A M. CL£R&£LI£R
(Lettre 54 du tome III.)
Dn 19 mai i6tiai.
M0NSl£URy
Vos deux lettres des sixième et treizième de mai m'ont été rendues en même temps ; elles me font plus d'honneur que je n'en devois raisonnablement attendre, et, bien loin que vos mots latins m'aient choqué, je suis persuadé que, dans la supposition de votre sentiment sur le sujet de la démonstration de M. Descartes, il n'y en a point de plus yéritables en aucun endroit de vos lettres ; car si cette démonstration est dans les règles des démonstrations certaines et infaUlibles, il n'est rien de plus vrai, sinon que ceux qui n'en sont pas convaincus ne rcntcndenl point. La qualité essentielle d'une démonstration est de forcer à croire, de sorte que ceux qui ne sentent
> « n fint qu'il y ait ici une lante d*impi«a«ion, car M. de Fennat » repond ici à mie lettre de M. Oenelier , da^ do 19 mai 1669 , et cette
a répuuâc c&t datée da la uiai; il faat ai mai i66a. «•
pas cette force, ae sentent pas la démonstration même, c'est-à-dire qu'ils ne Tentendent pas. Je n attribue donc, monsieur, qu'à un excès de courtoisie et de civilité cet adoucissement que messieurs de votre assemblée vous ont inspiré; et je vous en rends très humbles grâces. Pour la question principale, il me semble que j'ai dit souvent et à M. de la Chambre et à vous que je ne prétends ni n'ai jamais prétendu être de la confidence secrète de la nature; elle a des voies obscures et cachées quejen ai jamais entrepris de pénétrer: je lui avois seulement offert un petit secours de géométrie au sujet de h réfraction, si eUe en eût eu besoin; mais puisque vous m'assurez, monsieur, qu'elle peut faire ses affaires sans cela , et qu'elle se contente de la marche que M. Descartes lui a prescrite , je vous abandonne de bon cœur ma prétendue conquête de physique , et il me suffît que vous me laissiez en possession de mon problème de géométrie tout pur, et in ab$tractOj par le moyen duquel on peut trouver la route d'un mobile qui passe par deux milieux différents, et qui cherche d'achever son mouvement le plus tôt qu'il pourra. £t je ne sais pas même si la merveille ne sera point plus grande, en supposant que j'ai mai deviné le raisonnement de la nature: car peut-on s'imaginer rien de plus surprenant que ce qui m'est arrivé? J'écrivis, il y a plus de dix ans, à M. de la Chambre que je croyois
que la réfraction se devoit réduire à ce problème de géométrie , jet j'étois pour lors toat-à^fiât persuadé que l'analyse de ce problème nie donneroit une proportion différente de celle de M. Descartes. Et néanmoins en tentant le problème, qui est asseï difficile, dix ans après, j'ai trouvé justenîent la même proportion que M. Descartes. Si j'ai dit un mensonge , n'ai-je pas quelque raison de prétendre que c est .un de ces mensonges fameux desquels il est dit dans le Tasse, comme je voiis ai déjà écrit,
Qauido sui il ▼«»»
Si i>eUo, chs «i pona 1^ ti iinporre.
£n voilà de reste, je croise les armes : permetteS^ moi seulement, s'il tous (dut, d'assurer ici M. Char nut et M. l'abbé dlssoire , son fils , de mon obéissance très humble; je n'ai pas l'honneur d'être * connu du père, mais pourquoi serois-je le seul de toute l'Europe qui n aurois pas une entière vénération pour lui. Je suis ' , etc.
> Miméiéderail» tonte eètte eocMpondHiMt Amm dftlli^t et de IVunté datmMikM.