CHRISTO NATO
DEl Ol'TLMl MAXIMI FILIO OPTIMO MAXIMO.
Dive Puer, qucni vcnturum post sœcula, Vales Tôt dixere pii, milii tune indictus abibis, lam prœsens, Patris œlherei jam cognita proies? luro ego, nobiliorque agitât me cura futuri, Etjuvat antiquum in mclius mulare laborem, Amplius haud facta lïeroum Regunique Triumphos, Te potius mea Musa canet. Non Martia corda Pellaei juvenis, natosque ad Sceptra potentes i^Eneadas, Spartœque loquar pugnacis alumnos. Immemor Isacidœ magni. Fortissime reruni, Monstrorum in cunis doniitor, quse Terra ferebatj A Cœlo promisse immittis victor Averni, Perpetuum mihi sis carmen. Nec Graecia mendax Ipsa neget, nondumque aras exosa profanas Roma vêtus : Primis tremuil te lupiter orsis, Fulminaque œlerno cesserunt ficta Tohanti. Te Populi delapsum Astris in Virginis alvum Mirati, ingentiquc aliàs spcctante corona, •
Nubibus invectum iamulis, patriaAstra petentem, Baturni senis cxUium tùrpesque latebras, Et tumubim lovis et mânes risere sepultos. Prima elementa oris teneri postquam auribus hausit. Vagitusque tuos obmutuit augur Apollo, Et Tripodes cecidcre, et Dî responsa negarunt, Attoniti toto orbe, et lacti Nuniine vero.
l'iO ŒUVRKS DK BALZAC.
{) Victor sine caede, o non niorlalia tela;
0 puer inibellis, summi sed niaxinia Viiius
Vt vox cerla l'atris, rerumque novissimus hœres !
Haec colère, haîc Sœclis las est niemorare i'uluris,
Casta jubet sic Religio, Cœtusque Tiorum :
Incipiam, et maneat nostros ca cura Nepotes,
(Juos sanctum scrvare lidcli pectore morenj,
Et meminisse velim semper pictalis avitœ.
Sed que concipiam vola el divina capessam
lussa animo, si non aniinum menlemque ministres?
Cliriste, mcae vires, nica sola polcnlia, Christe,
Da velle et da posse milii, nam nescit vtrumquc
Te sine, progenies hominuni. Quos dicere versus
Aggrcdior, quai tliura paro, quos ofl'ero flores,
Hos eliam arliiici dcheuius, vl oninia, dextrae.
Auctorem te cuncta probant. Tu carmina dictas ;
Per te Terra parit quicquid Ver educat alniuni,
Quicquidodoris Arabs niiltit : >'il denique uostruni est,
Nec meus ipse ego sum. Tua scilicet accipe dona,
Thesaurosque agnosce tuos, fontesque Bonorum,
(Jui largi, qui fœcundi, latumque per orbem,
Donec Sol erit atque ardebuiit sydera Cœlo,
Perpetuis current, fixo semel ordine, rivis.
Munera suflities, nos bœc ad Tenipla ferenius,
Atque tuis sacras opibus cumulabimus aras,
Morlales miseri, et nudi, et rerum omnium egentes,
>"i tu Christe fores in nostros prodigus vsus.
A lESVS-CHRlST N
Saiiict et divin Enlanl, promis par los Prophètes, Ne me joindray-je point à ces grands interprètes, Dont l'esprit esclairé d'vn céleste flambeau, A tiré sans te voir ton céleste tableau? Nous ayant descouvert ta puissance future, Et les biens dont tu dois honorer la Nature, Maintenant que mes yeux ont veû ce que je croy, Puis-je, sans eslre ingrat, ne parler pas de toy? Quand tu descends en Terre, et qu'on t'y voit pnroistre (lomme Dieu, Fils du Dieu que le Ciel a pour Maistre. Eslevant mon esprit, dois-je pas dans mes Vers, Te rendre mon honmiage avec tout l'Vnivers? le le jure, Seigneur, devant la Crèche auguste, Vn Soin de l'advenir, et plus noble et plus juste. Allume vn feu nouveau dans le fond de mon sein ; Je change de travail, d'objet et de dessein. le ne veux plus tirer des antiques ténèbres. Des Roys qui ne sont plus les Triomphes célèbres : le ne veux plus parler du jeune Conquérant Qu'on vit dans l'Vnivers courir comme vn torrent, Et par deux beaux dangers, par d'illustres travej^es. Monter avec splendeur sur le Ihrosne des Perses. le ne veux plus vanter ces merveilleux Romains Qui sembloient estre nés le Sceptre dans les mains ; Ny ces Fils courageux, dont sous sa Loy severe Sparte fut la Nourrice, aussi bien que la Mère. Divin Fils d'Abraham, à la seule grandeur Ma Muse, en ce beau jour, consacre son ardeur.
l'i'i ŒUVRES DE BALZAC.
De toutes mes clmnsons tu seras la matière,
Toy qui pour vn ossay de ta Guerre première,
Fis cacher en naissant, par ton Nom glorieux,
(iCs Spectres insuli-ns, ces monstres furieux,
Qui (le Captifs qu'ils sont dans vne nuit profonde,
S'estoicnt rendus Tyrans de l'Empire du Monde.
Vainqueur promis du Ciel pour dompter les Enfers,
le veux chanter ta gloire en cent Hymnes divers.
Ny la sçavante Grèce, en mensonges fertile,
Ny Rome, où l'on trouvoit le Monde en vne Ville,
Avant mesme qu'elle eust ahbattu les Autels
Qu'elle avoil érigez à ces faux Immortels,
Ne peuvent pas nier que c'est par ta Parole,
Qui vola comme vn trait de l'vn à l'autre Pôle,
Que leur grand lupiter, si fort, si triomphant,
Trembla sous ton pouvoir quand tu n'eslois qu'Enfant.
Et que c'est par ta main qu'on vil réduire en poudre
Celuy qui dans la Fahle est maislre de la Foudre.
Le monde s'estonna, quand des voûtes des Cieux
La Vierge te receut dans son sein précieux ;
Mais il fut plus surpris de te voir sur la Nue
(Ton esclave et ton char sous tes pieds devenue)
Remonter avec pompe au Palais éternel.
Où ton Throsne est égal au throsne paternel.
Apres ces grands Exploits, ces Triomphes célèbres.
On se mocqua par tout des honteuses ténèbres
Qui servirent d'asyle au vieux Père des Dieux,
Et du sombre tombeau d'vn lils ambitieux.
Qui comme vn Immortel, des vœux se faisoit rendre.
Mais qui d'homme qu'il fut, n'est plus qu'vn peu de cendre
A peine, en bégayant, quelques mots tu formois,
Qu'Apollon effrayé dans Delphes fut sans voix;
Que ses fameux Trepiez de peur se renversèrent,
Et que de tous costez les Oracles cessèrent,
Les faux Dieux ne pouvant résister aux efforts
Du vray Dieu que l'Amour cachoit dessous vn corps.
0 céleste Vainqueur, de qui la main vaillante
Perça tant d'ennemis sans en estre sanglante!
0 traits victorieux de celte auguste Main,
Dont les coups sont plus forts que tout pouvoir humain !
0 nonpareil Enfant, en qui le Monde espère.
SOCRATE GHRESTIEN. 125
Et qui, bien que sans force, es la Vertu du Père ; Oui ne pouvant parler, es sa divine Voix, L'Héritier de son sceptre et le Maistre des Roys; Dont le souffle est pour eux vn horrible tonnerre, Et devant qui leur Throsne est fresle comme verre. Voilà les Tiltres saints que je veux adorer, Les Grandeurs que je veux par mes vers honorer, Les Beautez dont ma Muse, à la Race future. Par de nobles efforts veut laisser la peinture.
La saincte Pieté la demande de moy,
Et le désir des Bons m'en impose la Loy.
Hardiment j'ouvriray cette noble carrière,
Et nos Neveux, conduits par la mesme lumière.
Espris de mesme ardeur, vn jour la fourniront,
Et d'vn zèle innocent ta gloire béniront,
Suivant, selon mes vœux, avec des cœurs fidèles,
Au culte des Autels, les traces paternelles.
Mais dans la belle ardeur qui m'agite le sein,
Comment puis-je achever mon généreux dessein?
Comment puis-jc, Seigneur, te rendre cet hommage ;
Que ma foy me demande, où mon amour m'engage.
Si ton ayde divine, en cet illustre jour,
Ne me donne vne force égale à mon amour?
0 lesus ! ma Vertu, ma Force et ma Puissance,
Au pitoyable estât où ma mis ma naissance,
le demande et j'attends de ta sainte bonté
Le pouvoir de bien faire, avec la volonté.
L'homme que le péché rend foible et misérable.
Sans toy de tous les deux a le cœur incapable.
le veux, pour m'acquitter de tes bienfaits divers,
Tirer de ta Grandeur le tableau dans mes vers :
'<• t'offre de l'Encens, des fleurs et des couronnes;
Mais je ne t'offre rien que ce que tu me donnas :
C'est toy dont mes tableaux empruntent leurs couleurs ,
Le Trintenips amoureux te doit toutes ses fleurs,
Et les plus doux parfums dont l'Arabe se vante,
Ne tirent leur odeur que de ta main sçavante,
Qui d'vn art merveilleux respand dans tous les Corps,
Sans jamais s'espuiser, ses superbes thresors.
Enfin, rien n'est à nous, je sçay ton droit supresme.
I2f ŒUVRES DE BALZAC.
Kt moy-iuesnie in' puis me dire estre à inoy-niesiii»'. Reçoy donc pour présent, Vnique Bienfaiteur, Les biens dont ma Raison te confesse l'Autlieur : Reconnois tes thresors, et la source féconde Des faveurs que ta Grâce espand par tout le Monde. Et qui comme vn ^rand (leuve, éternel en son cours. En faveur des Mortels se répandra tousjours. Tandis que chaque jour l'Astre de la lumière Dans vn char de rubis fournira sa carrière, Et (jue l'obscure >'uit d'Esloillcs s'allumant, D'vne pasle clarté peindra le Firmament, Tu donneras sans cesse aux désirs des Fidèles, Pour te faire des dons, des richesses nouvelles, Et nous viendrons sans cesse, ô Roy des Immortels, De tes propres bienfaits couronner ces Autels. Nous nous confesserons, ainsi que nous le sommes,. De Pauvres, d'Ignorans et de Fragiles hommes, Qu'vn crime héréditaire a privez de tout bien, Et qui manquant de tout, ne sont dignes de rien; Si tu n'estois venu par des grâces insignes, Chasser la Pauvreté, donner à des Indignes, Et si ton chaste Amour, dans ses ardens transports. N'avoit pour nos besoins, prodigué sesthresors.
FIN DE SOCHATE