‹ Œuvres; revues sur les manuscrits originaux et les éditions les plus correctes (volume 4)Chapitre 49 sur 58 · SUR LA PERFECTION · texte numérisé non relu

SUR LA PERFECTION

jours (}ans les bornes 4' une parfaite soumission ^ to^t ce que Ton souhaitera de vous. Et pour ce' §ujet, il est à pi^opos et convenable dp vous faire çpnnoîtrp, comme par degre's , les principes cjui dqivent vous diriger, et de vous instruire de l'ordre et de }a discipline de l'Eglise. Car je crois que vous ^tes filles de l'Eglise j et par conséquent vous êtes plus capables d'en concevoir les règles, qu'il ne faut p^s que vous ignoriez.

Apprenez donc, mes Filles, aujourd'hui sa conduite , et qu'elle ne se porte pas f?icilemer\t ni légèrement à changer les personnes qui servent, par leur ministère, à 1^^ conduite des âmes, et conime il y a une subordination dans les règles qu'elle observe.

Par exemple , les prêtres sont amovibles , et les évêqvies sont perpétuels. Les prêtres dépendent et sont sous Tantorité des évêques , et ce sont les évêques qui les établissent dans les fonctions de leur ministère. Or quoique cela soit , on observe de ne les point ôter que pour des causes extraordinaires, et après avoir examiné leur conduite. l^Ioi donc , à qui Dieu a commis le soin de ce diocèse, et à qui, tout indigne que je suis, Dieu a mis cette charge sur les épaules , qui me fait gémir et soupirer à toutes les heures du jour, par la pesanteur du poids qui m'accable , estimant mes épaules trop foibles pour le pouvoir porter; moi qui me rends tous les jours, par mes péchés, digne des plu;s grands çhâtimens delà colère de Dieu. Or je reviens , et j.e dis : Si Dieu eût permis que vous eussiez un méchant évêque , il faudroit bien que vous me soullrissiez tel que je

serois; parce quêtant votre pasteur, vous êtes obligées de m'obe'ir. Je le dis de même de ceux qui vous sont donnés par notre autorité pour la conduite de vos âmes , à qui vous devez vous assujettir comme à Dieu , puisqu'ils vous sont donne's et établis et approuvés de notre autorité.

Vous me direz et me répondrez peut-êft-e que l'Eglise ne tous contraint et ne vous oblige pas à cela. Il est vrai; puisque, en quelque' façon , vous ne dépendez que de Tévêque seul. Mais que seroit-ce, mes Filles, si dans le corps humain tous les membres voulaient exercer les mêmes fonctions ? Il faut que chacun demeure à la place qui lui est convenable. Je dis le même, mes Sœurs, de la Subordination qui doit être parmi vous. Si l'obéissance n'est point gardée en cette maison, ce ne sera que confusion et un contintiel désordre; tout ira à la divisidn, et à la ruine totale de la perfection.

Savez-vous ^ mes Sœurs , d'où viennent les schismes et les hérésies dans l'Eglise? Par un commencement de division et de rébellion secrète. C'en est la un commencement que je trouve ici. Prene2-y gaïde ; car j'ai reconnu , dès le commencement de la visite, que les unes veulent trop y les autres pas assez : cela marque trop d'empressement et d'attachement à ce qui est de l'homme. Ecoutez ce que dit saint Paul au peuple de Corinthe (0 : « J'ai appris qu'il y a des » partialités entre vous; l'un d'if, Je Siiis à Pierre; » l'autre dit. Je suis à Paul, moi à Apollo, moi ^ » Céphas , et moi à Jésus-Christ. Jésu^s-Christ est-il

(«)/. Cor. I. 12, i3.

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3) donc divisé? Paul a-t-il été crucifié pour vous? » avez-vous été baptisés au nom de Paul » ? Mais saint Paul que répondit-il à ces gens-là ? leur dit-il : Laissez-moi faire , je dirai à Pierre qu'il se retire , et qu'il ne vous parle plus. Apollo , Céphas , ne vous en mêlez plus ; ne vous mettez pas en peine , je m'éloignerai moi-même, et ferai en sorte que Jésus-Christ viendra en personne vous conduire, et vous gouverner en ma place. Eh, quel discours, mes Filles ! ne sommes-nous pas tous à Jésus-Christ, et Jésus-Christ n'est-il pas pour tous ? Qu'est-ce que vous trouvez dans ce prêtre ? J'ai examiné et approuvé sa conduite : il est de bonnes mœurs, il a la charité, il est rempli de zèle, il a l'esprit et la capacité de son ministère.

Enfin on veut pousser à bout. Fera-t-on , ne fera-t-on pas ? Ah ! le voilà dit : qu'on ne m'en parle plus. Je vous déclare que je le veux et que je ne changerai point : je serai ferme, et ne me laisserai point ébranler par tout ce que vous me pourriez dire , jusqu'à ce que le Saint-Esprit me fasse counoître autre chose , et que je vous voie toutes dans une si parfaite obéissance sur ce sujet, qu'il ne reste pas la moindre répugnance ni résistance sur ce qui a été du passé. Je veux vous voir dans une parfaite soumission à mes ordres ; à moins de cela n'attendez rien autre chose de moi. Abandonnez-vous donc à moi , mes chères Filles , pour le soin de votre perfection. Je sais mieux ce qui vous est utile que vousmêmes : j'en fais mon principal , comme si je n'avois que cela à penser.

Je vous conjure, mes Filles, de vous tenir en union les unes avec les autres, par ce lien de la charité qui unit tous les cœurs en Dieu. Que je n'entende plus parler de divisions , de partialités. Que Ton ne tienne plus ces discours : L'on parle plus à celle-ci, on ne parle point à cette autre; on parle rudement à celle-ci , on parle doucement à celle-là ; on ne me traite pas comme certaines. Eh! les mi-, nistres de Dieu ne sont-ils pas à tous , et ne se font-ils pas tout à tous pour les gagner tous à Jésus-Christ? Vous vous arrêtez trop à ce qui est humain et extérieur, sans considérer la grâce intérieure qui vous est conférée par le pouvoir du caractère, qui est dans ce ministre de Jésus-Christ. Ainsi vous recevez toujours l'effet du sacrement. Que ce soit de ce monsieur-ci ou de ce monsieur-là , que vous importe ? Agissez surnaturellement, et par des vues plus spirituelles et dégagées des sens.

Croyez-moi, me» Filles, mettez-vous dans ces dispositions , et vous expérimenterez une grande paix et tranquillité d'esprit. Qu'on ne voie plus entre vous d'ambition, d'envie, de jalousie. Qu'on n'entende plus parmi vous ces plaintes si peu religieuses : On élève cette personne, on la met dans cet office, et moi je n'y suis pas. Tous sont-ils propres à une même charge; et, comme dit saint Paul (0, « tous » sont -ils docteurs, tous sont-ils prophètes», tous sont-ils capables d'un même emploi ? Mais la vertu est utile à tous, et tous sont obligés de se rendre capables de la pratiquer. C'est pourquoi dilatez, dilatez vos cœurs par la charité; n'ayez point des

(0 /. Coç. \u. ag.

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