvenir : aussi tint-il une conduite bien différente. Il écarta de lui tous ceux qui jusqu'alors n'avaient été que les compa-

sonfiUtlenrl V

gnons de ses plaisirs : il se fit un devoir d'attirer à sa cour des personnes dont les lumières et les vertus étaient reconnues; il en forma son conseil; il «donna les charges au mérite; enfin il tint un parlement, non pour faire recevoir ses ordres comme des lois, mais pour travailler de concert avec la nation à la réforme des abus. Telles furent ses démarches dès la première année de son règne. Il n'y eut qu'une seule conspiration contre lui , et bientôt on se soumit à un prince qui voulait régner pour faire le bonheur de son peuple. Henri eût été plus grand s'il se fut borné à cet objet ; mais son ambition, qui sera funeste à la France, devait l'être encore à l'Angleterre.

Il faudrait entrer dans bien des détails pour V2rtn%um,rt

* des roi» de

faire voir quels étaient alors les malheurs de la ^iâHT* go«*1*r'.

»-, ^^ • 1 f 11 1 iiiinenl féodal

France. Considerons-les dans les causes; ce sera dr »vieindr*.. la voie la plus courte et la plus instructive.

Pendant que les rois détruisaient d'un coté le gouvernement des fiefs, ils le rétablissaient de l'autre, en donnant à leurs cadets de grands domaines avec tous les droits féodaux. Ils auraient acqub de bonne heure une grande puissance , et ils auraient prévenu bien des troubles , si , conservant toutes les terres qu'ils réunissaient à la couronne , ils n'avaient donné pour apanage aux princes du sang que des honneurs et des revenus. Assez aveugles pour tenir une conduite différente, ilsdémenp)rèrent continuellement leursdoînnincs,

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pour créer de nouveaux vassaux et de nouveaux ennemis. Par un amour mal entendu, ils semblaient vouloir que tous leurs fils fussent des seigneurs puissans : ils ne prévoyaient pas que l'ambition les armerait les uns contre les autres, ni que la puissance de tant de princes ferait le malheur des peuples, et tendrait à la ruine de la famille royale. On vit les effets de cette conduite sous Charles VI : alors le royaume fut un théâtre de guerres, de crimes, de calamités; et les princes du sang, sacrifiant à la discorde jusqu'à leurs propres intérêts, mirent eux-mêmes la couronne de France sur une tête étrangère.

Ce fut la cause Jcau , duc dc Bcrri , Philippe le Hardi, duc de la France. Bourgoguc , ouclcs du roi , et Louis, duc d'Orléans, son frère, s'arrachaient tour à tour la régence. Le roi était à plaindre ; les peuples étaient malheureux; et les régens, toujours enveloppés dans les pièges qu'ils se tendaient mutuellement, n'étaient que des chefs de factieux , armés pour leur ruine réciproque. La France se divisait : il se formait des partis de toutes parts; les factions déchiraient surtout la capitale; elles y dominaient tour à tour, et elles commandaient sous le nom d'un souverain qu'elles s'enlevaient l'une à l'autre. Vous pouvez juger des maux qu'elles causaient, si vous considérez que leurs chefs étaient des princes qui avaient des états et dès armées. Philippe le Hardi surtout était puissant ; car il réunis-

MODERICE. 145

sait à la Bourgogne les comtés de Flandre, d'Artois, de Rhëtel, de Nevers, etc., qu'il tenait de Marguerite, sa femme, fille unique du comte de Flandre.

Ce n'était pas là les seuls ennemis que la France imUiw a» noumssait dans son seni. Isabelle de Bavière, »"•»•*• femme de Charles VI, avare, ambitieuse, vindicative, dénaturée, fut encore un plus grand fléau. Elle se mêla du gouvernement; elle entra dans toutes les intrigues, et sacrifia le dauphin son fils à son ressentiment : telles furent les causes des malheurs de la France. La démence de Charles VI, qui en fut l'instrument, n'aurait pas été aussi funeste, si les princes du sang eussent eu moins de puissance ou plus de vertu ; mais ils ne connaissaient que la force et les crimes.

Philippe le Hardi mourut en i4o4. Jean, son jeâns»o.. fils, dit Sans-Peur, également ambitieux, mais plus n'fl'iîil.r.V.Ï enhardi au crime, était encore plus puissant; car u^'/n»'. "" il avait de Marguerite de Bavière, sa femme, le Ilainaut, la Hollande, la Zélande, etc.

Quoique alors en France toute l'autorité fut entre les mains du duc d'Orléans et 'de la reine Isabelle, ils étaient mal obéis : on criait hautement contre leur administration ; et le mécontentement du peuple de Paris leur était si connu, qu'à l'approche du duc de Bourgogne, ils se retirèrent à Melun. On négocia : Jean Sans-Peur feignit de se réconcilier; et bientôt après il fit assassiner le duc d'Orléans.

l46 HISTOIRE

Le docteur Lc Toî , n'étaut pas assez puissant pour punir

Jean Petit en- ^ ^ 1> 1 !• • 1

t reprend de j as- jg coupablc , lui (lonua des lettres d abolition : le

tilier ce crime. J"^ /

duc de Bourgogne , maître de Paris, osa non-seulement avouer ce meurtre : il osa encore faire tenir une assemblée, dans laquelle un docteur, nommé Jean Petit , entreprit de le justifier. Dans ces temps malheureux on était si fort familiarisé avec les crimes, qu'on trouvait toujours 'des raisons et des docteurs pour les excuser. Jean Petit soutint qu'il y a des cas où l'homicide est permis; il le prouva par douze raisons, en l'honneur des douze apôtres ; et conclut que l'assassinat du duc d'Orléans avait été une action juste et louable. Deux factions Quclquc puissaut que fût le parti du duc de î rancT Bourgoguc , Charlcs , fils aîné du duc d'Orléans , en avait un considérable , qu'on nommait la faction des Armagnacs , du nom du comte d'Armagnac, beau-père de Charles. I^a guerre civile s'alluma donc|; elle dura plusieurs années : et le roi, entraîné tour à tour d'une faction dans une autre , marcha avec le duc de Bourgogne contre le duc d'Orléans, et ensuite avec le duc d'Orléans contre le duc de Bourgogne.

Les Armagnacs qui traînaient Charles VI après eux eurent des avantages. Le parti des Bourguignons s'affaiblissait, et Jean Sans-Peur négociait tout à la fois avec le roi d'Angleterre pour en avoir des secours, et avec le roi de France pour obtenir la paix.

MODERNE. l/|^

CVtait les corruttencemctis du rèCTie de I ieiiri V. lunn v »o..- Ce prince, qui réunissait les vœux de sa nation, î.'.'liiul'p.iÎ! pouvait être assez puissant pour recouvrer pendant les troubles de la France, tout ce qu'on avait enlevé aux Anglais depuis le traité de Brétigni. Il venait même d'en demander la restitution par ses ambassadeurs ; et on n'ignorait pas qu'il s'était mis en état de soutenir par les armes cette première démarche. Il était donc à désirer que les princes fi'anrais suspendissent au moins leurs querelles. Heureusement ils connurent pour cette fois leurs vrais intérêts, et les Armagnacs permirent au roi d'accorder la paix au duc de Bourgogne.

La paix avait été faite à propos : car la même Henri vro»,.

Benr* U guerre

année Henri descendit en Normandie, assiégea et prit Harfleurf mais son armée souffrit si fort par les maladies , que , ne se croyant pas en état <le faire d'autres entreprises, il marchait à Calais pour prendre ses quartiers d'hiver, lorsque les Français lui offrirent la bataille dans la plaine d'Azincourt.

Remarquez, Monseigneur, combien le même n ifuu u, peuple est quelquefois différent de lui-même; et i»Vi"' ««'acherchez-en la cause. Avant Charles V, les Fran- ' rais ne paraissaient devant les Anglais que pour être défaits. Tout changea , lorsque ce prince fut sur le trône : tout change encore , lorsqu'il n'y est plus, et il en est d'Azincourt, comme de Poi-

tiers et de Créci. Dans cette l^taille, les Français, encore en plus grand nombre, furent encore vaincus, et la déroute fut égale.

Dansiimpuis- Cependant il n'était pas aussi aisé de conquérir

sance de soute- •'■ *■

ruccèîfT're" la France que d'y remporter des victoires. Henri

passa la mer, . -,

pouvait perdre ses premiers avantages, parce que l'Angleterre pouvait se lasser de donner continuellement des subsides : elle devait au moins craindre pour sa liberté, si son roi revenait conquérant d'un grand royaume. Ainsi c'est en Angleterre que Henri trouvait les plus grands obstacles à la conquête de la France. Quoique son armée fut victorieuse , elle était ruinée , et il fut obligé de repasser la mer.

Jean Sans- Lcs dlvisious dcs priuccs français étaient sa

Peur le recon- . . , -w^ rr '^ • i • a

naîipourroide principalc rcssourcc. En eiiet il acquit bientôt

France. * •*■ *■

'^'^* un allié puissant dans le duc de Bourgogne qui le reconnut pour roi de France , et qui jura de contribuer de toutes ses forces à le mettre en possession de ce royaume. Ce duc en effet , ne négligeant rien pour soulever les peuples, prit les armes , sous prétexte de délivrer Charles VI de la captivité où le tenaient ceux qui avaient le gouvernement.

Isabelle s'unît Sur CCS cntrefaitcs Isabelle, convaincue d'une

à Jean Sans- . . ^ ,

Peur. intrigue galante, est envoyée a Tours. Le duc de

Bourgogne qu'elle implore la délivre; et aussitôt elle entreprend de faire valoir une vieille ordonnance, par laquelle le roi l'avait déclarée ré-

MODERNE. l40

gente : unie avec le due de Bourgogne, elle devint ennemie ouverte de Charles, dauphin; elle x^ait . d'ailleurs irritée contre ce prince, parce qu'il avait enlevé pour les besoins de Tétat les trésors qu'elle avait amassés, et pour se venger, elle jurait la perte de son propre fils.

La France avait alors bien des maîtres et au- u eon.i« tant d'ennemis. Le comte d Armagnac , fait con- J;";^p„v^*'; nétable et sur-intendant des finances , était à g",lr,n «r« Paris, d'où il gouvernait sous le nom de Charles VL ««»n»^- Henri V, qui se disait roi de France, conquérait ou ravageait la Normandie; et, pendant que Jean Sans-Peur portait par lui-même ou par ses lieutenans la guerre dans plusieurs provinces , Isabelle, en qualité de régente , cassait le chancelier , le connétable , le parlement de Paris , et créait d'autres officiers et d'autres cours souveraines.

Cependant le duc de Bourgogne se rend maître '*- »« i»*^ de Paris. Il y fait son entrée avec la reine. Le •'•»<•• **■"»• comte d'Armagnac et tous ses partisans sont massacrés. Le dauphin qui s'échappe fuit à Melun ; et Charles VI est sous la puissance d'Isabelle, qu'il avait bannie.

Le dauphin, prenant la qualité de lieutenant uéMm^im général, que son père lui avait donnée l'année pi.'i'S!'*** précédente, établit sa résidence à Poitiers. Il y créa un parlement, et de là il parcourait les provinces où il conservait quelque autorité. Mais il y avait presque partout des partis contraires.

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Jean Sans- La coofusion qul régnait dans le royaume

Pour, f|ui se re'- . . , .

aàullin ^eslVs! paraissait le livrer au roi d'Angleterre, lorsque le sd$5,ne. ^j^^ ^1^ Bourgogne, ouvrant les yeux sur ses pro-

pres intérêts , se réconcilia avec le dauphin , et il fut la victime de sa confiance. Quelque temps après , s'étant rendu à Montereau en Champagne, pour concerter les moyens de repousser les Anglais, il fut assassiné par les gens du dauphin et sous ses yeux. Ce meurtre est raconté si différemment , qu'on ne peut pas assurer que le dauphin en ait été complice, mais il serait encore plus difficile de prouver qu'il ne l'a pas été. Les ennemis II était coupablc au lîioins aux yeux de ses

du dauphin en

me"/cSreiu"r ^ïi^emis. Lcs Bourguiguons , maîtres dans plusieurs villes , dominaient surtout dans Paris. Les principaux officiers de la cour, du parlement et de la ville, qui avaient montré leur dévoûment pour le dernier duc de Bourgogne , devaient craindre de voir l'autorité entre les mains d'un prince contre lequel ils s'étaient ouvertement déclarés. Ils conspirèrent donc la perte du dauphin, et ils s'offrirent à Philippe le Bon, duc de Bourgogne, qui avait la mort d'un père à venger.

Isabelle lui Tout ccla cùt produit une guerre civile ; et

Ole la couronne

i;" u%êT/"de peut-être que Henri V n'eût fait des conquêtes

Henri V. , , . r. i -r-.

que pour s épuiser, et pour forcer enfin les Français à se réunir contre l'ennemi commun. Mais Isabelle ne pardonnait pas à un fils qu'elle avait outragé, parce qu'elle ne croyait pas^ que ce fils

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fiit capable lui-même de lui pardonner. Cette marâtre se ligua tout à la fois avec Philippe et Henri; et, abusant d'un roi automate qu'elle faisait mouvoir, elle enleva la couronne au dauphin, pour la mettre sur la tète du roi d'Angleterre. Charles VI donna à Henri sa fille Marguerite , le déclara son successeur et légitime héritier, à l'exclusion du dauphin et de la famille royale, et le chargea en même temps du gouvernement du royaume. Cet étrange traité fut signé à Troyes , et même ap- '4>»- , prouvé par les états ; tant les désordres précédens avaient confondu les droits et les idées. Isabelle qui l'avait dicté eut la honte d'y survivre quinze ans, haïe des Français et méprisée des Anglais.

Henri V et Charles VI moururent dans le cours Henri \i pro-

clamé dam Us

de l'année i/^cti, lorsqu'ils faisaient la guerre au d««>» royaume.. dauphin. Les deux frères du roi d'Angleterre eu- i4". rent la régence, le duc de Betfort à Paris, et le duc de Glocester à Londres. Leur neveu , Henri VI , enfant de neuf mois, fut proclamé roi dans les deux royaumes : le dauphin, Charles VIT, se fit couronner à Poitiers. Pendant les troubles du règne de Charles VI, le parlement, que Philippe le Bel avait rendu sédentaire, devint perpétuel, parce qu'il se tint de lui-même sans discontinuation.

La guerre se faisait avec des avantages alter- M<»i.ieii.-

^ ^*t>tr entre le»

natifs, mais bien plus grands de la part des An- uf^^l' ^^1' glais, loi*sque la mésintelligence se mit entre le gïî. •"*""'' duc de Bourgogne et le duc de Betfort. Bile hit

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occasionée par Jacqueline , comtesse de Hainaut et de Hollande, qui, dégoûtée du duc de Brabant, son mari, se fit enlever; et qui, ayant fait casser son mariage par l'antipape Benoît XIII , épousa le duc de Glocester, frère du duc de Betfort et régent d'Angleterre. La guerre que le duc de Glocester entreprit pour s'emparer du Hainaut fut une diversion d'autant plus favorable à la France , que le duc de Bourgogne prit le parti du duc de Brabant, son cousin germain. D'ailleurs le duc de Betfort ne tira plus de secours de l'Angleterre , dont les forces étaient portées dans le Hainaut. Enfin la minorité de Henri VI faisait déjà naître des dissensions, qui préparaient de grands désordres.

Cependant Orléans assiégé était sur le point de tomber au pouvoir des Anglais; et Charles n'aurait plus eu d'autre ressource que de se retirer au delà de la Loire , lorsque Jeanne d'Arc , connue sous le nom de Pucelle d'Orléans, se dit envoyée de Dieu pour faire lever le siège de cette ville, et pour faire sacrer le roi à Reims. Elle tint en effet parole , et le roi fut sacré le mois de juillet de la même année. Vous vous souvenez du dieu Neptune, du premier Africain, et de la biche blanche de Sertorius.

Cette héroïne, dont le courage méritait au moins d'être respecté, tomba quelque temps après entre les mains des Anglais qui, manquant tout à la

rotine a CbarUs

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fois au bon sens et au droit des gens, la firent briller comme magicienne. Il est vrai que les Français n'étaient pas moins grossiers; car on avait attribué la maladie de Charles YI à des sortilèges, et on avait fait venir un magicien pour le guérir.

Les circonstances deviendront tous les jours i.„ironi,ie»irAiw plus favorables pour le roi de France. Le duc de 5ronri. Bourgogne se réconciliera avec lui, et les Anglais perdront le duc de Betfort , seul capable de soutenir la guerre. Quelques années après , le duc de Glocester succombera sous la faction qui lui est contraire, et sera étranglé dans sa prison. Henri VI, d'une santé et d'un esprit faibles, abandonnera le gouvernement. On ne cessera de crier contre les ministres. Il s'élèvera une longue et sanglante guerre entre les. maisons de Lancastre et d'York, qui viennent toutes deux d'Edouard III. Henri passera du trône dans la tour de Londres, et le duc d'York sera couronné. Voilà les principales causes de la révolution qui rendra la couronne de France à son légitime maître : c'est en Angleterre qu'il faut les chercher. Charles VIT reconquerra son royaume , ou , pour parler plus exactement, les Anglais le perdront et ne conserveront que Calais.

Charles mourut en i4^i, la même année que ,46, Henri fut détrôné. S'il a d'abord été malheureux, il fut ensuite heureux : c'est tout ce qu'on peut dire. En effet il fut heureux au )>oint, qu'étant

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plus à ses plaisirs qu'à ses devoirs, il eut pour maîtresse une femme qui s'intéressait à sa gloire. C'était Agnès Sorel; elle a mérité des éloges que votre précepteur ne peut ni ne veut lui refuser. Elle eut l'ambition d'être aimée d'un roi, c'est une faiblesse ; mais elle ambitionnait encore plus que son amant fût digne du trône : elle le portait au grand malgré lui-même, et lui reprochait de préférer l'amour à la gloire. Cependant si Agnès eût pensé comme Alix Perrers , que serait devenu Charles ?

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