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XII

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vont se croiser et se mêler, il me suffira désormais de considérer dans les princes ce qui peut contribuer à vous faire saisir l'ensemble de la scène qui va s'ouvrir à vos yeux. Vous pourrez me reprocher, Monseigneur, que je mets des bornes à mon plan , lorsqu'il semble que je devrais l'étendre davantage ; car nous touchons aux temps où l'histoire devient pour nous plus intéressante et plus instructive. Mais aussi , plus nous avancerons, plus elle sera compliquée; et cependant je n'ai ni le temps , ni les moyens , ni les connaissances nécessaires pour vous montrer en détail les ressorts qui vont mouvoir l'Europe. Je sens mon ignorance ; et si j'étais moins ignorant , je sentirais encore mieux combien cette entreprise est au-dessus de mes forces. Il me faudrait souvent tâtonner; je ferais de vains efforts pour vousapprendrecequeje sais mal moi-même, etje ne vous offrirais que des tableaux confus. Ce sera donc assez pour moi , si je vous mets en état de lire les meilleurs ouvrages que nous avons en ce genre , et si j'y sais puiser les secours dont j'ai besoin. opHnceavait Eu lA??, Maximilicu avait épousé Marie, hé-

.•(.ousé Marie, . ., ' ' ^

.SsondeBoul! ritièrc de la maison de Bourgogne, fille de Charles, ^""'"* et petite-fille de Philippe le Bon. Les états de

cette princesse comprenaient le duché de Bourgogne, la Franche-Comt€ et les Pays-Bas, à la réserve d'Utrecht , d'Over-Issel et de Groningue. ! Mais le roi de France ayant fait valoir des droits

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sur plusieurs <li* rcs provinces, Maximilien , qui ne recevait pas de secours de son père , n avait pu soutenir la guerre avec succès; et, lorsqu'il lut empereur, il ne fut pas non plus en état de la recommencer avec avantage.* Ses successeurs n'oublieront pas leurs droits, et le mariage de Marie de Bourgogne sera, pendant plus de deux siècles, une des causes d'une guerre presque continuelle.

Le gouvernement féodal prit, sous Maximi- ném»» lien, une forme plus régulière. Cet empereur divisa l'Allemagne en dix cercles; l'Autriche, l;i Bavière, le Bas-Rhin, la Haute-Saxe, la Franconie, la Suabe, le Haut-Rliin, la Westphalie, la Basse-Saxe et la Bourgogne. Mais , comme la Bourgogne ne fait plus partie de l'empire, on ne compte aujourd'hui que neuf cercles.

On régla le gouvernement intérieur de chaque

hrviAfMi

Il cr^ k

cercle; on les lia par une association qui tendait Jit^IJÎ!* 'IIT! à n'en faire qu'un seul corps ; des assesseurs , dé- Iw' pûtes de chaque province, formèrent une chambre impériale, pour prendre connaissance des différens ; et on défendit toute hostilité et voie de fait , sous peine à l'agresseur d'être traité comme ennemi public. On créa même une assemblée tou- \o\xts subsistaîite pour représenter la nation dans l'intervalle des diètes, et pour décider souverainement des principales affaires qui pouvaient intéresser le corps germanique.

Ce plan était sage : cependant il ne pouvait pas c«

assurer

pouvaient s'établif soUclement parmi des princes qui déquiiiité. daignaient de plaider devant un tribunal, quand

ils croyaient pouvoir se faire justice par les armes. Il aurait encore fallu une puissance capable de faire respecter les lois. C'est ce qui manquait à l'Allemagne, et à quoiMaximilien n'avait pas pu remédier. Le temps achèvera son ouvrage. Ce prince mourut en iSig. Nous aurons occasion d'en parler encore.

Troubles en ^^^ troublcs d'Auglctcrre , qui avaient été si Henri' vî' ^qoi favorablcs à la France , continuèrent encore lone-

perd la cou- "

r«nneetiavie. tcmps après la mort de Charles VIT. La maison d'York avait usurpé le trône sur la maison de Lancastre ; Edouard IV régnait, et Henri VI- était enfermé dans la tour de Londres. Marguerite, fille de René d'Anjou, et femme de Henri, vivait pleine de ressources et de courage. Cette héroïne avait déjà deux fois, par sa conduite et par ses victoires , délivré son mari tombé entre les mains de ses ennemis. Elle paraissait enfin ne pouvoir plus former de projet, lorsque Edouard, aliénant les grands même qui l'avaient servi, fit naître de nouveaux troubles dont elle sut profiter. Elle rétablit Henri en 1470-

Edouard, forcé de s'enfuir, avait cherché un asile en Hollande, d'où il revint l'année suivante, avec les secours qu'il obtint de Charles , duc de Bourgogne , son beau-frère. Il remonta sure le trône. Henri , enfermé une seconde fois dans la

MODKRIf R. i

tour, y peitiit bientôt la vie; et Margiimlc, faite prisonnière, ne recouvra sa liberté qnVn 1478, que Louis XI, roi de France, donna cinquante mille écus pour sa rançon.

Il ne restait plus de la maison de Laiicastrc rimé»u4^ que Marguerite de Sommerset et son fils, le comte de Richemond, qu*elle avait eu de son mariage avec Edmond Tudor. Mais les Sommersetsn^étaient qu'une branche bâtarde de Lancastre; et, quoiqu'ils eussent été légitimés, on ni! leur avait jamais reconnu aucun droit à la couronne. Edouard n'ayant donc plus de concurrent , les guerres civiles cessèrent; et après sa mort, arrivée en i48'3, son fils , Edouard V , monta sur le trône.

La même année le nouveau roi, qui n'avait que douze à treize ans, perdit la couronne avec la vie ; et son (vere fut, ainsi que lui, sacrifié à l'ambition du duc de Glocester, leur oncle. L'usurpateur, qui avait pris ses mesures pendant le règne de son firère, Edouard IV, se fit couronner sous le nom de Richard III. Il ne jouit pas long-temps de son crime. Persuadé qu'il ne pouvait s'affermir qu'e» répandant le sang de tous ceux qu'il craignait, il souleva la noblesse ; et le comte de Richemond , qui s'était retiré en France, parut à la tète des mécontens, et fut proclamé roi sous le nom de Henri VII , après une victoire où Richartl perdit la vie. Ainsi finit en i485 la domination des AngcVius ou Plantagenets, dont Henri II avait été

le chef, et qui régnaient depuis plus de trois cents ans. Il ne restait d'enfant mâle de la postérité d'Edouard III, qu'un jeune prince que Henri YII fit périr quelques années après.

L'extinction des maisons de Lancastre et d'York termina les guerres civiles, qui duraient depuis plus de trente ans , et pendant lesquelles les deux partis, sous les devises de rose-rouge et de roseblanche, se livrèrent treize batailles, et firent périr quatre- y ngts princes du sang , et plus de onze cent mille hommes.

Puissance de G'cst cn ï ^B^ Quc Charlcs VII, roi de France,

Charles \ll , a-

près l'expulsion avait entièrement chassé les Anglais. Touiours

des Anglais. o J

divisés depuis ils n'étaient plus à craindre ; et le roi, qui avait réuni tant de provinces à la couronne , était d'autant plus puissant, que l'esprit de faction s'était peu à peu éteint pendan^ la longue guerre qui avait réuni tous les Français contre l'ennemi commun. D'ailleurs les vassaux avaient oublié les droits qu'ils avaient perdus sous d'autres règnes. Si auparavant ils n'avaient pas su les défendre , il leur était désormais impossible de les recouvrer ; et le gouvernement féodal était presque entièrement ruiné. En effet il ne restait plus qite deux grands fiefs , le duché de Bourgogne et celui de Bretagne ; et on pouvait espérer de les réunir un jour à la couronne.

Caractère de Louis XI, fils ct successcur de Charles VII, eut

Lonis XI. . 1 ' 1 1

donc, au commencement de son règne , plus de

puissiiiice que D*eii avait eu aucun cle wm prédécesseurs. Pour afTcrmir son autorité ou \ïour laocroître même, il ne fallait que Tëtayer sur lamour et le respect, en montrant de la justice et de la fermeté. Mais plus Louis crut qu il pouvait tout , plus il ambitionna d'être absolu. C'est par la terreur qu'il voulut dominer ; et comme il avait été rebelle envers son père , il fut cruel avec ses sujets, et perfide avec ses voisins. Il eut les vices d'une àme tout à la fois timide et féroce ; imprudent , fourbe, sanguinaire, superstitieux, il montra quelque esprit et peu de vertus. 4

Son premier soin fut de disgracier ceux que n ».«•<•». / Charles avait employés, et dont tout le crime «»••«-*-"• était d'avoir été fidèles à leur roi. Il les remplaça par des hommes qu'il croyait à lui, parce qu'ils lui avaient été attachés lo rsqu'il était rebelle; et comme si la trahison eût été un titre à sa faveur il rendit la liberté au duc d'Alençon, que Charles avait fait enfermer pour avoir conspiré contre l'état. Il craignait le mérite et la naissance : il aimait à employer des hommes sans considération, qu'il pouvait sacrifier impunément ; et communiquant sa méfiance à ses courtisans et à ses ministres, il les mettait dans l'impuiasaiice de leaervir, et les invitait à prévenir leurs disgrâoet par des trahisons.

Il ne faut pas s'étonner si son règne , qui aurait pu être paisible et florissant, fut d'abord troublé

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par une guerre civile, où il fut sur le point de perdre la couronne et la vie. Il fallait que son gouvernement fût bien odieux au peuple, puisque les rebelles osèrent se soulever contre lui, sous le prétexte du bien public. Louis ne termina cette guerre , qu'en accordant aux chefs des ligués tout ce qu'ils exigèrent de lui ; mais , au lieu de tenir ses engagemens, il les trompa les uns après les autres , et reprit ce qu'il avait cédé.

Louis XI, Il fut cependant pris lui-même dans le piège <:haries duc de Qu'il tcudait i ct il sc crut fort heureux d'en sortir

Bourgogne , en -*^ '

esi puni. ^\ec des humiliations. Croyant tromper plus sûrement Charles , duc de Bourgogne , il feignit de vouloir négocier en personne avec lui, et lui demanda un sauf- conduit pour l'aller joindre à Péronne. A peine y fut-il arrivé, que Charles apprit que les Liégeois, ses sujets, s'étaient révoltés à la sollicitation du roi. Ce prince se fût peut-être cruellement vengé d'une trahison aussi hardie , s'il n'eût pas été retenu par des personnes à qui il donnait sa confiance , et que l'argent de Louis avait gagnées. Il balança plusieurs jours sur le parti qu'il avait à prendre , pendant que le roi , enfermé dans le château , était dans les plus vives inquiétudes. Il lui rendit enfin la liberté; mais ce fut après lui avoir fait signer un traité tel qu'il le lui présenta; et pour achever de l'humilier, il le força de marcher avec lui contre les Liégois ,

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que Ix)uis avait lui-mérae promis dv soiitonirdaDS leur révolte.

Le duc de Berri , un des chefs de la ligue du ••. •?J" bien public, avait forcé le roi, son frère, k lut •••^••^'^ donner le duché de Normandie en apanage; et Louis , qui le lui avait enlevé bientôt après, venait de lui assurer la Champagne et la Brie, par le traité fait avec le duc de Bourgogne. C'était rapprocher deux princes déjà trop unis. Aussi négocia-t-il auprès de son frère , pour lui faire accepter la Guienne en échange des provinces cédées.

Il réussit dans cette négociation : mais il craignait encore que son frère n'épousât Marie, héritière de Bourgogne. Il tentait tout pour empêcher cemariage , lorsque le duc de Guienne mourut de poison, et Louis fut vivement soupçonné d être l'auteur de ce crime. Ici finit l'usage qui renouvelait continuellement le gouvernement féodal : car le duc de Guienne est le dernier prince du sang qui ait joui des droits de souverain dans ses apanages.

Sans m'arréter sur les autres détails de ce règne, je remarquerai seulement comment Louis XI aacrut la puissance des rois.

Lorsqu'après une longue suite de guerres les familles qui entretenaient Tesprit de faction , sont éteintes ou domptées, il faut nécessairement que le peuple qui commence k goûter le repos craigne de voir renaître les troubles. Les Français

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devaient donc se croire trop heureux de n'avoir enfin qu'un maître, quel qu'il fût. Telle était à peu près la situation de la France , lorsque Louis XI parvint au trône. Il ne fallait plus qu'intimider pour asservir. Il intimida : quatre mille sujets, diton , furent exécutés en public ou en secret : il imagina de nouveaux supplices ; et sa puissance absolue fut plus l'ouvrage de sa cruauté que de sa politique. S'il eut des guerres à soutenir, il n'eut point d'ennemis redoutables. Ce n'était que des restes de factieux, sans talens, sans concert, et qu'on intimidait comme le peuple. Charles, duc de Bourgogne , n'était lui-même qu'un esprit inquiet, emporté, présomptueux, haï de ses sujets et de ses courtisans.

Domaines Louis sc salsit dc la Boureroe^ne après la mort

qu'il reunit à la O O 1

de Charles. Héritier de la maison d'Anjou, il réunit quelque temps après à la couronne, le Maine, l'Anjou, la Provence, et il eut des droits sur le royaume de Naples. Il acquit encore plusieurs villes en Picardie , presque tout l'Artois, le comté de Boulogne, le Roussillon, la Cerdagne et d'autres domaines .jC'est ainsi que pendant ce règne, l'agrandissement de la monarchie concourut, avec la soumission des peuples, à l'agrandissement de l'autorité royale. On peut encore remarquer que Louis XI porta à quatre milUons sept cent mille livres les tailles , qui , lorsque sous Charles VII , elles furent imposées pour la première fois , n'avaient produit

couronne.

mODKIIVK. ^4S

que dix-huit cent mille francs. Le marc d*arg€Qt valait alors dix livres. Ainsi les tailles rapportaient plus de ving-trois millions de notre monnaie.

Je ne dois pas oublier «ne chose qui contribuait » im» sans doute k l'affermissement de Tautorité royale; c'est que quelque injuste que fût Ix)uis XI , il voulait qu'on rendit la justice, il y veillait. Il se proposait même , lorsqu'il mourut , d'abréger la longueur des procédures , et d'établir dans tout le royaume les mêmes mesures, les mêmes poids et les mêmes coutumes. Enfin il fut assez éclairé pour ne pas hausser et baisser les monnaies k l'exemple de ses prédécesseurs. Il a pu se repentir de n'avoir pas su ménager le mariage de Marie de Bourgogne avec le dauphin. Cette faute enleva les Pays-Bas à la France, et fut le principe de l'agrandissement de la maison d'Autriche.

Charles VIII avait quatorze ans , lorsque le roi »«». son père mourut. Il n était pomt mineur par la îjj;7,*t,„ J[ loLde Charles V, dit M. de Voltaire , mais il Tétait •«•iVm^Ul par celle de la nature. Le défaut d'éducation le rendit encore incapable de gouverner ; car Ixiuis n'avait cru s'assurer de l'obéissance de son lilx, qu'en le tenant dans la plus grande ignorance ; et ceux à qui il l'avait confié avaient parÊûteroent rempli ses intentions. Pour suppléer à l'incapacité du jeune roi, il laissa par son testament le gouvernement du royaume à sa fille ainée, Anne, femme de Pierre de Bourbon , seigneur de Beaujeii.

., i484. . ., Cette princesse était digne de ce choix, et il fut

Guerre civile ■■■ O '

Jéfah^'d J'^dùc approuvé, par les états-généraux , tenus à Tours l'année suivante. Cependant le duc d'Orléans, comme premier prince du sang, prétendit avoir seul droit au gouvernement de l'état ; les autres princes appuyèrent ses prétentions ; et il fit avec eux une ligue , dans laquelle entrèrent Maximilien et le duc de Bretagne. Ce règne commença donc par une guerre civile.

,488. Anne de Beaujeu rompit plusieurs fois les me-

sures des conjurés. Elle sut même en attirer quelques-uns dans son parti; et la paix fut rétablie en 1488, par la défaite du duc d'Orléans, qui fut fait prisonnier.

ri,ar|es épouse La mcmc aunéc , François II , duc de Bretagne , Bretagne. ' étaut mort, Ic roi de France arma, pour enlever cette province à la fille aînée et héritière de* François ; mais la guerre que lui faisait Maximilien, et celle dont le roi de Castille le menaçait, lui firent bientôt préférer d'acquérir la Bretagne , eil épousant la princesse.

La chose n'était pas sans difficulté ; car il avait déjà fiancé Marguerite, fille de Maximilien; cette princesse était à la cour de France depuis plusieurs années , et pendant qu'il faisait de vains efforts pour conquérir la Bretagne, Maximilien lui-même venait d'en épouser l'héritière par procureur. La duchesse d'ailleurs, qui avait de l'éloignement pour le roi, se refusait à ce mariage, et

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donnait pour raison qu'elle ne pouvait en conscience rompre son premier engagement. Une armée, qui approcha k la vue de Rennes, lera tes «hi. scrupules, et la força de se rendre aux empressemens de Charles. Maximilien, doublement offensé , prit les armes par vengeance , et les quitta par impuissance de continuer la guerre.

Le roi avait rendu la liberté au duc d'Orléans , « « ^ lorsque, honteux de se conduire par les sages «<^'< conseils d'Anne de Beaujeu, il se livra à des favoris qui lui en donnèrent de mauvais, et crut gouverner par lui-même. Il céda la Franche-Comté et TArtois à Maximilien; il rendit la Cerdagne et "^ le Roussillon à Ferdinand le Catholique; et, lorsqu'il abandonnait ces provinces j qu'il pouvait difficilement perdre , il demandait seulement qu'on ne le troublerait pas dans la conquête du royaume de Naples, qu'il ne devait pas conserver.

La France, ayant cessé d'être déchirée par des guerres civiles, était alors l'état le plus puissant. Elle pouvait déployer ses forces et se rendre redoutable , si elle avait un roi qui sût les employer. Il est aisé de prévoir quel sera le succès d'une entreprise formée par un prince sans expérience , qui certainement n'avait rien prévu. Voyons quel était l'état de l'Italie.

Philippe-Marie Visconti , ne laissant point d'en- J^S!^^' faut mâle, avait disposé, en i4/|7|P§u duché de "^^^ "'"^ Milan en faveur d'Alphonse, roi de "Na pics, con-

cuirent et vainqueur de René d'Anjou. L'amitié qu'il avait conçue pour ce prince, l'alliance qui était entre eux , car sa fille avait épousé le petitfils du roi de Naples , et la crainte que les Vénitiens ne se rendissent maîtres du Milanais , furent les motifs qui le déterminèrent à ce choix.

Cependant François Sforze, fils bâtard de ce Sforze , soldat de fortune que nous avons vu à Naples , formait des prétentions sur le duché de Milan , parce qu'il avait épousé la fille naturelle de Philippe-Marie. Charles, duc d'Orléans, en formait encore , et il se fondait sur les droits de ^ Valentine , sa mère , qui était sœur de Philippe , et à qui la succession avait été promise par contrat de mariage ; mais il fut hors d'état de les faire valoir.

Cette ville ^ J ^^t alors tTois partis dans Milan , un pour ùer'eiicE"' Alphousc , uu autrc pour Sforze, et un dernier qui voulait établir le gouvernement républicain. Celui-ci, qui était le plus fort, soutint que le duché devait retourner à l'empire; ne voulant donner Milan qu'à un prince qui ne le pourrait pas garder, et se proposant d'acheter de Frédéric III le droit de s'ériger en république. C'eût été un argent bien mal employé; car ce prince était aussi faible pour protecteur que pour maître. Quoi qu'il en soit, les Milanais essayèrent de se gouverne«ux-mêmes.

Ainsi qnePa- Pavîc ct Parmc , qui jusqu'alors en dépen-

vieet P«rine. x a A I

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liaient, in^inrrcnt nti5M de faire le même essai. Les villes de L<xli et de Plaisance ne portèrent pas leurs vues si haut; et, contentes de se soustraire à la domination de la république de Milan, elles se donnèrent aux Vénitiens.

Dans cette position, le parti le plus sage pour les Milanais était d'abord de laisser Éaire ces villes , et de songer seulement aux moyens d'établir une bonne forme de gouvernement parmi eux. Ils voulurent conquérir avant d'avoir assuré leur liberté, et ce fut leur perte, d'autant plus qu'ils eurent encore l'imprudence de donner k Sforze le commandement de leurs troupes. Ce général se présenta devant Pavie , qui se soumit à lui, à condition qu'il ne la céderait pas aux Milanais. 11 rendit ensuite inutiles les efforts du duc d'Orléans , qui avait passé les Alpes. Enfin , ayant eu des avantages sur les Vénitiens, il sut se servir d'eux pour usurper la souveraineté de Milan.

Galéas-Marie , son fils , qui lui succéda, cruel et iw.«wsfar. sans mœtirs, fut haï et assassmé affres un règne ',?Xl''iir de dix ans. Il labsa un fib mineur, Jean-Galéas- Marie, qtii régna d'abord sous la tutelle de sa mère et du chancelferSimonetta. Bientôt Ludovic Sforze , dit le Maure , oncle de ce jeune prince , chassa de Milan la duchesse, fit couper la tc^tc au chancelier, et se saisit de la r^ence ou plutôt de la souveraineté; car il ne laissa que le nom de duc à son neveu.

44o HISTOIRE

Le royaume Lcs Napolitalns avaicot été plus heureux sous

de rsaples avait i- 1 '^

Sis Alphonse"! Alphonse, qui prit le premier le titre de roi

concurrent <^Cita* ••! ^ f r

René d'Anjou, des Deux - Siciles. Il prêtera ce royaume aux autres qu'il possédait, le rendit plus florissant qu'il n'avait jamais été, le laissa par sa mort, en i458, à Ferdinand duc de Calabre, son fils naturel , et disposa des royaumes d'Aragon et de Valence en faveur de Jean, roi de Navarre, son frère.

Troubles sous Alors tout chaugca. Les premiers troubles fu-

Ferdiixand son

^^'' rent causés par Calixte 111 , qui déclara que Fer-

dinand était un enfant supposé, et que la couronne des Deux-Siciles était dévolue au saintsiége. Ils finirent bientôt par la mort de ce pape , et il en survint de plus grands ; car Jean d'Anjou , appelé par des seigneurs qui s'étaient révoltés, fut au moment de se rendre maître du royaume. Ferdinand dut son salut à un corps de troupes que lui envoya François Sforze , duc de Milan , à l'adresse de Robert Saint-Séverin , qui sut ramener les principaux rebelles , et à un héros qu'il n'attendait pas : c'était Scanderberg, qui n'avait pas oublié les secours qu'Alphonse lui avait envoyés, lorsqu'il avait été attaqué paivles Turcs.

La prospérité dévoila des vices qu'on entrevoyait déjà dans Ferdinand. Malheureusement on les découvrit encore dans son fils Alphonse. Avares et cruels l'un et l'autre, ils se rendirent odieux et soulevèrent encore les. peuples. Cepen-

<!ant les dernières années de ce règne (ureni

tranquilles.

Pendant que Ferdinand régnait à tapies , et i^mn m^que Ludovic était plutôt souverain de Milan que £,77î^ tuteur de son neveu , Latu^ent Médici gouvernait "^''* Florence. Ce sage citoyen, Tâme de sa république, tenait dans la balance les différens princes dltalie, et maintenait toutes les puissances en équilibre. Il importiiit au salut de sa patrie qu'aucune ne s'agrandît; c'était même l'intérêt bien entendu de toutes ensemble ; mais, divisées de tout temps, toujours occupées à s'observer avec défiance, et ne cessant jamais de former des prétentions, étaitil possible qu'elles connussent leurs vrais intérêts.

Le roi des Deux-Siciles avait des droits sur Mi- ji^iu ^m lan, et d'ailleurs Alphonse souffrait impatieni- •*;;•;, ^,*^*ment que Jean Galéas, à qui il avait donné sa fille, *•"' et qui était âgé de plus de vingt ans, n'eût que le nom de duc, pendant que Ludovic usurpait toute l'autorité. Il sollicitait donc Ferdinand, son père , à prendre les armes contre cet usurpateur. Pour écarter cet orage, Ludovic, inquiet et ambitieux, devait naturellement chercher à susciter des troubles dans le royaume de Naples ; et il le pouvait facilement, en se prêtant aux vues des papes , toujours prêts k favoriser la maison d'Anjou , tant qu'elle n'aurait que des prétentions. Les Vénitiens, dont toutie l'ambition était de s'étendre

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