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BALZAC

K l'aris. ce 13 luillet 16-27.

134 ŒUVRES 1)K HALZAC.

DISCOVRS PREMIER.

OV IL EST PARLE DE LA FOY PVBLIQVE, DE LA PROBITE DES PAR- TICVLIERS, DE LA PROFANATION DES TERMES DE l'eSCRITVRE SAINCTE, DE LEVR LEGITIME APPLICATION, ETC.

le feray aujourd'huy vne chose bien nouvelle, le commenceray ma Défense, en excusant mon Accusateur.

Ces Messieurs ne trompent pas tousjours ; ils sont quelquefois trompez, et s'efforcent seulement de donner aux autres les impressions qu'ils ont receuës. Il est certain que, le plus souvent, leur zèle est artificiel, et lors qu'on pense qu'ils soient fort esmeus, ils n'ont que des exclamations feintes et vne cholere de Théâtre. Mais aussi, en certains lieux, comme en celui-cy, leurs ressentimens sont naturels et viennent de l'abondance du cœur. Il n'y a plus d'imitation ny de masque, et c'est tout de bon que s'escrie le Docteur de la Franche-Comté, Copiste du grand Phylarque : Qui est-ce qui ne frémira point dliorreiir , d'entendre cette impie comparaison d\me simple parole de compliment avec tout ce qui a jamais esté juré sur la Saincteté des Autels et sur la vérité des Evangiles ? Qui est-ce qui pourra souffrir quon die de la parole d'vn Particidier qtielle est plus asseurée que la Foy publique, et qu'elle demeurera, quoyque le Ciel et la Terre passent ?

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Sans doute ces grands mois de Foy publique, de lurer, «l'Autels et d'Evangiles, luy ont fait peur. Il a esté frappé de cette subite frayeur, qui saisit les âmes les moins religieuses î\ l'entrée d'vn lieu de dévotion. Il s'est scandalisé de voir la parole d'vn homme si prés des Autels et des Evangiles. Mais ne nous estonnons pas, comme luy, à la rencontre de ces termes illustres et spécieux. Soustenons vn peu l'esclat extérieur qui en rejaillit. Nous trouverons que, quoy qu'ils sonnent, ils ne signifient rien d'extraordinaire, et que ny Dieu n'est offensé en ma comparaison , ny les choses sainctes profanées.

La Foy publique devroit estre inviolable, je l'advouë. C'est le fondement sur lequel le Monde se repose : C'est elle qui oste la cruauté à la Guerre et la foiblesse à la Paix : Elle est Gardienne de ce qui ne peut se défendre ny par la Prudence ny par la Force. Et sans elle, les Estais, qui doivent avoir pour fm vne durée éternelle, ne pourroient s'asseurer d'vne seule heure de l'Âdvenir. Neantmoins, celte Foy publique, si nécessaire à la conservation du Monde, n'est souvent autre chose qu'vne publique Infidélité. D'ordinaire on n'employé l'entremise de F Eglise, dans les Négociations civiles, que pour prendre avantage de la pieté d'autruy, en donnant le scrupule qu'on n'a pas. On met en œuvre les anciens Sermons ; On en forge de nouveaux quand il est question de mentir efficacement et de faire les grandes injustices. Il faut estre bien Escholier en politique, et bien Estranger dans le Monde pour ne sçavoir pas cela.

Toutes les Histoires sont pleines de ces dai^gereux Exemjjles ; et, sans sortir de la noslre, ny loucher aussi à l'honneur de nostre Siècle, que j'espargne tousjours le plus que je puis : Qu'on jette les yeux sur les fatales divisions qui travailloient la France sous le Règne de Charles sixiesme ; (in verra que les Chefs des deux Partis, les Orleanois et les liourguignons, jurèrent dix fois vne mesme Paix sur les

inesmes Evangiles, et que dix fois ils se mocquerent du nom de Dieu, en rompant cette Paix, si souvent et si solemnellement jurée.

C'est-à-dire qu'entre les mains des Trompeurs la Religion est va instrument de Perfidie et non pas vue asseurance de Fidélité. Il faudroil voir nostre Ame pour voir des marques certaines de nostre intention : C'est folie que d'en demander de sensibles et de corporelles. Et si nous manquons de bonne foy, ny la présence de cet Arbitre terrible, que nous appel- Ions à tesmoin, ny la Saincteté des Autels, que nous toucbons ; ny la vérité des Evangiles, sur lesquels nous faisons nos Sermens, ne les rendent pas nécessairement véritables. Tout cela n'accomplit pas les choses que nous avons promises. Sans la bonne Foy, toutes ces actions pompeuses et solennelles ne sont que des Représentations et des Spectacles pour amuser le Vulgaire.

Ces Paroles, qui s'appellent Articles de Paix, qu'on gravr sur le cuivre et qu'on authorise du nom de Dieu, sont des paroles comme les autres, sont des Chansons gravées sur le cuivre, quand elles ne partent pas du cœur et qu'on n'a pas intention de les observer. Ce sont des characteres mieux formez et mieux imprimez que les ordinaires, mais neantmoins des characteres impuissans, des lettres mortes et immobiles, si la Probité ne les anime et ne leur donne de l'action. Or quelquefois le Citoyen a plus de probité que la Republique. Des Nations entières ont esté accusées de trahison par l'Antiquité : Qui n'a point ouy parler des Menteurs de Candie et des infidèles Liguriens, de la Foy Grecque, de la Foy Punique, mise en Proverbe depuis tant de Siècles? Pour moy, je me serois plus fié à vn billet d'vn Romain qu'à tous les Traitez des Carthaginois, et à ce que Regulus m'auroit promis d'vn signe de teste qu'à ce qu'Annibal m'auroit juré par tous ses Dieux et par toutes ses Déesses.

Ce n'est pas de la Religion publique, c'est de la Probité

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des Particuliers dont il est parlé dans ces belles lignes, sur lesquelles il se pourroit faire de longues méditations : En ce

TEMPS-L.V, ON FAISOIT SERMENT PAR LES DiEVX , QVOY Qv'lI.S JXE FVSSENT QVE DE TERRE CVITE ; ET CEVX QVI AVOIENT IVRÉ SVK TELLES IMAGES RETOVRNOIENT VERS l'eNNEMY , AFIN DE NE LVY ROMPRE PAS SA FOY PROMISE. Mais, pOUF VU PiCguIuS et pOUF

quelques autres en fort petit nombre, combien d'Infidèles et de Parjures en tout Temps et en tout Pays? Ne nous imaginons pas que ces gens de bien craignissent ces sortes de Dieux ; le suis asseuré qu'ils ne les estimoient que des Marmousets et des Poupées. Mais ils se craignoient eux-mesmes. Mais ils reveroient leur Conscience : Us luy rendoient compte de leurs actions dans toute la rigueur de leur devoir. Le Serment et la Foy publique n'avoienl garde d'estre si fermes que la simple parole de ces gens-là.

le ne suis donc pas d'advis de me retracter encore pour cette fois; Et tout ce que je viens de dire m'apprend que tout ce qu'on jure sur les Autels et sur les Evangiles n'est point plus asseuré que la parole d'vn homme de bien. Et certes, traitant avec vn Prélat à la vertu duquel les deux premières Cours de la Chrestienté rendent des tesmoignages également glorieux , et dont la mémoire est saincte dans l'Eglise qu'il a gouvernée, je pense que je n'ay point fait vn excez, le mettant au nombre des gens de bien : Et je pense encore que la promesse qui m'avoit esté faite par vne personne sacrée, mais dont la Fidélité ne m'estoit pas moins connue que le Sacre . ne me devoit pas estre en moindre considération ([ue les promesses qui se font eti des lieux sacrez, mais d'ordinaire par des Parjures et des Sacrilèges.

Et en cet endroit, je supplie nos Amis de ne se laisser point aller aux persuasions de mon ennemy, et de ne se pas imaginer que la parole dont je fais tant d'estat soit, comme il asseuré. vne simple parole de compliment, qui se dit plus

par civilité que pour intention qiion ait de iucconiptir. Ces petits jeux, qui sont peut-estre permis au Docteur de Bezançon, sont défendus aux véritables Cluestiens et aux véritables Philosophes. Ces gens rudes et de mauvaise humeur aiment mieux estre incivils que de faire profession d'vne Civilité qui approuve le Mensonge : tant ils sont simples et du temps passé, ils croyent estre obligez de tenir ce qu'ils promettent et de faire ce qu'ils disent. Mais lors qu'à cette justice si ponctuelle et si scrupuleuse, qu'ils exercent indifféremment à l'endroit de tout le Monde, il se joint vne parfaite amitié, et qu'outre ce droit des Gens, qu'ils estendent si avant, il y a encore vne estroite communication d'intérêts et de pensées qui les lient ensemble, alors ils n'ont garde de négliger deux devoirs réunis en vn, ny de traiter leurs amià plus mal qu'ils ne traitent les autres hommes.

Pour celuy dont je suis contraint de défendre la Fidélité, * laquelle n'ayant jamais esté soupçonnée n'avoit jamais eil besoin de défense, quand il m'eust promis quelque chose dans vn Désert, et qu'il m'eust parlé à lOreille me la promettant, je ne me fusse pas moins asseuré en sa parole que si la présence des luges et du Greffier l'eust publiquement authorisée. Et bien que la Mort finisse tous les Contrats et toutes les Promesses de cette nature, et qu'il ne me reste rien d'vn si excellent amy, qu'vne mémoire tresprecieuse que je conserve tres-cherement, je veux croire que du lieu où il est il jette encore les yeux sur moy, qu'il préside encore à la conduite de ma vie, que je ne m'adresse point à luy inutilement, et que sa parole demeurera, qiioy que le Ciel et la Terre passent.

Il ne faut point faire icy tant de bruit ny redoubler les'' Exclamations Tragiques. Ce que j'ay dit se peut dire de toute affirmation véritable : Et si le Soleil à cette heure nous esclaire, et que je die il ksi iovr, ma parole subsistera quoy

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que le Ciel et la Terre passent : Elle sera vraye, lors mesme qu'il n'y aura plus de Soleil ny de lumière : et, si les choses retournoient en leur première confusion, ce desordre universel de la Nature ne seroit pas capable de la rendre fausse. La Vérité n'est subjette ny à la Vieillesse ny à la Mort ; elle doit durer plus que le Temps : Elle se conservera dans les ruines du Monde ; Et quand le Ciel et la Terre ne seront plus, deux et deux feront quatre; le Tout sera plus grand que ses parties ; les Lignes tirées du Centre à la Circonfeference seront égales.

Mais la Vérité n'est pas seulement éternelle dans les Mathématiques, elle l'est aussi ailleurs; et vne proposition conforme à son objet, et qui exprime vne chose vraye, survivra sans difficulté à tout ce qu'il y a de matériel et de corruptible. Tellement, que la promesse qui m'a esté faite n'estant point fausse, elle doit demeurer, quoy que le Ciel et la Terre passent; Et je reserveray à vne autre fois, et contre vne autre personne que celle d'vn Evesque, l'avertissement que me donne le Docteur de Bezançon de la part du Roy David, qu'il n'est point d'homme qui ne soit menteur.

il a mal pris l'intention du Sainct Esprit, qui à mon advis ne veut pas nous obliger par là à nous défier de tout le genre humain, et à croire faux tout ce qui se dit comme véritable. Si cela estoit, et si les hommes ne pouvoient jamais dire la vérité, nous serions tous Barbares les vns aux autres. On ne s'entendroit pas mieux qu'on faisoit quand les langues furent confondues. La Société civile se dissoudroit de soy-mesme; et s'il y avoit encore quelques-vns qui habitassent la Terre, il n'y auroit plus pourtant ny 3e Citoyen, ny de Famille, ny de Republique.

Il me semble donc que le Mensonge, auquel tous les hommes sont subjets, n'est pas tant vn défaut de leur volonté que de leur entendement, ny tant vn vice qu'vne ignorance. Ils sont plustost blasmez de ne pas sçavoir la vérité que de la cor-

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rompre, et de se tromper eux-mesmes que de tromper leur Prochain. On n'entend pas que les principes de tout Bien soient si altérez en eux, qu'ils parlent toujours contre leur conscience, mais que la connoissance quils ont des choses est si petite, qu'ils ne peuvent gueres parler sans erreur.

Ou certes ce Mensonge doit estre pris pourvue simple inclination à mentir, et non pas pour vne habitude formée de mentir tousjours. Tout homme est monteur de la mesme sorte que tout homme est injuste, que tout homme est intempérant, mais non pas de la mesme sorte que tout homme est raisonnable. Les Candiots peuvent dire quelquefois la verit«\ et il n'est point de Poëte si fabuleux qui ne devienne véritable historien, s'il escrit qu'il y a vn Bien, et que le Monde est la Créature de ce Dieu.

(]ette objection renversée, il ne peut en cecy rester qu'vn scrupule, que j'espère de lever sans beaucoup de peine. C'est qu'encore qu'il soit certain qu'vne proposition véritable demeurera, quoy que le Ciel et la Terre passent, il n'est pas bon toutefois de l'exprimer en ces termes, qui sont comme consacrez à la parole de Dieu, et dont par conséquent il ne se faut pas moins abstenir en nostre langage ordinaire ([ue des vases de l'Eglise au service de nostre maison.

le ne doute point que la profanation des Mystères et du Texte des Livres saincts ne mérite l'indignation des Fidèles. Cette sorte d'impiété est d'autant plus dangereuse, qu'elle est plus desguisée et plus difficile à reconnoistre. Car, quoy qu'on tesmoigne n'estimer pas sainct ce qu'on employé indifféremment à tous vsages, et quoy qu'on nie tacitement en la Religion les choses qu'on ne révère pas ; si est-ce que cette Licence a tousjours le visage plus doux et plus modeste que l'Athéisme : elle se coule avec moins de difficulté dans l'ame des hommes, que ne feroit vne INegation absolue et descouverte.

Il n'y a gueres de gens (|ui ne soient Soldats en temps de

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guerre, et qui ne se mettent en devoir de défendre les veritez de la Foy lors qu'elles sont ouvertement combattues : Au contraire, quand on ne les dispute, ny on ne les nie, et que seulement on les profane, ceux qu'on ne pourroit vaincre se laissent quelquefois gaigner : Ils résistent aux Ârgumens et sont foibles contre la Raillerie : Ils se rendent plus tost à qui les chatouille qu'à qui les attaque de vive force. Et le malheur est que nostre Siècle est fertile en ces esprits, qui,, ne considérant pas les choses de la Religion dans leur naturelle majesté, et ne les voyant que comme on les leur fait voir, en conçoivent du mespris si elles ne sont pas assez honorées : Apres en avoir perdu le respect, ils viennent peu à peu à en perdre la créance.

Tout cela est vray, mais tout cela regarde vn autre que moy. L'ombre mesme des lieux saincts touche mon esprit de quelque sentiment de pieté, et j'adore jusqu'aux Points et jusqu'aux Syllabes de l'Escriture : C'est la profaner que de s'en servir à défendre le Mensonge, à faire entendre des choses sales, esloignées de la chasteté de son sens et de la dignité de son stile : C'est en abuser que de lui donner des interprétations ridicules, et d'appliquer à des personnes infâmes les paroles qu'elle a dites de Dieu et des Saincts : Mais de rapporter ces mesmes paroles à d'autres Saincts, à ceux qui sont assis sur les throsnes des Apostres, aux Princes de l'Estat du Fils de Dieu, sur les lèvres desquels il a mis sa vérité, et à qui il a dit : Quiconque vous entendra, il m'entendra; quiconque vous mesprisera, il mesprisera ma personne, je ne pense pas que ce soit violer l'Escriture saij;icte, ny la destourner fort loin de son vray et de son légitime vsage.

le ne suis pas le premier qui employé la Saincte Escriture de cette sorte, et qui prends la hardiesse de m'en servir pour exprimer mes pensées en des choses sérieuses. Les Pères de l'Eglise m'ont montré le chemin que je tiens : et si le Docteur dit que je me suis esgaré, il faut qu'il die par conséquent

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que les Pères de l'Eglise sont des Guides dangereux, que leur exemple est mauvais, que Timitationn'en est pas bonne.

Il semble en effet que les Saincts aient crû avoir droit de s'approprier toute TEscriture saincte; Vous diriez qu'ils ont eu dessein de faire vne Langue particulière de ses termes et de ses locutions. Il sont reconnoissables à cette marque parmy les Autheurs du mesme temps qu'eux, et ce charactere les sépare des Profanes. Encore aujourd'huy la pluspart des Contemplatifs escrivent ainsi; Ils sèment, comme ils disent, leurs Escrits des fleurs qu'ils cueillent dans les jardins de TEspouse. De ces belles fleurs, on voit mille bouquets et mille couronnes dans l'Antiquité Ecclésiastique; et nos bons Prédécesseurs en ont composé de longs discours, où souvent ils n'ont rien apporté du leur que la façon de les attacher ensemble. Seray-je Anatheme pour avoir escrit vne ligne de leurstile, pour avoir dit en des termes qui ne sont pas populaires que la parole d'vn Evesque estoit véritable?

Sainct Grégoire de Nazianze, qui, par excellence, a esté nommé le Théologien, fait bien quelque chose de plus que de comparer sa parole à celle du Fils de Dieu, car il se prend luy-mesme pour le Fils de Dieu et met son confident en la place de Sainct Pierre. C'est dans vn Discours où il se plaint de ses disgrâces, et où il dit entre autres choses que ses plus chers amis se sont esbignez de luy, quils ont tous souffert scandale en cette triste nuit de sa mauvaise for^tune ; que Pierre mesme la reniée et qiiil ne pleure f oint amèrement pour laver sa faute de ses larmes.

Si j'estois aussi grand Traducteur que mon Adversaire, l'Eglise Latine et l'Eglise Grecque me donneroient à l'envy dequoy le confondre, et je luy pourrois faire vn Livre de pa^ reilles allégations. le pourrois le faire fuir au seul nom de mes Tesmoins et l'accabler de leur multitude. Mais il ne faut pas imiter la Rapsodie que nous reprenons. Et pour ne luy rien donner que ce que je prends dans ma mémoire, il me

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