‹ OEuvres, publiéesChapitre 9 sur 50 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

De l'Église , et des principaux états de l'Europe pendant le grand schisme.

J^ous arrivons à des temps de troubles. Est-ce ^uSl'o"^*^"''" quG? depuis plusieurs siècles, nous avons vu autre chose, me direz-vous? Non, Monseigneur; m^s c'est que les troubles vont être encore plus grands. Je ne vous les présenterai pas cependant dans tous les détails; je ne les considérerai que par rapport aux suites qu'ils doivent avoir. Heureusement ils produiront quelque bien, ce qui doit arriver toutes les fois que les désordres sont à leur comble. Clément \i Robcrt, roi de Naples, prince sa«:e et oui avait

déclare nulles I ' F O ^

de KoifeTt'''"roi rciidu SCS états florissans , nomma par son testa- "' ' ^p " ment un conseil de régence , pour gouverner le royaume jusqu'à ce que Jeanne , sa petite - fille , âgée de seize ans, en eût vingt-cinq; mais Clément VI déclara nulles toutes les dispositions de ce prince; défendit, sous peine d'excommunication, aux tuteurs d'exercer aucune autorité; et,

jugeant que le gouvernernent de ce royaume n'appartenait qu a lui pendant la minorité de la reine, il y commit le cardinal Aiméric de Chastelus.

Cependant un moine franciscain, nommé frère „l^'\*; '•'^Î! Robert, qui avait été chargé de l'éducation d'An- îron^^ù"''!*! dré, voulait usurper lui-même toute 1 autorité, et [rt^Y-ïi**" il écartait ceux qui pouvaient être un obstacle à ses desseins. Bientôt, dans la crainte de succomber sous le parti qui se formait contre lui, il trahit son maître, et il sollicita Louis, roi de Hongrie et frère aîné d'André, mari de Jeanne, à prendre possession du royaume de Naples , comme plus proche héritier de son grand-père. Contre son ,

attente , Louis refusa ; il négocia même auprès du pape , pour faire donner l'investiture à son frère, non à titre de mari de Jeanne , mais comme héritier de Charles-Martel. La négociation réussit, après avoir souffert cependant bien des difficultés.

Ces contestations divisèrent les deux époux : , ^miré e»t chacun prétendit régner de son chef, et il y eut à Naples deux cours et deux souverains. Du côté d'André étaient les Hongrois , qu'on regardait comme des barbares; et du côté de Jeanne étaient les princes du sang et les barons du royaume. *

André fut étranglé dans son palais. ,345.

Ce crime, qui en devait produire d'autres, fut je.nof i »si

artus^e de ce

la source des malheurs de Jeanne , et attira sur «•«»"'•• son royaume une longue suite de calamités. Elle n'avait alors que dix-huit ans; et si elle a con-

il6 HISTOIRE

senti à l'assassinat de son mari , ce qui n'a jamais été prouvé , elle était moins coupable que ceux qui l'entouraient, et qui abusèrent de la faiblesse de son âge et de son sexe.

Comme il était de l'intérêt de ses ennemis qu'elle ne fût pas innocente, il lui fut difficile de se justifier. On indisposa les esprits contre elle , et elle se vit menacée des forces du roi de Hongrie, qui marchait pour venger la mort de son frère.

Elle se retire Daus ccttc conjoncturc , elle épousa Louis de

<n Provence

TaTen^e"" u'eue Tarcutc , priucc du saug et son proche parent ;

épouse. i^ais ce nouveau roi , qu'on avait toujours regardé

comme ennemi d'André, était trop suspect pour gagner l'affection des peuples. A l'approche de Louis de Hongrie , il fallut fuir , et Jeanne se retira dans son comté de Provence, avec son nouvel époux.

LeroideHon- Lc roi dc HongTie se vengea sur tous ceux

grie venge la ^

S. '^^ '"" qu'il jugea coupables. 11 semble même qu'il n'ait pas eu d'autre objet dans son expédition; car; quatre mois après, il s'en retourna dans ses états, sans voir pris des mesures pour conserver le royaume de Naples.

riôment VI Ccpendaut Jeanne plaidait elle-même sa cause

decUre Jeanne ^ *■

innocente. dcvaut Ic papc , qul la déclara innocente. Ce jugement, et encore plus la haine que les Napolitains avaient conçue contre les Hongrois , disposèrent les esprits à la recevoir, mais cette reine

avait besoin d'argent. Elle en demandait au pape, cl Clément VI n'en donnait pas comme des absolutions.

Si Avignon appartenait à Jeanne, les papes ii,cH««d'tii« s en étaient en quelque sorte rendus martres par la résidence qu'ils y faisaient depuis long-temps. Cette princesse crut donc faire un bon marché , en offrant de céder tous ses droits de souveraineté sur cette ville, moyennant quatre - vingt mille florins d'or ; et Clément VI n'en tnit pas faire un mauvais, en acceptant cette souveraineté pour quatre-vingt mille florins , surtout si , comme on le dit , il les promit et ne les paya pas. Le contrat passé fut approuvé et autorisé par .j^. Charles IV, qui consentit que les papes tinssent Avignon en franc-alleu. Le consentement de l'empereur était nécessaire, parce que le comté de Provence était alors im fief de l'empire.

Jeanne, comptant sur l'affection des Napoli- u^nnt àt.,tains, s'embarqua avec l'argent qu'elle obtint de ^/niVer"' *"" ses sujets de Provence, et remonta sur le trône après une guerre vive et sanglante. Louis , son mari, mourut en i36.2, sans laisser de postérité. Elle épousa, l'année suivante, Jacques d'Aragon, infant de Majorque, dont elle n'eut point d'enfans, et qui mourut en i365. Alors, renonçant au mariage, elle désigna pour son héritier Charles de Duras , dernier prince de la maison^ d'Anjou, à Naples.

Elle épouse, Cependant, quelques années après, de nou-

«n quatrièmes

noces, oibon, veaux tfoubles s'étant élevés, Jeanne, croyant ne

duc de Bruns- -' > J

^'^ ' pouvoir soutenir seule le poids du gouvernement,

crut devoir se marier pour la quatrième fois, quoique âgée de quarante-six ans , et elle épousa Othon , duc de Brunswick , prince de l'empire. Ce mariage donna de l'inquiétude à Charles de Duras, qui craignit de se voir frustré de la couronne.

Telle était la situation des choses dans le royaume de Naples ; mais le reste de l'Italie offrait encore de plus grands désordres. Là, une ville obéissait à un tyran, qui se disait duc, comte ou marquis; ailleurs c'était une république remplie de dissensions; de côté et d'autre, on trouvait des chefs de troupes, dont les armes et le sang se vendaient à l'enchère , et partout la campagne était infestée de brigrands.

L'anarchie était encore plus grande dans Rome, où il y avait peu de forces et beaucoup de prétentions. Le peuple , ne voyant pas qu'il n'avait de romain que le nom , avait la manie de prétendre encore à l'empire de l'univers. La populace, la noblesse et les prêtres, toujours divisés, faisaient prendre toujours de nouvelles formes au gouvernement. Des sénateurs , des patrices , des préfets , des consuls et des tribuns se succédaient tour à tour, et il n'y avait proprement ni liberté, ni maître. L'histoire d'un tribun de cette

Nicola»

MODEANE. i 19

ville vous fera connaître à quel point de délire les esprits s'étaient portés.

En i357, Nicolas Rienzi, fils d'un meunier, fait D<Hitd«»ri-

/' ' 'bon wi'-l"

tribun par acclamation du peuple, et chargé seul "'•""• de toute l'autorité, donna une déclaration où il parlait ainsi ; Nous, Nicolas, chevalier candidat du Saint-Esprit, sévère et clément libérateur de Rome, zélateur de l'Italie, amateur de l'univers, et tribun auguste;, voulant imiter la liberté des anciens princes romains, faisons savoir à tous que le peuple romain a reconnu, de l'avis de tous les sages, qu'il a encore la même autorité, puissance et juFÎdiction dans tout l'univers qu'il a eue dès le commencement, et qu'il a révoqué tous les privilèges donnés au préjudice de son autorité. Nous donc, pour ne pas paraître ingrat ou avare du don et de la grâce du Saint-Esprit, et ne pas laisser dépérir plus long-temps les droits du peuple romain et de l'Italie, déclarons et prononçons que la ville de Rome est la capitale du monde et le fondement de toute la religion chrétienne ; que toutes les villes et tous les peuples de l'Italie sont hbres et citoyens romains. Nous déclarons aussi que l'empire et l'élection de l'empereur appartiennent à Rome et à toute l'Italie : dénonçant à tous rois, princes et autres, qui prétendent droit à l'empire ou à l'élection de l'empereur, qu'ils aient à comparaître devant nous et les autres officiers du pape et du peuple romain, en l'église de

Saint-Jean de Latran, et ce dans la Pentecôte prochaine, qui est le terme que nous leur donnons pour tout délai. De plus nous faisons citer nommément Louis, duc de Bavière, et Charles, roi de Bohême, qui se disent élus empereurs, et les cinq autres électeurs.

D'après cette déclaration, vous jugez que Nicolas était un extravagant ; mais la multitude de Rome partageait sa folie. Plusieurs peuples d'Italie avaient fait alliance avec lui; et son autorité était si reconnue, que Louis de Hongrie cita Jeanne au tribunal de ce visionnaire. Ce tribun soumit tous les nobles de Rome et des environs. Il fit arrêter ceux qui donnaient retraite aux voleurs, et il rétablit au moins la sûreté pour quelque temps.

commeni il Chassé dc Romc par une faction , il y rentra

perd. ^ ... .

en i359, et il y aurait joui de la même puissance, si les Romains n'avaient craint que Clément VI irrité n'eût révoqué la bulle par laquelle il avait réduit à la cinquantième année l'indulgence du jubilé que Boniface.VIII avait étabU pour la centième ^ Nicolas ayant eu l'imprudence d'aller en

"" La bulle que Clément donna pour le jubilé assurait surle-champ la rémission des péchés, et le ciel à quiconque mourrait en allant à Rome. Voici l'ordre qu'il donnait aux anges : Prorsus mandamus angeUs Paradisi, quatenus animam illius à Purgatoriopenitus absolutam in P aradisi gloriam introducant.

MODERNi:. If

Bohême, il y fut arrêté, et Charles IV l'envoya au pape.

Le iuhilé produisit l'effet pour lequel les Ro- i.. ,abiié, ri-

J l * * ^ Huit » la rio-

mains l'avaient demandé ; c'est-à-dire qu'il laissa 2^;j',';;?,;„VÎ.T beaucoup d'argent dans leur ville. Les pèlerins y mr'nnrm..i'i vinrent en si grand nombre, que les jours ou il y en avait le moins on en comptait deux cents mille, et que d'autres fois on estimait qu'il y en avait un million ou davantage.

Cette multitude laissa beaucoup d'argent en ceiieumi..

* ^ *-' Iode *pporU U

Italie et causa aussi beaucoup de disette, parce **'*••'• que le gouvernement n'avait pas pourvu à la subsistance de tant de bouches. De là naquirent de nouveaux désordres : les voleurs se multiplièrent, et il n'y eut plus de sûreté.

Alors presque toutes les villes de l'Eglise l., p^p*. .e

contervenl prej-

romaine étaient occupées par des tyrans. Lors- j««rieii«iuqu'en i353 Innocent VI voulut se faire reconnaître dans les places dont il se croyait souverain, son légat ne fiit reçu que dans Montefiascone et dans Montefalco. Voilà tout ce qui restait aux papes d'une souveraineté pour laquelle ils avaient bouleversé toute l'Europe. Innocent rendit la liberté à Nicolas , espérant que ce fanatique ferait rentrer Rome sous sa domination : en effet Nicolas fut encore tribun; mais la noblesse ayant nkinicuiiif soulevé la populace contre lui, il fut mis en pièces.

Quand on compare la puissance des papes parmi Pwni-oi ic»

122 IIISTOIIIE

papes préfc'- Ics orages de Rome et de l'Italie, aux richesses

r.-iient Avignon ^

à Rome. dont ils jouissaient tranquillement en France , on

n'est pas étonné que, l'ambition d'être souverain à Rome cédant à' l'avarice, plusieurs aient préféré le séjour d'Avignon.

Urbain V et Ccpcndant les Romains, qui, avec de pareils

Romlinrrvoni scntimcus, préféraient l'argent à la liberté, invitaient chaque pape à faire sa résidence à Rome. Urbain V, successeur d'Innocent VI, se rendit à leurs instances en iSôy; mais en 1370, il revint, sous différens prétextes, à Avignon, où il ne vécut que trois mois. Grégoire XI, qui fut alors élevé sur la chaire de saint Pierre , eut la même complaisance en 1377, et dès l'année suivante, ne s'accommodant pas mieux qu'Urbain d'un séjour où il trouvait trop de contradictions, il formait le projet de revenir, en France, lorsqu'il mourut. Le séjour d'Avignon était beaucoup plus agréable aux papes , parce qu'ils n'y étaient pas moins désirés et qu'ils y étaient plus maîtres. On avait même fait en France tout ce qu'on avait pu pour y retenir Urbain et Grégoire.

Les Romains Lcs Romaius , qui voulaient fixer enfin le

veulent un pape .^ 'iil !•

italien. sicgc apostoliquc dans leur ville, demandaient

un pape qui fût de Rome, ou du moins d'Italie ; mais parce que , sur seize cardinaux qui composaient le conclave , il n'y eut que quatre Italiens, ils ne crurent pas pouvoir obtenir leur demande s'ils ne menaçaient, et ils menacèren;.

MODEnNF. 11 y

Les cardinaux, cédant à la violence, élurent «/"r»"»'»"' Barlhélemi Prignano, Napolitain, archevêque de vrb.r«\*û""* Bari. Ils comptaient que cet archevêque ne se prévaudrait pas de cette élection. Ils écrivirent même en France et ailleurs qu'elle était nulle, et que leur dessein était d'élire un autre pape. Prignano nen jugea pas de même : soutenu par le peuple, il se fit reconnaître sous le nom d'Urbain VI, et tous les cardinaux furent dans la nécessité de se soumettre.

Urbain aliéna les cardinaux qu'il devait mena- urb.m vi,

■■■ qaiveuttccroi-

ger. Mal assuré sur le saint-siége, il forma le n.iïjîil.f''* projet de détrôner la reine Jeanne, qu'il avait indisposée, et il offrit le royaume de Naples à Charles de Duras. Ce prince se refusa à cette première invitation, ne pouvant encore se résoudre à manquer à la reconnaissance et à la justice.

Cependant les cardinaux français, s'étant retirés u^ r.rdiD«« à Anagnia, protestèrent contre l'élection de Pri- *^»«"«"'^"gnano, le déclarèrent excommunié, intrus, tyran, et se transportèrent ensuite à Fondi, pour procéder à une nouvelle élection.

Mais afin de prévenir toute difficulté, ils voulurent engager les cardinaux italiens à se joindre à eux. Dans cette vue , ils promirent à chacun séparément de l'élever sur la chaire de saint Pierre; trompés par cette espérance, les Italiens se rendirent à Fondi , et furent témoins de l'élec-

tion de Robert, fils d'Amédée, comte de Genève, qui se fit nommer Clément Vil.

Alors toute la chrétienté se divisa. Clément fut reconnu en France, en Ecosse, en Lorraine, en Savoie, à Naples, au moins par la reine Jeanne; et l'Espagne , qui lui fut d'abord corftraire, se déclara ensuite pour lui. Urbain avait dans son parti presque toutes les villes de Toscane et de Lombardie, l'Allemagne, la Bohême, la Hongrie, la Pologne, la Prusse, le Danemarck, la Suède, la Norwége et l'Angleterre.

. Pendant que les deux papes troublaient toute l'Eglise par les excommunications qu'ils fulminaient l'un contre l'autre, l'Italie, où les désordres devaient être plus grands qu'ailleurs, fut le théâtre d'une guerre dans laquelle les Urbanistes eurent tout l'avantage. Clément , quoique protégé par la reine Jeanne , fut obligé de sortir du royaume de Naples, où le peuple était pour Urbain. Il établit son siège dans la ville d'Avignon, et il fit d'inutiles efforts pour soutenir le parti qu'il avait en Italie.

Urbain, dont le caractère violent devait se montrer de plus en plus dans les succès, déposa Jeanne, la déclarant schismatique , hérétique et criminelle de lèse-majesté. Il s'était enhardi à cette démarche , parce qu'il avait enfin vaincu les scrupules de Charles de Duras, qui, à la sollicitation de ce pontife, ne craignit pas de prendre

♦ooëlaU

MODKRME. 1^5

les armes contre sa parente, sa reine et sa bienfaitrice.

Urbain, qui songeait k l'agrandissement de sa '^p^r famille, voulait faire avoir la principauté de Capoue et d'autres terres à son neveu, François Prignano. Ce fut à cette condition qu'il donna l'investiture du royaume de'Naples à Charles de Duras, et pour fournir aux frais de cette guerre , il aliéna une partie des domaines du patrimoine de saint Pierre , et vendit même les calices et les ornemens des églises de Rome.

Le parti de Charles ne pouvait manquer de de- je.nn» , fi,frvenu* considérable dans un royaume ou il v î'^':* '..f**"p"

»/ J Loui* d Anjou .

avait toujours eu des troubles, et par conséquent toujours des mécontens. Jeanne , se voyant donc trop faible , demanda des secours à la FYance ; et pour en obtenir, elle adopta Louis, duc d'Anjou, frère du dernier roi, Charles V; mais elle n'en reçut point, et elle fut réduite à se livrer à l'usurpateur.

Charles , maître du royaume , consulta Louis rmri« d.> de Hongrie sur la manière dont il devait traiter p^"'. la reine. Louis répondit de la faire périr de la mort du roi André ; et ce conseil barbare fut suivi. Ainsi finit cette malheiu*euse princesse , laissant , par l'inutile adoption de Louis d'Anjou, une nouvelle source de guerre et de calamités.

En France, Charles VI était dans sa douzième ciiarb^v.'»

|Mi pr^veair \t%

année lorsqu'il monta sur le trône, après la mort "••«i'^» i»*

1 2b HISTOIRE

menaçaient la dc Charlcs V, soD oère. Le duc de Bourbon,

minorité de *■

Charles VI. beau-ffère du dernier roi, aurait mérité d'avoir la régence; et Charles V la lui eût donnée, s'il n'eût craint d'irriter ses frères, le duc d'Anjou, le duc de Berri et le duc de Bourgogne. Il voulut au moins qu'il eût part au gouvernement ; mais ses mesures ne purent prévenir les maux que devaient causer l'avarice, l'ambition et la mésintelligence de ses frères.

Troubles eau- Pour aDpuver leurs prétentions , ces princes

ses par les on- 11»/ 1 1

des de Charles {[j^q^^ avanccr des troupes qui causèrent de grands désordres aux environs de Paris, parce qu'elles étaient sans discipline ; et lorsqu'après avoir fait une espèce d'accord entre eux, ils les eurent licenciées, elles commirent encore de plus grands désordres, parce qu'on ne les paya pas. La campagne était exposée au brigandages des soldats : on se soulevait dans les villes; il y avait surtout des séditions à Paris : et les princes qui se disputaient l'autorité, n'en ayant pas assez pour rétablir l'ordre, rejetaient les uns sur les autres des maux dont en effet leur conduite était la cause. Le plus coupable était sans doute le duc d'Anjou, qui avait été déclaré régent, quoique le moins digne de commander. Adopté par Jeanne , un peu plus de deux mois avant la mort de Charles V, il voulait gouverner, ou plutôt sacrifier la France , pour s'assurer la conquête du royaume de Naples. Il enleva le trésor que Charles V avait amassé, et qui était

plus que suffisant pour les besoins de Tétat ; et lorsque le peuple, qui ne l'ignorait pas, refusa les subsides qu'on lui demandait , il le contraignit à les fournir, en abandonnant la campagne à la discrétion des soldats. Cependant on portait la guerre en Flandre, et on avait à se défendre contre de nouveaux efforts de l'Angleterre.

Ix)rsqu'un roi a du superflu, il doit l'employer ch»tu, v tt à des travaux utiles, ou soulager son peuple par j^**»»"'"»'^ la diminution des impots. Son successeur sera assez riche s'il est économe; et s'il est prodigue, les trésors qu'il trouve le rendront plus prodigue encore. Charles V avait donc fait une faute.

Cet argent, qu'il avait amassé, fut une perte uuu d'Anjou pour la France, sans être utile à Louis d'Anjou. f;*;y'" «»« i>"- Ce prince obtint de Clément VII l'investiture du royaume de Naples,leva des troupes, et mourut à Biséglia , après avoir vu son armée se détruire par la disette et par les maladies. Charles de Duras vainquit en temporisant.

Pendant cette guerre , Urbain fiit tenté d'aban- cbari*, de

^ Durât Mttiifi»

donner les intérêts de Charles, qui ne se près- J;;^;^^^ j/j; sait pas de donner la principauté de Capoue à ^*^' François Prignano; mais ayant eu l'imprudence de passer dans le royaume de Naples, le roi vint au-devant de lui, et le vassal s'assura de la personne de son suzerain , en lui donnant néanmoins de grandes marques de respect. Urbain s'échappa cependant, et se retira dans la ville de

Nocera , se flattant toujours de pouvoir soulever les peuples : il y fut assiégé. Ses excommunications repoussèrent mal les attaques de l'ennemi ; il fut même en danger d'être trahi; il le crut au moins , et il fit mettre à la question six cardinaux et l'évêque d'Aquila. Il sortit enfin de Nocera, traînant après lui ses prisonniers ; comme l'évêque d'Aquila fuyait à son gré trop lentement , il le fit égorger. Il gagna ensuite le rivage avec ses cardinaux chargés de chaînes , et vint à Gênes , où il en fit périr cinq dans les tourmens. Fallait-il donc que Rome chrétienne eût aussi des Nérons ! Marie, roî Louîs dc Hougric était mort quelques années

de Hongrie après • i • i r»ii

lamorideLouis, auDaravaut, et avait laissé la couronne à sa fille

son père, ^ '

aînée , que les Hongrois proclamèrent sous le nom de roi Marie. C'est un expédient qu'ils imaginèrent pour concilier les droits de cette princesse avec leur répugnance à se soumettre à une femme. Dcsscigneurs Mais, commc le roi Marie était encore mineur,

offrent la rou- ,

deDur'a?"''" EUsabcth , sa mère, fut chargée de la régence. Cependant cette princesse ayant donné toute sa confiance à un seigneur, les autres, jaloux de cette préférence, se soulevèrent et offrirent la couronne à Charles de Duras.

11 est assas- Charlcs acccpta. Mare^uerite, sa femme, fit de

siné.Sigismond, o

Xn.e''']l!r''iê ^^^"^ cfforts pour l'en dissuader ; il partit la même

*'""V385. année qu'Urbain s'était enfui de Nocera; il fut

couronné et assassiné quelques mois après. Sigis-

mond , qui avait épousé Marie, monta sur le trône,

et régna parmi les troubles. Il ctai^ fils de l'enipereur Charles IV, et par conséquent frère de Venceslas.

Mareueiite voulant conserver le royaume de uduu*. ii« Naples à son fils Ladislas , se réconcilia avec Ur- ?Ji',"'pï JÎI bain. Ce pape 'reconnut en effet Ladislas. Ce fut fiî.'liV'rJîïV,

* * , parCUncnl.

pour Clément VII une raison de ne pas le reconnaître, et il donna l'investiture de ce royaume à Louis, fils de celui que Jeanne avait adopté. La guerre entre ces deux concurrens dura jusqu'en i4oo, que Louis abandonna ses prétentions sur Naples , pour se retirer en Provence. *

Dans cet intervalle moururent les deux papes : u «rhu».

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