G ANALYSE DE LA PROPOSIT. SUR LA PERSPECT
mais peut cependant se comprendre sans trop de difficulté.
Desargues termine cette proposition par un annexe ayant pour but de faire voir comment on doit représenter en perspective, la surface convexe du ciel : son opinion controversaljle est qu'à partir d'un certain endroit (qu'il ne désigne pas), des coupes du ciel équidislantes et parallèles au tableau vont en s'élargissant au perspectif vers la ligne d'horizon, au contraire de ce qui auroit lieu si la surface du ciel était plane ou convexe.
A la suite de la proposition ci- dessus, on trouve cette autre ayant pour titre: « Autre fondement encore du trait de la perspective, ensemble du fort et du faible de ses touches ou couleurs. »
Pour démontrer la première partie de sa proposition , l'auteur dans sa figure, prend une verticale DE ayant son pied D sur le plan horizontal du sujet et dans diverses positions relativement à l'œil et au tableau, ainsi il la prend derrière le tableau, sur le tableau, devant le tableau, entre le plan et l'œil et enfin devant le tableau et plus éloigné que l'œil ; et il fait voir que si cd est la perspective de CD. ou a:
ANALYSK DV. 14 PROPOSIT. SUR !.A PI RSPFXT. 457
iJD Gc DK , BD G£ BC ~ G^ "~ de' CD " C^
résultats donnés d'inie manière très-concise, mais suffisante pour bien comprendre qu'ils sont le fondement de toute la perspective, et qu'ils peuvent servir à construire les deux échelles de perspective. Car on en tire
11 faut remarquer que DE étant parallèle au tableau . la i'ormule convient également pour une horizontale, par conséquent donnera l'échelle de front; il termine en reconnaissant « que ces choses et autres semblables ont toujours été connues pour un fondement général de la pratique du trait de la perspective ; » mais quant à ce qui concerne la dégradation des teintes dans un tableau, suivant les distances auxquelles se trouvent ces objets ; il ne paroît pas qu'on y eut encore fait réflexion là dessus, en conséquence il expose très-brièvement, et cependant très-clairement, ses idées sur ce sujet : il dit : on sembloit autrefois faire dépendre la forte ou faible touche, de la grandeur ou petitesse de l'angle d'entre les rayons visuels par lesquels il advient
\29, ANALYSE ni: LA PROPOSIT. SUR 1 A PKRSPFXT.
que l'œil voit : c'est-à-dire par conséquent que le même objet devait être représenté ])ar une même teinte quelle que soit sadistancedu tableau. Desargues dit au contraire que celte teinte doit dépendre de cette distance. Pour une surface du sujet se confondant avec le tableau, il est évident que sa représentation aura la teinte du sujet ; mais si cette surface s'éloigne du tableau et, si on veut que l'impression produite dans l'œil, par sa représentation, soit la même que celle du sujet, il faut altérer cette teinte du sujet, dans la même raison que les distances du sujet et du tableau sont de l'œil, c'est-àdire présisément suivant les dégradations données par l'échelle de front , ce qui est évident ; mais il faut bien entendre que si on considère une surface blanche, ou noire, ou teinte d'une certaine couleur', sa dégradation suivant les mesures de l'échelle de front, reviendra à diminuer la teinte blanche, ou la teinte noire, ou celle colorée de manière à rapprocher ses teintes d'un ton uniforme à mesure qu'elles se rapprocheront de l'horizon.
On voit donc que cette idée est le commencement de ce qu'on a appelé depuis la perspective aérienne.