‹ Œuvres. Publiées suivant l'ordre chronologique avec documents complémentaires, introductions et notesChapitre 106 sur 133 · A. [de vostre grâce · texte numérisé non relu

A. [de vostre grâce

PAlKEB POUR LB BON USAGE DBS MALADIES 3î7

des inquiétudes et des allachemens du monde, que la maladie non plus que la santë, ny les discours, ny les livres, ny vos Escritures sacrées, ny vostre Evangile, ny vos Mystères les plus saints, ny les aumosnc s. ny les jeûnes, ny les mortiflcations, ny les miracles, ny Tusage des Sacremens, ny le sacrifice de vostre Corps, ny tous mes elTorts, ny ceux de tout le monde ensemble, ne peuvent rien du tout pour commencer ma conversion, si vous n'accompagnez toutes ces choses d'une assistance toute extraordinaire de vostre grâce. C'est pourquoy, mon Dieu, je m'adresse à vous, Dieu tout-puissant, pour vous demander un don que toutes les créatures ensemble ne peuvent *en aucune sorte m'accorder. Je n'aurois pas la hardiesse de vous adresser mes cris, si quelque autre les pouvoit exaucer. Mais, mon Dieu, comme la conversion de mon cœur que je vous demande, est un ouvrage qui passe tous les efTorts de la nature, je ne puis m'adresser qu'à l'Autheur et au Maistre tout-puissant de la nature, et de mon coeur. A qui criera y-je. Seigneur, à qui auray-je recours'.^ Tout ce qui n'est pas Dieu ne peut pas remplir mon attente : c'est Dieu mesme que je demande et que je cherche. 'O Dieu, c'est vous seul que je demande, et c'est à vous seul que je m'adresse pour l'obtenir. Ouvrez mon cœur, Seigneur,

\ ' n anaine iorte, manque, a. A. [n œ n'est à vous].

3. A. [et] c'est [k] vous seul [mon Dieu] que je m'adresse pour [vous] obtenir.

entrez dans celle place rebelle que les vices ont occupée : ils la tiennent sujette ; entrez-y comme dans la maison du fort' ; mais liez auparavant le fort et puissant ennemy qui la maistrise, et prenez ensuitte les trésors qui y sont. Seigneur, prenez mes affections que le monde avoit volées : volez vousmesme ce trésor, ou plutost reprenez le, puisque c'est à vous à qui il appartient, comme un tribut que je vous dois, puisque vostre image y est empreinte*. Vous l'y aviez formée. Seigneur, au moment de 'ma naissance, mais elle est toute effacée : l'idée du monde y est tellement gravée, que la vostre n'est plus connoissable : Vous seul avez pu créer mon ame, vous seul pouvez la créer de nouveau : Vous seul y avez pu former vostre image, vous seul pouvez la reformer, et y reimprimer vostre portrait effacé, c'est à dire Jesus-Ghrist mon Sauveur qui est vostre image, et le caractère de vostre substance.

O mon Dieu, qu'un cœur est heureux qui peut aimer un objet si charmant qui ne le deshonore point.

1. Marc. III, 27 : Nemo potes t vasa fortis ingressus in domum diripere, nisi prias foriem alliget, el tune domum ejus diripiet.

2. Marc. XII, i4-i7 : Venientes dicunt ei Licet dari tributum

Cxsari, an non dabimus? Qui sciens versutiam illorum, ait illis : Quid me tentatis ? afferte mihi denarium ut videam. At illi attulerunt ei Et ait illis : Cujus est imago hxc, et inscriptio ? Dicunt ei : Cœsaris. Respondens autem Jésus, dixit illis: Reddite igitur quœ sunt Cœsaris, Cxsari, el quse sunt Dei, Deo.

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