‹ Œuvres. Publiées sur les anciennes éditionsChapitre 29 sur 58 · L-ritures. Sans doute mon Ange protecteur m'a rendu ce bon · texte numérisé non relu

L-ritures. Sans doute mon Ange protecteur m'a rendu ce bon

■fOoe, et vous a inspiré de me l'envoyer, afin que je pusse

• purger délicieusement, ou pour continuer à parler Epi-

immes, vt me mhitaria oblectarent.

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Vous avez irouvé la manière de donner les médecines à hi mrij^e. et de guérir avec des fleurs. Mais parce que le m(\\ mesme de Fleurs ne corrige pas assez le mauvais goust de celui de médecines, cherchons vne plus belle image de ce que vous venez de faire, et parlons de vos Entretiens, el de vos ragousts, de voslre sel et de vostre poivre, de vostre amhre et de vostre sucre, car tout cela entre dans vos festins. Il est certain que je ne lis jamais si bonne chère, non pas mesme chez la Coiflier, ny chez .\then(^e; car je ne connois Maistre Martin que par relation de Monsieur Des-Iiarreaux. n\ Apicius que sur le rapport que Pline m'en a fait. Mais In table d'Apicius estant renv»>rst''e depuis tant de siècles, je me liens, s'il vous plaist, à la voslre, el je ne doute point qu'vii de ces jours, elle ne soit mise en proverbe, aussi bien qiit celle des Sybarites.

Celte table est chargée des despoiîilles de l'air, de la niei et de la terre. La Nature et l'Art ne travaillent que pour elle, elsi vous vouliez que je m'enfonçasse dans l'Allégorie (|Uf Monsieur de Voiture a ouverte, je vous dirois que ny les or tolans de Luculle, ny les sangliers de Marc-Antoine, ny le^ perles fondues de .^a maistresse, ny les bisques de Vitellius ny son bouclier d(; Minerve, ny les poissons qu'on alloi chercher par mille naufrages, ny les oyseaux qu'il faloi plustosl conquérir que prendre, juxtailliid, venatorm cohortes militabant conviviis : En vn mot, ny l'ancien ny le nouveau luxe ne représentent qu'imparfaitement l'a bondance et les délicatesses de vostre esprit, la multitud et le choix des excellentes choses que vous m'avez en voyées. El partant je ne violeray point le vœu que j"ay fai de ne faire jamais d'hyperbole, quand je m'esleveray an dessus de toute la Nature connue, et de toutlebasestago di monde, pour prendre dans le Ciel de quoy vous exprime mon contentement, le vous dis donc avec le transport qu vous venez de me donner, et tout plein de vostre esprit :

mediis videor discumbere in aslris,

Cuin love, et Iliaca poneclum siimcre dextra Immortale meriim.

Voilà ce mesemblevne assez belle course, pour vn homme qui garde la chambre ; et deux assez longues périodes pour un Orateur qui ne vouloit dire que trois mots, et qui n\ivoit résolu de vous parler, qu'afin que vous sçeussiez par luy-mesme, qu'il ne pouvoit parler. Mais il n'y a qu'à se mettre en haleine. le sens que la force me revient par l'exercice : et peut-estre que de toutes les choses que je vous diray aujonrd'huy. il s'en formera vn Entrelien de plusieurs chapitres.

CH.APITRE H.

Commençons par le commencement du Poëme que j'ay

reçeû. Monsieur de la Thibaudiere diroit. qu'il ne se peut

pas mieux débuter. En effet, elle est magnifique et superbe

l'Entrée de ce nouveau Poi'me. Mais croyez-vous que le

"•te ne la veuille pas rendre vn peu plus aisée? N'est-il

s vray qu'il faut d'abord chercher la construction, et aller

-ez loin pour trouver le sens complet? Le stile Asiatique

' desplaist par tout, et encore plus en vers qu'en prose.

Les longues, ou clauses, ou périodes, font de la peine à

' bouche, donnent à l'esprit vn exercice désagréable ; Et

•'^t comme vous sçavez vn grand secret de nostre Art, de

ivoir couper et partager. Les autres vers de l'autre Poëlu

ti beaucoup d«' nftteté. et sentent le bon temps par ceten-

Iroit-là : sed majns aliquid «h hrrnïcn deaideratHV.

ly.

.Vr2 ŒUVRES Ul-: BAJ.ZAC.

(-'est cet espi'it lieroïque qui eschaufl'e le sein de l'admirable Vieillard, le ne vis jamais de plus beau feu que eeiiiy qui brille dans ses poëmes; el pour la perfection de celny qu'il veut appeller Balzacus Illnstris, je voudrois seulement en retoucher vne douzaine de vers, et en retranchei vne autre douzaine. Il le fera, à mon advis, de luy-mesme, sans qu'il soit besoin de l'en advertir. le le connois à sa manière (resorire. et j'ay observ»'^ que le second Exemplaire dns compositions du Père Theron est tousjours autre que le premier. C'est-à-dire qu'il a leû aussi bien que vous. If chapitre d-c emeiidatione, et ce que dit vostre Maistre Ouintilien, de refrigerato illo inventionis calore. Quand Horace demande neuf ans pour la revision d'vn Ouvrage, il en demande vn peu trop : mais réduisons les neuf ans, ou à neul mois, ou à tout le moins, à neuf semaines. Âpres cela je suis asseuré qu'il n'y aura point de redoutable Guyet, point d« Docteur Heinsius, point d'Ambassadeur Grolius. point d'autre Poëte, Belge ou Piatave. qui ne lou»" le Poëte Loyolite (jui tam sancto nomine appellari gloriatnr.

Mais quelle fantaisie a l'admirable Vieillard, de m'appel- \er formosus, à cause, dit-il, que Virgile donne cet epillîetf à Amintas. Par la mesme raison, il pourroit aussi m'appel- 1er stidtus Amintas, à cause qu'il y a stultus Amintas. dan^ les Eglogues du mesme Virgile. Cette imagination m'a faii rire; Et ce seroit vne chose bien estrange, si n'ayant ja mais prétendu en beauté, on me faisoit apercevoir que j< commence à embellir après avoir passé quarante-six ans Si cela m'arrivoit, je croirois que le Père Theron est vn ad mirable plastreur, aussi bien quadmirable Poëte, et qu'i n'y auroit point de fard qui valust le sien.

Les vers qui suivent formosus sont excellens, si bien qu> j'ay presque envie de me desdire de ce que je vous ay dit Et je ne crois pas qu'il faille retrancher que fort peu d* chose de celte riche et heureuse fécondité. Il suffira d'esclair

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rir, et de deniesler cinc] on six endroits, pliistost [>our aider rinlelligenee du Lo«nenr. que pour rendre la pieee plus ii.trfaite.

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