A M. CONRART
Conseillor et Secrétaire du Rov.
le me doutois bien que le Chapitre de la Noblesse seroit au goust de Monsieur le Marquis de Sainct-Maigrin, et qu'il s'y pourroit arrester dans la Dissertation que je vous ay adressée. Aussi j'avois visé à luy en cet endroit-là, me ressouvenant d'vne Conversation que nous avions eue sur cette matière, le m'estime heureux d'avoir aucunement satisfait vn Homme de ce mérite et qui n'est pas le premier Brave de son nom : car vous sçavez que l'ancienne Cour a estimé d'autres Sainct-Maigrins, comme la nouvelle fait celuy-cy. Les Italiens ayant vsé ces sortes de subjets à force de les manier, il reste peu à faire après eux, et je m'estonnerois fort si dans vn champ qui est au pillage il y a si longtemps, je pouvois trouver quelques endroits qui n'eussent pas esté touchez.
Il faut donc reparler de la Noblesse, puis qu# vous croyez que j'en puis dire encore quelque chose: Mais parlons-en moins sérieusement que nous n'avons fait ; car en vérité il y a certains Rafineurs en cette matière dont je ne puism'enpescher de rire.
Advoiions que les Allemands sont de plaisantes gens en
504 (EIIVHES DE BALZAC.
cela, et que leur délicatesse va jusqu'à Texcezetà la superstition. Plusieurs Souverains d'Italie auroienl bien de la peine à passer pour Gentilshommes parmi eux si on leur demandoit les liuict (juartiers qu'il faut monstrer du costé du Père et de la Mère : le vay plus avant; et il me souvient d'vn estrange mot que j'ay oiiy dire en pareille occasion. « L'Empereur des Turcs, quelque grand Seigneur qu'il soit. ({ n'est pas Gentilhomme du costé de sa Mère. »
Vn fameux Docteur Allemand me parloit autrefois de ce stile-là ; Et si ce n'estoit pas estre criminel en pays de Chrestienté, pour le moins ce n'estoit porter gueres de respect à tant de Couronnes assemblées sur vue seule teste. C'estoit regarder de haut en bas la IIavtesse mesme, car ainsi nomme-t'on la Majesté de l'Empire dos Othomans. Pour moy je n'oserois parler avec tant d'audace, je ne fais pas de si insolentes reflexions sur la naissance des Princes de cette Maison ; quoy que je sçache do plus qu'ils ne sont pas mesme Enfans légitimes. Poursuivons le beau raisonnement de nostre Docteur, et voyons vn doute qu'il adjoustoit à sa première proposition. Mais vous sçaurez, Monsieur, avant que je vous l'expose, qu'en nostre Religion, ceux qui ne sont pas nez de légitime mariage sont rejettez de la Clericature, et que par ce moyen il y a deux empeschemens en certains lieux d'Allemaigne pour y tenir des Bénéfices. Si donc vn de ces Princes Turcs se faisoit baptiser, et qu'il luy prist envie de se faire Chanoine de Cologne ou de Strasbourg, le Chapitre auroit droict de s'opposer à sa réception jusques à ce qu'il se fust fait dispenser ; et s'il le recevoit après cela, ce ne seroit que par faveur et par privilège. Les raisons en sont évidentes, adjoustoit ce galant homme, pource que le Fils du Grand Seigneur seroit irregulier d'vn costé et de l'autre. Il ne pourroit pas faire ses preuves de Noblesse dans la rigueur qui s'observe en mon Pays, et n'y seroit pas trouvé d'assez bonne Maison du costé de la Sultane. Vous voyez par là
KNTRE TIENS. 505
qu'en nostre Religion toutes sortes de personnes ne sont pas indifféremment admises au Ministère.
Mais qu'est-ce, je vous prie, que ce phantosme de Noblesse après lequel courent la pluspart des Peuples et qui gouverne les trois quarts du Monde? Qu'est-ce que cette chose si précieuse et si excellente, et tout ensemble si douteuse et si incertaine? Elle n'est gueres que dans l'opinion des hommes : Il faut la croire et s'en rapporter à la bonne foy d'autruy. La Beauté se voit et les Richesses se touchent ; Mais la Noblesse s'imagine et se présuppose.
Pour en parler donc en termes affirmatifs, il faudroit estre asseuré d'vne chose quiuïOiî£Jours esté assez douteuse. Il n'a- fallu qu'vne Femme de mau/aise vie pour avoir altéré lesang des Heraclides et des Kacides, pour avoir rompu ce bel ordre, cette belle chaisne, cette belle ligne de ces Races Héroïques.
Encore si toutes ces Piincesses eussent choisi d'aussi honnestes gens qu'Alcibiades, ce n'eust pas esté vne si mauvaise corruption au jugement d'vn ancien Rieur. Mais le mal est que des Esclaves tirez de ia chaisne, marquez au front; que des Gladiateurs tout couverts de sang; que des Maures et d'autres Amans à faire peur ont esté souvent les passions de ces folles Souveraines.
Apres cette phantaisie dt ix'cLiesse, en voicy vne autre qui n'a pas vn meilleur fondement, quoy qu'elle soit authorisée par la Coustume et qu'elle ait cours dans le Monde. Qu'il soit donc permis à ceux qui ont perdu des Estats de se flatter avec des Tiltres qu'ils se reservent. Ce peuvent estre des amusemens et des joiiets formez par l'imaginati^jp après la perte des choses essentielles. Il y avoitde la cruauté de refuser à leur douleur cette Ipgere consolation. La Reyne Elizabeth d'Angleterre a donc pu se nommer elle-mesme Reyne de France, et les Anglois pouvoient parler le langage de '*'"'- Maistresse. le ne veux pas insisl^T là-dessus plus lon-
guement. Mais je ne sçaurois supporter qu'il se soit trouvé (les François qui ayent osé parler ainsi. Cet autre François (lisoit bien mieux quand il disoitdu Hoy lacques, Successeur d'Elizabeth : « Sans doute il y a plus d'vn nom qu'il ne « faut ou moins d'vn Royaume qu'il ne croit ; Et si lo Roy (( de France est à Londres, à qui envoye-t'il des Amhnssa- « deursà Paris? »
Neantmoins, puis qu'on iiarle partout iiiqirnpninenl et que tout est Comédie dans le Monde, celle-cy se peut souffrir comme les autres. Mais on la doit jouer en Angleterre et non pas en France, ny aux lieux qui sont sous la protection de la France. Vn François ne peut vser de ces termes sans oublier qu'il est François, sans se déclarer mauvais Subjet, sans dire (|ue le Roy son Maistre est Vsurpateur. Dégrader son Prince publiquement, donner sa Couronne à vn autre Prince par vn aveu solennel et imprimé, cela sf peut-il faire sans crime de felonnie? le ne le pense pas. Monsieur, et de peur de me mettre davantage en cholere, je sui^ d'advis de cbanger de discours.
Venons donc à vostre Virtuoso, dont nous nous somme; desjà entretenus plusieurs fois. Il ne se peut rien adjoustei aux jolies choses que vous dites du bien et du mal qui es dans ses livres, et puis que vous voulez que je luy donm aussi des advis, à mon tour je le prie de n'escrire plus : ma rier ma plume avec son espée, parce que, outre que ces mariages sont défendus depuis quelque temps et que mesmi on ne maiHe plus le luth avec la voix, il y a je ne sçay quo\ d'estrange et de monstrueux, puis que c'est marier deu: femmes ensemble que de marier vne plume avec vne espée
Q)i il ne die plus aussi, s'il luy plaist, Monsieur tel n< crache que Sentences et qu Apophtegmes . Le mot de crache^ n'est pas assez beau pour en tirer des translations et de images. Ces sortes d'images offensent l'imagination, et j' n'ay jamais approuvé la phantaisie de cet ancien Peintl^!^
allégué ce me semble par Philostrate. 11 representoit Homère comme vn homme vomissant, et auprès de luy vne infinité de Poètes, d'Orateurs et de Sophistes qui amassoient curieusement ce qui sortoit de sa bouche.
La représentation d'vne grande fontaine jettant de Peau par mille tuyaux eusl bien esté plus honneste et plus agréable. Et neantmoins vn grand Advocat gênerai de la plus célèbre Compagnie de lustice qui soit dans TEurope commença par cette vilaine représentation sa Remontrance faite à l'ouverture des Plaidoyeries d'après Pasques, Vannée 1583. Et vn Poëte Latin avoit dit quelque temps auparavant :
Quid de Budseo? feirum hic et silices spuit; Quibus necantur aures audientium.
Taimerois encore mieux le Loqui lapides de Plante que le Spuere silices de celuy-cy. Et on dit en Espagne : parler des Perles et parler des Roses, et c'est parler plus proprement que n'ont lait ny le Grec ny le Latin. Cet endroit vous fera souvenir de ce que je vous ay dit ailleurs de César et d'Epictete, et je vous prie de le revoir si vous l'avez tout-à-fait oublié.
FIiN DFS ENTRETIENS.
Les Entretiens de Balzac, puliliés trois ans après la mort de l'auteur, lu^ sont point reproduits sous ce titre dans la grande édition deConrart. Compris avec des écrits d'une date antérieure sous une division nouvelle ', ils y perdent à la fois l'intégrité du texte et l'originalité du titre. J'ai cru devoir les réimprimer suivant l'édition de 1657, qui est conforme au.K dispositions de l'auteur. Cette édition est précédée d'une épître dédicatoiredeM. Girard au marquis de Montausicr, véhémente philippique où Costar, défenseur de Voiture, e.sl accusé d'avoir trahi Balzac et violé toutes les lois de la reconnaissance et de l'amitié. Le débat, dès le principe, s'était élevé entre l'abbé Costar et M. deGirac, au moment où Martin do Pinchesne, neveu de Voiture, venait de publier les œuvres de son oncle. Balzac, un peu jaloux de cet ancien rival, engagea son ami M de Giracà lui dire son sentiment sur ces écrits. Girac fit une courte dissertation latine dans laquelle il releva quelques fautes de Voiture. Balzac montra cette dissertalidu à Costar, ami de Voiture et aussi le sien, afin d'avoir son avis, l'invitant, s'il faut en croire Ménage, à écrire contreGirac, pour s'attirer des louanges de l'un et de l'autre côté. Costar feignit de s'excuser, mais en même temps il mit secrètement la main à la plume et rédigea sa Défense de Voilure. '( le passois parle Man.<, dit Ménage, pour revenir à Paris dans le temps <{ue la défense fut achevée M. Costar m'en donna deux exemplaires, l'un pour être envoyé à M. de Pinchesne..., et l'autre à M. Conrart. 11 me dit qu'il se soumettroit volontiers à tous les changemens qu'on y voudroit faire, soit qu'on voulût y ajouter ou retrancher. Une des copies fut communiquée à M. de Balzac, qui envoya des corrections : cependant l'ouvrage s'imprima. Et parce que ses corrections arrivèrent dans le temps que l'impression fut achevée, on lui manda qu'elles esloieiit venues trop lard : et le livre parut tel qu'il esloit, dont il eut quelque chagrin. » (3/fnagiana, p. 160, 167.) Le procédé de Costar était déloyal, et son livre n'était pas seulement la défense de Voiture : c'était encore la satire do Balzac, satire souvent fort amère. Girac lui-même, blessé de quelques
Uisfiertalionfi Clireslleiinrs et mondes , Dissertations politiques ., Dissertations critiques.
nid ŒIIVHES DE BALZAC.
trails, soutint sa dissertation et malmena Costar, qui riposta de nouveau l).ir un volume de raillerie et d'injures, et obtint en outre du lieutenant «ivil un ordre qui imposait silence aux deux parties. Cependant Girat réussit à faire inipiinier une dernière réponse. Ce fut, à la vérité, loiip:tenips après : car cette querelle, commencée en 1655, ne finit qu'en 1601). En tout ceci, le personnage que joue Costar, assez peu estimable, semble donner quelque raison aux vives invectives de M. Girard, lorsqu'il sijinale un contraste si choquant entre les Lettres que Costar écrivait à Balzac et ses derniers procédés envers celui qu'il llattait si bassement.
« Peut-estre, dit Girard sur la fin de sa lettre à M. de Montausier, avoit-il (Costar) perdu le souvenir de ses Ksiritures, et peut-eslre qu'à l'advenir il re<rardt'ra de plus prés dans sesArchives quand il voudra fascher quelqu'vn. Mais je n'ay que faire de l'advertirde ses mesprises, après m'en estre si bien trouvé. le dois plustosl le remercier des moyens qu'il m'a donnez do m'acquitter aucunement d'vn juste devoir, et de reconnoislre en quelque sorte les infinies obligations que j'avois à l'excellent homme qu'il maltraite .<i fort. Il a beau le desfigurer par ses impostures, il sera tousjours reconnoissidile aux enseignes que vous en avez données, et ce n'est pas au hazaril (jue vous vous estes souvenu en sa faveur de cette ancienne définition de l'Orateur, vir bonus dicendi peritus, quand vous luy avez escrit que sa pieté n'estoit pas au dessous de son éloquence. «
Entretien premikh, page 281.
(( Monsieur l'Ambassadeur lustinian vous a parlé autrefois de cechasteai enchanté où le Poëte Bernia.. »
Marins Teluccini, surnommé le Bernia, poëte italien du seizième siècle auteur de : Artemidoro, "Venise, 4506; Erasto, Pesaro, 1566, etc., etc.
Page 282.
« l'estime extrêmement Monsieur Benaudol... »
Théophraste Renaudot, médecin, fondateur de la Gazette de France, m à Loudun en 1584, mort à Paris le 25 octobre 1655 : Il a écrit, outn la Gazette de France, depuis 1651 jusqu'à sa mort, la Continuation d? Mercure François ; la Vie du mareschal de Gassion ; Abrégé de la vie et mor dit Prince de Condp...
Entretien II, page 294.
« .\ Monseigneur l'Evesque d'Angoulesme... »
François de Pericard, élevé au siège d'Angoulesme en 1646, mort 1 29 septembre 1689.
Entretien 111, page 301.
Pour ne point parier des autres Philosophes... Iules César Scaliger. . o Jules César Scaliger; né à Padoue en 1484 (Vérone et Venise se disputent aussi i'iionneur de l'avoir vu naître), mort en France à Agen. le 21 octobre 1558. 11 fut enseveli dans l'église des Augustins de cette ville, avec cette épilaphe ; luui CiESAïus Scaligkri quod fuit.
Page 302.
« Ce seroit encore maistre Charles Du Moulin. »
Charles du Moulin, célèbre jurisconsulte, né à Paris vers la lin de l'an 1500, issu d'une famille noble, alliée à celle d'Anne de Boulen, mère d'Elisabeth d'Angleterre. Il mourut à Paris le 27 décembre 1566. Il était, suivant le président de Thou, redevenu catholique quelque teujps avant de mourir.
Entretien IY, page 303,
« Totila n'est point encore guery... »
Totila est l'anagramme du nom de son secrétaire Tolait.
Page 315.
« C'est vn des illustres de la Galerie de Paul love... »
Paolo Giovio, né à Como, le 19 avril 1483, élevé par le pape Clément VII
au siège épiscopal de Nocera, dans le royaume de Naples, mort à Florence
le 11 décembre 1552.
l'âge 514.
« Vous trouverez les premiers dans le Livre de loaunes .\ureliu> Augurellus... »
Jean Aurèie Augurello, poêle latin, né à Uiniini vers 1441, mort à Trévise le 24 octobre 1524 II écrivit un poëme sur le secret de faire de l'or : Chrysopoeia, Basic, 1518; et un livre sur la vieillesse : Geronlicon.
Page 516, ^
« Vne Rhétorique Françoise, qui ne seroit pas moins ample que l'Il.iiienne de Bartholomeo Cavalcanti. . »
Bartholomeo Cavalcanti, né à Florence en 1503, d'une noble et ancienne famille, mort à Padoue le 9 décembre 1562. Il a écrit sur la guerre, la politique et l'éloquence Sa flhéforiqup fut imj>ii!néeà Venise en 1559, iii-folio.
"il^ ŒUVRKS DE HALZAC.
l'aue ôl".
« En Italie. Monsi-^nor de la Casa... »
Jean de la Casa, né à Mugello, près do Florence, le 28 juin lô03, inor le 14 novembre l'ioô. Poêle lalin et italien célèbre. Il a écrit les vies di Benibe et de Contariiii. C'est do lui que Halzac veut parler dans sa letln à révtMjue de Grasse, lor.>qu'il dit : « Il y a des délicats qui ne peuven };ousler la lanj^uc du lils de Dieu... Monsieur '*", qui mourut Archeves que (le Bonevent, nosoit dire à cause de cela son bréviaire. Il avoit peu de gasier son bon latin par- la conta|;ion du mauvais, et de prendre quel que teinture d'impureté qui corronipist si locution... » (10 raay 1652.)
Page Ô17.
« Aussi bien (pie le Cardinal Bombe .. <
Le célèbre cardinal Pierre Bembo, né à Venise le "10 mai J 470, mort I 18. janvier 1547.
l'agc r.17.
<^ Le bon bomine Victorius... »
Vicloriusou lierre Vettori, l'un des plus célèbres critiques de l'Italie, n à Florence d'une famille ancienne, le 11 juillet 1499 : nommé, en 1538, pf le j^raiid-duc Cosme d(! Medicis, professeur d'éloquence grecque et latint envoyé en 1550 auprès du pape Jules 111, qui le combla de distinctions destiné aux plus bauls emplois par le cardinal Cervoni, devenu pape soi le nom de Marcel II, et qui mourut (pit-lques jours après son élection. Ve tori retourna dans sa patrie ; il fut membre du sénat de Florence en 155^ et mourut en cette ville le 18 décembre 1585. 11 a laissé une précieut édition de Cicéron, Venise, Ciunti, 1554-1557 ; et un grand nombre d'au très ouvrages.
l'agc 518.
u loseph Scaliger a publié... »
Joseph-Juste Scaliger, l'un des plus célèbres érudils et philologues d seizième siècle, né à Agen, le 4 août 1540. Il était le dixième enfant c Jules-César Scaliger et d'Audielte de Roques-Lobejac; il mourut à Lève en 1595.
Page o-lO
H 11 sçait bien que le comte Baltazar en Italie, etc.. »
Baltazar Castiglione, l'un des plus éld'gants écrivains de l'ilalie au se
zième siècle, né à Casatico, dans le Mantouan, le 6 décembre 1478, mo;
à Tolède le î février 1529 ; auteur du célèbre Libro del Cortegiano. Sir Philippe Sidney, né en 1554 à Penshurst, dans le comté de Ken
niorlellement blessé à la bataille de Zutplien, et mort à Ariiheim
16 octobre 1586 : auleur de ÏArcadie. etc.
.NOTES SIK LES EiNTUETIENS. 515
Honoré d'Urfé, d'une antienne famille du Forez, originaire de Souabe, et alliée aux maisons de Lascaris et de Savoie, né à Marseille, le 1 1 lévrier 15(57, mort à Villeîranche, en 16*25 ; biissanl inachevé son célèbre ouvrage de VAstree.
Page 5''20.
u Monsieur de Peyraredc... >;
Jean de Peyraredc, mort vers 4660. 11 a laissé des poésies latines louées par Balzac, (îrotius et Huet; des commentaires sur Florus et des remarques sur Tcrence.
Page 320.
Si le peuple avoil leù les Livres de Casaubou... » Isaac Casaubon, né à Genève, le 18 lévrier 1559, mort à Londres le l*"" juillet 1614, connu par ses commentaires sur Diogène Laercc, Polyen, Slrabon, Théocrile, Athénée..., et ses éditions d'Aristote, de Tliéophraste,
'1- l'olybc, etc.
E.NTiiKTiEN \, pauc 7>'li.
« (le que le Cavalier .Marino. . »
Jean-Baptiste Marino, néàNaples en octobre 1569, mort le 25 mars 1625: appelé en France en 1615 par la reine ilarie de Médicis, il jjublia, à Pa ns, en 1625. l'AflonCy poëme en vingt chants qui obtint le plus grand succès : il a laissé des riine amorose. t-ari)'. efc ..
i»aj;.' TdlK
(( Iiisle Lipse en a l'ail vn chapilre... »
Juste Lipse, néàisque, entre Bruxelles et Louvain, le 18 octobre 1547, .•ecrétaire du cardinal (jranvelle en 1589, professa l'histoire à léna et à Leyde et mourut à Louvain, le 24 mars 160(). Ses œuvres ont été j)ubliées à Anvers en 1657: 6 vol. in-folio.
l'ao.. :y>',.
« Le Docteur Monmor. . »
Pierre de Monlmaur, né à Belaille, près de .Martel, en Querci, en 1576, mort à Paris le 7 septembre 1648; professeur en langue grecque au collège de France. M('iiage l'a ridiculisé dans deux de ses ouvrages intitulés : Vila GurcjiUi Maiiiurne , et Gargilii Macronis parasitoé^p/iistœ Metaiiiorphosis.
Page r>28.
Pour les Hébraïques, je m'en rapporte à Monsieur Gaumin... » Gilbert Gaidmin, intendant du .Nivernais, conseiller d'État, né à Moulins en 1585, mort le 8 décembre 1665. H était versé' dans les langues grecque et orientales. Il a publié des traductions latines des romans de II 29
lihodanU et Dosides de Tliéodore Prodiomus, 1<>25 ; de Ismène et Ismenie .1 Kuinanic. IfiiS ; — De Vita et Morte iVosi.s, \\h. lll. licl.r. lai., 1G29.
l'âge Ô2!>.
'( Ce Sophisle... qui lut le Crosilles de son siècle... >■ ,Ie;m-B;»plislc Crosilles l'ut produit dans le monde par l'ahbé de Marolles. Il lut attaché successivement au ;;rand prieur de Vendôme et au comte de Soissons. Tombé «lans la disgrâce de ce prince, il lui, en 1641, accusé d'être marié, quoique prêtre, et mis en prison où il resta dix années. (W lemps expiré, un arrêt du parlement lejuslitia et le rendit à la liberté. Il vécut encore six mois dans la dernière détresse et mourut en I(>51 .On a de lui : Heroides à l'imitation des l-Jpistres héroïques d'Ovide, 1619: Tyrcis et Urnuie, ou la Chasteté iniùncible, bergerie en cinq actes et en prose avec des chœurs en vers, Paris, 165ô. 11 publia aussi son Apologie, UViô.
Page r>50.
« C'est Busbequius qui ledit... »
Augier Ghislen de Busbecq, né à Commines en Flandres en io'i'i. Ambassadeur de Ferdinand, roi des Romains, en Angleterre, et auprès de Soliman 11, gouverneur des fils de Maximilicn II, mort le 28 octobre 1592. On a de lui des Lettres à Rodolphe II, ses Ambassades et Voyages en Turquie, elc
l'i.po ôôl.
(( Et l'ordonnance (pic Monsieur De Lorme.. >•
Charles de l.orme, célèbre médecin, né à Moulins en 15S4, lilsdeJeaii de Lorme, médecin de la reine, lemnie de Henri 111, et de Marie de Mcdicis; Charles de Lorme eut la faveur de Richelieu, du Chancelier Séguier, etc. Il mourut le 24 juin 1078.
i*agc OÔ2.
'( Pelrus La Sena, Neapolitain... » ^
Pierre la Scna, jurisconsulte cl philologue, né à .\aplcs, en 1590 d'une famille originaire de Noraiandlc, mort à Rome le 3 septembre 1636 (Jn a de lui des bigarrures ou mélanges philologiques [Vergati], Naples 1616. lIomeriNepenthes..., Lyon, 1624; Cleombrotus.sive de iis qui in aqw pereunt philologica dissertatio, Rome, 1637, etc. ,^
^ 1 Page TtTyl.
« Et si le Chancelier Bacon. »
François Bacon, le célèhre chancelier d'Angleterre, né à Londres 1 22 janvier 1561, mort le 9 avril 1626. Ses œuvres complètes ont été pu bliées à Londres en 1740, 4 vol. in-l'ol.
Enti'.ktien VI, pauc 3-ii. Va sur lesquelles quelque Caslclvelro... »
odis Caslelvetro, critique italien, né à Modèiic en 1505, inoit à jiiiavcnne le 21 février 1571. Ses œuvres ont été publiées par Louis- \ntoincMuratori, à Milan, 1727, in-4'».
Page 544.
!( Dans le discours de la Vie et de la Mort composé par Monsieur Du ''■■-*is... »
lilippe de Mornay, seigneur du Plessis-Marly, né en 1549, à Ruhi, dans (■ \exiii français, surnomme \c pape des Huguenots, mort le 11 novembre 1623. Outre le discours dont parle Balzac, il a laissé un Traité de la Vérité ■'" '^1 Religion Chrestienne, 1580; des Mémoires, J624, 1625.
Entretien \11, page 55'2.
ijui ont leù Montaigne et Charron, et qui ont oiiy parler de Cardan cl de Pomponace... »
Michel de Montaigne, né au château de Montaigne en Périgord le 28 février 1555, mort le 15 septembre 1592.
Pierre Charron, né à Paris en 1541, mort le 16 novembre 1605, auteur du Traité de la Sagesse, Bordeaux, J601, et de celui des Trois Veriiez, Cahors, 1594.
Jérôme Cardan, né à Pavie en 1501, mort en 1576: philosophe et médecin. Ses œuvres ont été réunies en 10 vol. in-fol., Lyon, 1665.
Pierre Pomponace (Pomponazzi), né à Mantouc le 16 septembre 1462. mort en 1526. Ses œuvres ont été imprimées à Venise, 1525, 1567, in-fol.
ENinETiEN Vlll, pajjc 55(i.
La peine que prit Monsieur Des Portes. » i'Iiilippe des Portes, abbe de Tiron, né à Chartres en 1546, mort le 5 octobre 1606. Il était oncle du poëte Mathurin Régnier.
E>Ti;EriEN IX, page o<i7.
Ny Sannazar [)Our les Modernes... »
I it (jues Sannazar, né à .Naples le 28 juillet 1458, mort le Wi avril 1550; surnommé le Virgile Chresiieit : auteur des poënies latins : de partu Virgi- "»>,• Salices et lamentatio de morte C/iristi ; en italien de \'Arcadia...i etc.
K^Tc.EïiEN M. ]>:)<:>' TiHl
-Sostre ahiy MUret. .
Marc-Ahtoine Muret, né au bouiu ur eu num. pu > m: l.iiiiu^(v>. vu iô'il».
5Hi iKUVKKS Dt HAl/ZAC.
jurisconsullc et liuinanislc célèbre; il eiilia dans les ordres en 157G, el muuriil à Home le 4 juin 1585.
l'apc 577.
a Noslrc retenue sera bien esloi|^néc de l'insolence du Docleiir Rainus. » Pierre la Rainéf, professeur au colK'^'e royal, né dans un villaue du Vermandois vers 1502; il périt à la Sainl-Barlbélcmy le 2i août 157*2.
Page 077.
« La barbare malignité de George de Trebisonde... » Georpe de Trebisonde, né à Cbandacc, dans l'île de Grète, en I51M», dune famille ori-inaire de Trebisonde, vint ensei;j:ncr le <rrec à Venise ol plus tard à Rome, où il mourut en 1 48<j. 11 a traduit Eusèbe, S. GyrilJc, la Vie de Moise, par saint Grégoire de Ny>se, la Rhétorique d Arislole . ÏÀlmagesle de Plolémée, etc...
E.NTUETiEN Xli, pa{,'o r>79 « Vous souvient-il de ce Rodomonl de robbe longue... » Souvenir du général des Feuillants.
Pa-e r»S-2.
« Aux éloges ipiils ont roccus d(î .Monsieur de Thou el de Monsicui- de Saincte Martbe... »
Jacques-Auguste de Thou, né à Paris en 1553, troisième fils do Cluisloplu" de Thon, premier président au parlement de Paris, mort en 1(317. Outre sa gi-ande Histoire, il a laissé des Mémoires de sa vie (1555 à ItiOl] et des Lettres.
Abel de Sainte-Marthe, né à Loudun en 1500, con>eillor d'État el garde de la Bibliothè(pie de Fontainebleau sous Louis XIII, mort à Poitiers en 1(>52.
Page 58-2.
« Considérez de cpielle sorte le premier agit avec Erasme... » Désiré Erasme, né à Rotterdam en 1467, mort à Râle en J55G : ses
œuvres ont été réunies en huit vol in-fol., Bàle, 154(), et en dix vol. in loi..
Leyde, 1705, 1706.
ExTi'.ETiEN Xlll, page ÔS7.
(( f'eut-eslre que javois la fièvre le jour que le Roy de Dannemark... » Ge jugement littéraire rendu par le roi de Danemark en faveur de Balzic n'est, suivant Tallemanl des Réaux, qu'un conlc assez plaisant im.iginer par Ogier l'ambassadeur, quon appelait Oger le Danois, pour mystifier l'amour-propre un peu crédule de notre auteur.
ENTiiETiF.N- XIV, paf;e 388.
A Monsieur (lé (lirac... »
raul-Tliomas, sieur de Giiac, né à Angoulême, conseiller au présidial de celle ville, mort en KJCT).
E.NTKETiEN Wll, page 397.
« Le luiie Tarpa, qui nesloit guère moins severe que Monsieur Ciuiol t'I le grand Monsieur de Saumaise... »
François Guyel, critique et poëte latin, i:(' à Angers en ÏTûTi, prt-cepleur de Louis deNogarel. plus lard cardinal delà Valette : il embrassa lélat ecclésiastique dans un âge avancé et mourut à Paris le J2 avril lOoô. On a do lui des Noies sur Térence; Boeder, Strasbourg, iOôT; sur Plièdre, Upsal, 16Go; sur Hésiode; Graev, Amsterdam, 4667; sur le Lexique d'IIesycliius .. et des poésies latines estimées.
Claude de Saumaise, l'un des savants les plus renommés du dix-septième siècle, né à Semur en Auxois le 15 avril 1588, d'une famille noble, mort à Spa le G septembre 1G58. La Bibliothèque de Bourgogne donne la bibliographie complète de ses ouvrages, dont le nombre ne s'élève pas à moins de quatre-vingts imprimés et de soixante manuscrits.
Entretien MX, pa^e i(>8.
•( 11 ne se parloit ny de Vaugelas... »
Claude Favre de Vaugelas, gentilhomme ordinaire do Gaston, duc d'Orléans, l'un des premiers académiciens, né à Chambéry vers J585, mort à Paris au mois de lévrier 1650. Auteur des Remarques sur la langue française et d'une Iraduction de Quintc-Curce, qui faisait dire à Balzac : « Si l'Alexandre de Quinte- Curce est invincible, celuy de Vaugelas est inimitable. »
Enti-.etun XXI, page -419.
« Si Monsieur de l'Esloil'e conimençoit un Sonnet... » Claude de l'Etoille, l'un des premiers académiciens, né à Paris vers L597, mort vers 1651. Il a laissé des Poésies diverses et quelques pièces dranialiipies
E.ntiiet;f.> XMII, pugc 1-20.
'( L'Apologie de Monsieur de Villeroy et l'Histoire de I)#rila... » Nicolas deNeufville, seigneur de Villeroy, mmislre sous quatre rois, né en 1542, mort à Rouen le 22 novembre 1617. On a publié sous son nom : Mémoires d'Estat..., depuis 1567 jusqu'en 1604. — On a de lui deux Apologies. — Lettres escrites nu maresclinl de Mtttignon, de lo8l-1591).
Henrico Calerino Davila, né au l'acco, leiritoire de Padoue, le 50 octobre 1576, d'une lamille originaire d'Avila en Espagne, amené tout jeune en France, où son père jouissait de la laveur de Henri III et de Cathe-
rine de Médicis ; — il se distingua au siège d'Honfleur (1594) et fut bless( à celui d'AiTiioiis (1597). A la paix, il retourna à Padoue, puis alla à Venise, où il lui cliaifïc par la Républiiiuc do plusieurs expédilions et commandements militaires dans les îles de Candie et en lialnialio. Il péri assassiné près de Vérone en lfi51 . On a de lui : Histoire des Guerres civiles (le France. 1559-1598. Venise, KioO, in-4'; Paris, H')/t4; Venise, 1755
Knthktikn XXIV, |>;if;c iTM (( On rallrihnë à Madame la Mareschale de Rais... )) Claude-Calherine de Clermoni, veuve de Jean d'Annebaut, baron d Retz, remariée à Albert de Gondi, depuis maréclial de Retz: célèbre pa .sa beauté, son savoir et son esprit; elle avait la connaissance des langue latine et «grecque ; elle a été célébrée par les poètes de son temps. EH mourut le '2.") levriei" 1005.
Kntrf.tien XXV, paj^e \T^ii. u Je vous lerois voir cette vanité... alléguée par Leunclaius... » Jean Loewenklau, en latin Leunclaius et Leunclavius, gentilhomme al lemand, né en 1555 à Amelbeuern on Weslphalie, mort à Vienne e 1595. Scaliger, de Thou, iluet, ont vanté son savoir comme jtirisconsull et humaniste, et son habileté comme traducteur. Il a laissé de nomhreii ouvrages.
F.NTi'.rTirN XWM, pnt;r> UO. ♦
u A Monsieur Sarasin... )>
Jean-François Sarrasin, né à Hermanville, près de Caen, on 160.' mort à Pezenas en décembre 1654; auteur de V Histoire du Siège de Dwi kerque, de la Conspiration de Valstein, de la Pompe funèbre de Voiture. et de poésies fugitives où l'on trouve beaucoup de facilité, d'esprit ot il jialurel.
F.NTiiETiF.N XXIX, page, U\).
(( L'excellent Monsieur Pelisson vous l'expliquera. . . n Paul Pellisson-Fontanier, né à Béziers en 1624, conseiller d'Etat • 1()60, partagea la disgrâce du surintendant Fouquel, et fut mis à la Rat tille en 1661, d'où il no sortit qu'après cinq années de détention. Il al jura le protestantisme et travailla avec zèle à la conversion des calviniste Il mourut le 7 février 1695. On a de lui VHistoire de l'Académie françoi jusqu'en 1652. Paris, 1655, in-8°. — Histoire de Louis XIV. 1749. Lettr historiques et Opuscules, 1729, 5 vol. ,in-12. — Réflexions sur les diff rends en matière de religion, 1686. 4 vol. in- 12 — Traité de l'Euchan tie, inachevé, J694. in-l2.