NOTICi: SUR MCERO
sieur Vaulezard, ou enfin dans lous Jes autres qui ont escrit de la perspectiue iusques à présent, car ce qu'en a dit le F. DB (Duhreuil) est copié de la manière vniuerselle que fit imprimer ledit sieur Desargues dez l'année 1G36, et puis dans un cahier particulier, il y a plusieurs années, tiré du livre entier de sa perspective que M. Bosse a fait imprimer; dans laquelle il aioute vue seconde partie contenant la refile de placer et de proportionner les touches et les couleurs diuerses qui perfectionnent le perspectif.
Mais ceux (jui ont leu et compris la manière vniuerselle de M. Desargues où l'un iremploye aucun point hors du champ de l'ouurage, achevée de mettre en lumière par l'excellent graueur. M. Bosse l'année 1647, confessent qu'elle surpasse en abrégé de pratique tout ce qui en a esté donné iusques à présent et qu'il auoit raison l'an 1636 de se dire l'inventeur de la méthode vniuerselle, etc. outre qu'elle contient la raison des plans et les proportions des fortes et foibles louches teintes ou couleurs tant cleres que brunes, ce qui rend le corps de la pratique de cet art complet, et dont aucun n'auoit traité iusques à présent.
NOTICE
«IJB GBI-iCtOiRli: llUflRT,
ET EXTRAITS d'uN PASSAGE DE SA PERSPECTIVE, OU IL PARLE DU TRAITÉ DES CONIQUES DE DESARCUES.
GUËGOUŒ IlUUEi.
Ci. Darel «Ht autour fl'un IraKc de rersiteclfvc.
ayant pour titre :
OPTIQUE DE FORTRAITVBE ET PEINTVRE, EN DECX PARTIES t — T.A PREMIÈRE EST I.A PERSPECTIVE PRATKjVE ACCOMPLIE, POUR RE- PRÉSENTER LES SOMPTUEUSES ARCHITECTURES DES PLUS SUPERBES BATIMENS EN PERSPECTIVE PAR DEUX MANIERES. DONT LA PREMIÈRE MONTRE LES MOYENS POUR ARRIVER A UNE PRÉCISION ACCOMPLIE, MAIS QUI NE SONT ENSEIGNEZ QUE POUR DONNER CONNAISSANCE A l'esprit, ET NON POUR ESTRE PRATIQUEZ SI ON NE VEUT, ET EX LA SECONDE SONT LES PLUS BRIEES ET FACILES MOYENS QUI AYENT ESTÉ PUBLIEZ JUSQUES A PRÉSENT, POUR ESÏRE GÉNÉRALEMENT PRATIQUEZ ET LE TOUT SANS EMPLOYER AUCUN POINT DE DISTANCE NY PLAN GÉOMETRAU — LA DEUXIEME PARTIE CONTIENT LA PERSPECTIVE SPÉ- CULATIVE, SCAVOIR LES DÉMONSTRATIONS ET DÉCLARATIONS DES SE- CRETS FONDAMENTAUX DES REGLES OU MOYEN CONTENUS EN LA PRE- MIÈRE PARTIE. ENSEMBLE LES PLUS CURIEUSES ET CONSIDÉRABLES QUESTIONS QUI AYENT ESTÉ PROPOSÉES JUSQUES A PRÉSENT SUR LA PORTRAITURE ET PEINTURE, AVEC LEURS SOLUTIONS.
Par Grégoire Huret, desseigu.ileur et graveur ordinaire de lamaisoû du Roy et de rAcadémie Royale de peinture et sculpture.
Paris 1G70, avec privilège dv Roy.
Ce pmilége est pris pour trois traités qu'il avoit composés, dout celui ci-dessus était le premier. Le
206 NOTici: si'U giœgoiiu: hlrut.
second était iutitulr : " La Gnomoniquc spéculative et pratique, etc. '> El le troisième : « La section (les solides^ spéculative el pratique^ appliquée à l'art d'architecture, pour les constructions précises des traits de la coupe des pierres, etc. » Nous croyons que ces deux derniers n'ont jamais été imprimés. Huret est encore l'auteur de divers mémoires. Le premier a pour titre : « Exposé d'une règle précise pour décrire le profd élevé des colonnes. » Cet ouvrage ayant été critiqué dans le Journal des Savants, du 2 mars 1665, Huret lit, le 5 mars 1665, une réponse à. cet article, réponse (jui fut suivie de cinq avis donnés le 4 avril de la môme année.
L'ouvrage le plus important de Huret est donc le Traité de portraiture, et il forme un in-folio de 159 pages, accompagnées de huit planches renfermant 62 ligures, et, en outre, de deux grandes gravures servant de frontispice. Tous ces dessins et gravures sont faits par Hui-et lui-même, el dénotent un grand talenl. Dans le texte, (m lrou\e aussi un certain nombre de propositions (jui font voir qu'il avait des connaissances en géométrie ; on voit qu'il connaissait la théorie des sections coniques, théorie qu'il avait étudiée dans les ou-
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vraies (rA|)oll(uiius. (!<> l*u|>j)us, de. Miduruc , cl dans le Brouillon-projet , de, de Desaryiies ; mais, après cela, l'ouvrage de Ilurel est un recueil fort curieux de tous les paradoxes qu'il a \)\\ in\enter sur la perspective, paradoxes ({ui lui sei'vent à critiffuei- les principes connus de perspective (jui se trouvent dans les ouvrages anciens et particulièrement dans les ouvrages de. Bosse.
Nous voyons déjà, par le seul titre de l'ouvrage, (|u'il prétend s'affranchir des points de distance, dedans ou dehors le tahleau ! et qu'ensuite les méthodes exactes que donnent la géométrie ne sont enseignées que pour donner connaissance à l'esprit et non pour être pratiquées! Dans le cours de l'ouvrage, il cherche à prouver que les règles de la perspective, dont cependant il reconnaît l'exactitude, ne sont bonnes que pour représenter (|uelques édifices d'architecture, encore en les modifiant et en prenant pour cela divers points de la vue dans le même tableau I que cette science n'a rien à l'aire dans les représentations des objets naturels, tels qu'hommes, animaux, parce que la géométrie et la portraiture tendent à deux buts différents ! et qu'ainsi les figures de tous les ani-
iOS NOTICK SIR GRÉGoJlti: IICIŒT.
maux et autres sujets compris de surfaces courbées irrégulièrement doivent être portraites d'apiès le naturel, comme les yeux les voyent, et chacun de leur point direct particulier posé sur l'horizontale, etc. Nous ne lelèverons pas toutes les erreurs ou paradoxes avancés par Huret; il nous suffit de savoir que, partant de ces idées introduites par lui, il critique, article par article, presque toutes les propositions admises par la science et qui se trouvent exposées, d'après Desargues, dans les ouvrages de Bosse. L'ouvrage entier n'a, comme on peut facilement en juger, été composé que dans un but d'hostilité contre son rival Bosse. Pour comprendre ce passage, il faut se rappeler la querelle qui s'éleva à l'École des Beaux-Arts, entre Bosse, qui y professait la perspective, et les peintres, à la tète desquels était Lebrun , querelle à la suite de laquelle Bosse préféra se retirer de l'Académie dont il était membre , plutôt (jue de renier les principes de perspective qu'il avait appris de Desargues. C'est là le commencement de cette discussion interminable, qui dure encore, entre la science et la prati<|ue. Huret. qui était aussi de l'Académie, quoi(|ue géomètre, prit parti pour la pratique, et c'est pour répondre à Bosse, son ii\al,
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comme graveur, et avec lequel il avait eu de vives discussions sur la perspective, qu'il entreprit ce grand ouvrage, voulant donner raison à toutes les fantaisiesdes artistes qui ne voulaient ni ne pouvaient s'assujettir aux règles exactes de la science.
Nous nous écarterions trop de notre sujet, si nous voulions discuter toutes les erreurs que nous trouvons dans cet ouvrage; il nous suffit de diru que la méthode de Desargues exposée par Bosse, étant exacte en tout point, ne pouvait être attaquée que dans la manière dont elle est plus ou moins élégamment exposée.
Ce qui nous a fait appeler l'attention sur cet ouvrage de Huret, c'est que, dans ses critiques contre Bosse et contre Desargues, on y trouve la seule analyse un peu étendue que nous ayons trouvée sur l'ouvrage de Desargues sur les sections coniques et ses Leçons ténèbres. Cette analyse, quoique faite dans un but peu bienveillant, fait voir cependant qu'il en avait reconnu le mérite. Nous donnons donc ici une copie de cette pièce intéressante :