DE MARIE-THÉRÈSE ©'AUTRICHE
connois cette modestie, cette paix, ce recueillement que nous lui voyions devant les autels, qui inspiroit du respect pour Dieu et pour elle : Dieu ajoute à ces saintes dispositions le transport d'une joie céleste. La mort ne l'a point change'e , si ce n'est qu'une immortelle beauté a pris la place d'une beauté changeante et mortelle. Cette éclatante blancheur, symbole de son innocence et de la candeur de son ame, n'a fait, pour ainsi parler, que passer au dedans, où. nous la voyons rehaussée d'une lumière divine. « Elle marche avec l'Agneau, car elle en est di- » gne (0 ». La sincérité de son cœur, sans dissimulation et sans artifice , la range au nombre de ceux dont saint Jean a dit, dans les paroles qui précèdent celles de mon texte , que « le mensonge ne s'est point » trouvé en leur bouche (2) , » ni aucun déguisement dans leur conduite ; « ce qui fait qu'on les voit » sans tache devant le trône de Dieu » : Sine macula enitn sunt ante thronum Dei. En effet , elle est sans reproche devant Dieu et devant les hommes : la médisance ne peut attaquer aucun endroit de sa vie depuis son enfance jusqu'à sa mort ; et une gloire si pure, une si belle réputation est un parfum précieux qui réjouit le ciel et la terre.
- Monseigneur, ouvTez les yeux à ce grand spectacle. Pouvois-je mieux essuyer vos larmes, celles des princes qui vous environnent, et de cette auguste assemblée , qu'en vous faisant voir au milieu de cette troupe resplendissante , et dans cet état
0) Apoc. III. 4.
(*) In ore eoram non est mventtim mendacium : sine macula enim sunt antc throoiun Dei. Ibid. x.iy. 5.
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glorieux, une mère si che'rie et si regrettée? Louis même, dont la constance ne peut vaincre ses justes douleurs , les trouveroit plus traitables dans cette pensée. Mais ce qui doit être votre unique consolation , doit aussi , Monseigneur , être votre exemple ; et ravi de l'éclat immortel d'une vie toujours si réglée, et toujours si irréprochable, vous devez en faii e passer toute la beauté dans la vôtre.
Qu'il est rare, chrétiens, qu'il est rare encore une fois , de trouver cette pureté parmi les hommes ! mais surtout, qu'il est rare de la trouver parmi les grands ! « Ceux que vous voyez revêtus d'une robe M blanche, ceux-là, dit saint Jean (0, viennent d'une 3) grande affliction », de tribulatione magna; afin que nous entendions que cette divine blancheur se forme ordinairement sous la croix, et rarement dans l'éclat , trop plein de tentation , des grandeurs humaines. I
Et toutefois il est vrai , Messieurs , que Dieu , par un miracle de sa grâce , se plaît à choisir parmi les rois, de ces âmes pures. Tel a été saint Louis, toujours pur et toujours saint dès son enfance ; et Marie- Thérèse sa fille a eu de lui ce bel héritage.
Entrons , Messieurs , dans les desseins de la Providence, et admirons les bontés de Dieu, qui se répandent sur nous et sur tous les peuples dans la prédestination de cette Princesse. Dieu l'a élevée au faîte des grandeurs humaines, afin de rendre la pureté et la perpétuelle régularité de sa vie plus écla*» tante et plus exemplaire. Ainsi sa vie et sa mort,
(') Ht qui amicti sunt stolis albis ,... hi sunt qui yeneruut de tribulatione magna. Apoc. vu. i3, 14.
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également pleines de sainteté et de grâce, deviennent l'instruction du genre humain. Notre siècle n'en pouvoit recevoir de plus parfaite, parce qu'il ne voyoit nulle part dans une si haute élévation une pareille pureté. C'est ce rare et merveilleux assemblage que nous aurons à considérer dans les deux parties de ce discours. Voici en peu de mots ce que j*ai à dire de la plus pieuse des reines , et tel est le digne abrégé de son éloge : Il n'y a rien que d'auguste dans sa personne, il n'y a rien que de pur dans sa vie. Accourez , peuples : venez contempler dans la première place du monde la rare et majestueuse beauté d'une vertu toujours constante. Dans une vie si égale, il n'importe pas à cette Princesse où la mort frappe; on n'y voit point d'endroit foible par oii elle pût craindre d'être surprise * toujours vigilante, toujours attentive à Dieu et à son salut, sa mort si précipitée, et si effroyable pour nous, n'avoit rien de dangereux pour elle. Ainsi son élévation ne servira qu'à faire voir à tout l'univers , comme du lieu le plus éminent qu'on découvre dans son enceinte, cette importante vérité : qu'il n'y a rien de solide ni de vraiment grand parmi les hommes , que d'éviter le péché; et que la seule précaution contre les attaques de la mort, c'est l'innocence de la vie. C'est, Messieurs , l'instruction que nous donne dans ce tombeau, ou plutôt du plus haut des cieux, trèshaute , très-excellente , très-puissante , et très-chrétienne princesse Marie - Thérèse d'Autriche, Infamie d'Espagne, Reine de France et de Navarre.
Je n'ai pas besoin de vous dire que c'est Dieu qui
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donne les grandes naissances , les grands mariages, les enfans , la postérité. C'est lui qui dit à Abraham ( 0 : « Les rois sortiront de vous » , et qui fait dire par son prophète à David (2) : « Le Seigneur vous fera » une maison ». « Dieu qui d'un seul homme a » voulu former tout le genre humain , comme dit » saint Paul (3), et de cette source commune le ré- » pandre sur toute la face de la terre », en a vu et prédestiné dès l'éternité les alliances et les divisions, « marquant les temps, poursuit-il, et donnant » des bornes à la demeure des peuples » , et enfin un cours réglé à toutes ces choses. C'est donc Dieu qui a voulu élever la Reine par une auguste naissance à un auguste mariage , afin que nous la vissions honorée au-dessus de toutes les femmes de son siècle, pour avoir été chérie, estimée, et trop tôt, hélas! regrettée par le plus grand de tous les hommes.
Que je méprise ces philosophes , qui , mesurant les conseils de Dieu à leurs pensées , ne le font auteur que d'un certain ordre général d'où le reste se développe comme il peut ! Comme s'il avoit à notre manière des vues générales et confuses, et comme si la souveraine Intelligence pouvoit ne pas comprendre dans ses desseins les choses particulières , qui seules subsistent véritablement. N'en doutons pas, chrétiens; Dieu a préparé dans son conseil éternel les premières familles qui sont la source des
(') Reges ex te egredientur. Gen. xvii. 6.
^») Praedicit tibi Dominus, quod domum faciat tibi Dominus. //. Reg. vu. n.
(') Deus.... quifecit ex uno omne genus hominum inhabitare super universam faciem terrae , deGniens statuta tempora , et termiaos Iiabitationis eorum. Acfisu. 34 7 26.
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nations, et dans toutes les nations les qualités dominantes qui en dévoient faire la fortune. Il a aussi ordonne' dans les nations les familles particulières dont elles sont composées; mais principalement celles qui dévoient gouverner ces nations, et en particulier, dans ces familles , tous les hommes par lesquels elles dévoient ou s'élever, ou se soutenir, ou s'abattre.
C'est par la suite de ces conseils que Dieu a fait naître les deux puissantes maisons d'où la Reine devoit sortir; celle de France et celle d'Autriche, dont il se sert pour balancer les choses humaines : jusqu'à quel degré et jusqu'à quel temps? il le sait, et nous l'ignorons.
On remarque dans l'Ecriture que Dieu donne aux maisons royales certains caractères propres; comme celui que les Syriens , quoique ennemis des rois d'Israël, leur attribuoient par ces paroles : « Nous avons appris que les rois de la maison d'Is- » raël sont démens (O ».
Je n'examinerai pas les caractères particuliers qu'on a donnés aux maisons de France et d'Autriche; et sans dire que l'on redoutoit davantage les conseils de celle d'Autriche , ni qu'on trouvoit quelque chose de plus vigoureux dans les armes et dans le courage de celle de France ; maintenant que par une grâce particulière ces deux caractères se réunissent visiblement en notre faveur, je remarquerai seulement ce qui faisoit la joie de la Reine; c'est
(0 Ecce audivimus quod reges domûs Israël clémentes sint. m. HeQ. XX. il.
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que Dieu avoit donné à ces deux maisons , d'oïl elle est sortie , la piété en partage ; de sorte que sanctifiée, qu'on m'entende bien, c'est-à-dire, consacrée à la sainteté par sa naissance , selon la doctrine de saint PauKO, elle disoit avec cet apôtre : « Dieu, » que ma famille a toujours servi, et à qui je suis » dédiée par mes ancêtres » : Deus cui servio à progenitoribus (2).
Que s'il faut venir au particulier de l'auguste maison d'Autriche, que peut -on voir de plus illustre que sa descendance immédiate 5 où , durant l'espace de quatre cents ans , on ne trouve que des rois et des empereurs , et une si grande affluence de maisons royales , avec tant d'Etats et tant de royaumes, qu'on a prévu, il y a long-temps, qu'elle en seroit surchargée?
Qu'est-il besoin de parler de la très - chrétienne maison de France, qui, par sa noble constitution, est incapable d'être assujettie à une famille étrangère; qui est toujours dominante dans son chefj qui, seule dans tout l'univers et dans tous les siècles, se voit après sept cents ans d'une royauté établie, ( sans compter ce que la grandeur d'une si haute origine fait trouver ou imaginer aux curieux observateurs des antiquités ) seule , dis-je , se voit après tant de siècles encore dans sa force et dans sa fleur, et toujours en possession du royaume le plus illustre qui fut jamais sous le soleil, et devant Dieu, et devant les hommes : devant.Dieu, d'une pureté mal-
(0 Filii vcstri.... sancti sunt. /. Cor. vu. 14. W //. Tim. i. 3.
térable
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térable dans la foi; et devant les hommes, d'une si grande dignité, qu'il a pu perdre l'empire sans perdre sa gloire ni son rang?
La Reine a eu part à cette grandeur, non-seulement par la riche et fière maison de Bourgogne, mais encore par Isabelle de France, sa mère, digne fille de Henri le Grand , et de l'aveu de l'Espagne , la meilleure Reine, comme la plus regrettée, qu'elle eut jamais vue sur le trône : triste rapport de cette Princesse avec la Reine sa fille : elle avoit à peine quarante-deux ans quand l'Espagne la pleura; et pour notre malheur la vie de Marie -Thérèse n'a guère eu un plus long cours. Mais la sage, la courageuse et la pieuse Isabelle devoit une partie de sa gloire aux malheurs de l'Espagne, dont on sajt qu'elle trouva le remède par un zèle et par des conseils qui ranimèrent les grands et les peuples, et, si on le peut dire, le Roi même. Ne nous plaignons pas, chrétiens, de ce que la Reine sa fille, dans un état plus tranquille , donne aussi un sujet moins vif à nos discours, et contentons-nous de penser que dans des occasions aussi malheureuses , dont Dieu nous a préservés, nous y eussions pu trouver les mêmes ressources.
Avec quelle application et quelle tendresse Philippe IV son père ne l'avoit-il pas élevée ? On la regardoit en Espagne non pas comme une Infante, mais comme un Infant ; car c'est ainsi qu'on y appelle la Princesse qu'on reconnoît comme héritière de tant de royaumes. Dans cette vue on approcha d'elle tout ce que l'Espagne avoit de plus vertueux et de plus habile. Elle se vit, pour ainsi parler, dès
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son enfance toute environnée de vertu ; et on voyoit paroître en cette jeune Princesse plus de belles qualités qu'elle n'attendoit de couronnes. Philippe l'élève ainsi pour ses Etats; Dieu qui nous aime la destine à Louis.
Cessez , princes et potentats , de troubler par vos prétentions le projet de ce mariage. Que l'amour, qui semble aussi le vouloir troubler, cède lui-même. L'amour peut bien remuer le cœur des héros du monde; il peut bien y soulever des tempêtes et y exciter des mouvemens qui fassent trembler les politiques , et qui donnent des espérances aux insensés : mais il y a des âmes d'un ordre supérieur à ses lois, à qui il ne peut inspirer des sentimens indignes de leur rang. H y a des mesures prises dans le ciel qu'il ne peut rompre; et l'Infante, non-seulement par son auguste naissance , mais encore par sa vertu et par sa réputation , est seule digne de Louis.
C'étoit « la femme prudente qui est donnée pro- » prement par le Seigneur», comme dit le SageCO. Pourquoi « donnée proprement par le Seigneur », puisque c'est le Seigneur qui donne tout ? et quel est ce merveilleux avantage , qui mérite d'être attribué d'une façon si particulière à la divine bonté? Il ne faut, pour l'entendre, que considérer ce que peut dans les maisons la prudence tempérée d'une femme sage pour les soutenir , pour y faire fleurir dans la piété la véritable sagesse, et pour calmer des passions violentes qu'une résistance emportée ne feroit qu'aigrir.
Ile pacifique où. se doivent terminer les différends
([•) A Domiao propriè uxor prudens. Pro^'. xix. 14.
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de deux grands empires à qui tu sers de limites : île éternellement mémorable par les conférences de deux grands ministres, oiî l'on vit développer toutes les adresses et tous les secrets d'une politique si différente ; où l'un se donnoit du poids par sa lenteur, et l'autre prenoit l'ascendant par sa pénétration : auguste journée, où deux fières nations long-temps ennemies, et alors réconciliées par Marie-Thérèse, s'avancent sur leurs confins , leurs rois à leur tête , non plus pour se combattre, mais pour s'embrasser; où ces deux Rois, avec leur Cour, d'une grandeur, d'une politesse, et d'une magnificence aussi bien que d'une conduite si différente, furent l'un à l'autre et à tout l'univers un si grand spectacle : fêtes sacrées, mariage fortuné , voile riuptial , bénédiction , sacrifice, puis-je mêler aujourd'hui vos cérémonies et vos pompes avec ces pompes funèbres , et le comble des grandeurs avec leurs ruines? Alors l'Espagne perdit ce que nous gagnions : maintenant nous perdons tout les uns et les autres; et Marie -Thérèse périt pour toute la terre. L'Espagne pleuroit seule : maintenant que la France et l'Espagne mêlent leurs larmes, et en versent des torrens, qui pourroit les arrêter? Mais si l'Espagne pleuroit son Infante qu'elle voyoit monter sur le trône le plus glorieux de l'univers , quels seront nos gémissemens à la vue de ce tombeau, où tous ensemble nous ne voyons plus que l'inévitable néant des grandeurs humaines? Taisonsnous ; ce n'est pas des larmes que je veux tirer de vos yeux. Je pose les fondemensdes instructions que je veux graver dans vos cœurs : aussi bien la vanité des choses humaines, tant de fois étalée dans cette
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chaire, ne se montre que trop d'elle-même sans le secours de ma voix , dans ce sceptre si tôt tombé d'une si royale main, et dans une si haute majesté si promptement dissipée.
Mais ce qui en faisoit le plus grand éclat n'a pas encore paru. Une Reine si grande par tant de titres, le devenoit tous les jours par les grandes actions du Roi et par le continuel accroissement de sa gloire. Sous lui la France a appris à se connoître. Elle se trouve des forces que les siècles précédens ne savoient pas. L'ordre et la discipline militaire s'augmentent avec les armées. Si les Français peuvent tout, c'est que leur Roi est partout leur capitaine ; et après qu'il a choisi l'endroit principal qu'il doit animer par sa valeur , il agit de tous côtés par l'impression de sa vertu.
Jamais on n'a fait la guerre avec une force plus inévitable , puisqu'en méprisant les saisons , il a ôté jusqu'à la défense à ses ennemis. Les soldats , ménagés et exposés quand il faut, marchent avec confiance sous ses étendards : nul fleuve ne les arrête , nulle forteresse ne les effraie. On sait que Louis foudroie les villes plutôt qu'il ne les assiège; et tout est ouvert à sa puissance.
Les politiques ne se mêlent plus de deviner ses desseins. Quand il marche , tout se croit également menacé : un voyage tranquille devient tout-à-coup une expédition redoutable à ses ennemis. Gand tombe avant qu'on pense à le munir : Louis y vient par de longs détours; et la Reine, qui l'accompagne au cœur de l'hiver , joint au plaisir de le suivre celui de servir sea'ètement à ses desseins.
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Par les soins d'un si grand Roi , la France entière n'est plus, pour ainsi parler, qu'une seule forteresse qui montre de tous côtés un front redoutable. Couverte de toutes parts, elle est capable de tenLr la paix avec sûreté dans son sein j mais aussi de porter la guerre partout où il faut , et de frapper de près et de loin avec une égale force. Nos ennemis le savent bien dire ; et nos alliés ont ressenti , dans le plus grand éloignement, combien la inain de Louis étoit secourable.*
Avant lui, la France, presque sans vaisseaux, tenoit en vain aux deux mers : maintenant on les voit couvertes, depuis le levant jusqu'au couchant, de nos flottes victorieuses; et la hardiesse française porte partout la terreur avec le nom de Louis. Tu céderas, ou tu tomberas sous ce vainqueur, Alger, riche des dépouilles de la chrétienté. Tu disois en ton cœur avare : Je tiens la mer sous mes lois , et les nations sont ma proie. La légèreté de tes vaisseaux te donnoit de la confiance : mais tu te verras attaqué dans tes murailles, comme un oiseau ravissant qu'on iroit chercher parmi ses rochers et dans son nid , où il partage son butin à ses petits. Tu rends déjà tes esclaves. Louis a brisé les fers dont tu accablois ses sujets , qui sont nés pour être libres sous son glorieux empire. Tes maisons ne sont plus qu'un amas de pierres. Dans ta brutale fureur tu te tournes contre toi-même , et tu ne sais comment assouvir ta rage impuissante. Mais nous verrons la fin de tes brigandages. Les pilotes étonnés s'écrient par avance : « Qui » est sembliible à Tyr ? et toutefois elle s'est tue dans
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3) le milieu de la mer (0 » ; et la navigation va être assurée par les armes de Louis.
- L'éloquence s'est épuisée à louer la sagesse de ses lois et l'ordre de ses finances. Que n'a-t-on pas dit de sa fermeté, à laquelle nous voyons céder jusqu'à la fureur des duels ? La sévère justice de Louis , jointe à ses inclinations bienfaisantes , fait aimer à la France l'autorité sous laquelle heureusement réunie elle est tranquille et victorieuse. Qui veut entendre combien la raison préside dans les conseils de ce Prince, n'a qu'à prêter l'oreille quand il lui plaît d'en expliquer les motifs. Je pourrois ici prendre à témoin 1 les sages ministres des Cours étrangères , qui le trouvent aussi convaincant dans ses discours que redoutable par ses armes. La noblesse de ses expressions vient de celle de ses sentimens , et ses paroles précises sont l'image de la justesse qui règne dans ses pensées. Pendant qu'il parle avec tant de force, une douceur surprenante lui ouvre les cœurs , et donne , je ne sais comment , un nouvel éclat à la majesté qu'elle 1 tempère. j = N'oublions pas ce qui faisoit la joie de la Reine. ' Louis est le rempart de la religion : c'est à la religion qu'il fait servir ses armes redoutées par mer et par terre. Mais songeons qu'il ne l'établit partout au dehors, que parce qu'il la fait régner au dedans et au milieu de son cœur. C'est là qu'il abat des ennemis plus terribles que ceux que tant de puissances, jalouses de sa grandeur, et l'Europe entière pour-
C«) Quae est ut Tyrus, quœ obmuluit in medio maris ? Ezech.