‹ Œuvres; revues sur les manuscrits originaux et les éditions les plus correctesChapitre 14 sur 321 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

M, Simon, en soutenant que l'Eglise ancienne a cru la nécessite' absolue de l'eucharistie , favorise des hérétiques manifestes , condamnés par deux conciles œcuméniques, premièrement par celui de Baie, et ensuite par celui de Trente.

Voila donc l'erreur manifeste de M. Simon, d'admettre , comme certain , un fait qui renverse le fondement et l'infaillibilité de l'Eglise ; mais S£^

(0 Lib. m. testim. aS W P. 287. — (3) f>. 610.

ET DES SAINTS PERES, LIV. I. ^l

faute n'est pas moins grande, en ce que, dans un article particulier, il donne gain de cause h des hére'tiques, qui ont été réprouvés par le concile de Bâle.

On sait avec quelle obstination les Bohémiens soutenoient la nécessité de communier les petits enfans. Ils se fondoient sur ce passage de saint Jean VI : et ils soutenoient que saint Augustin et toute l'Eglise ancienne l'avoient entendu comme eux (0. C'est ce que le concile de Bâle ne put souffrir ; et , dans l'accord qui fut fait avec eux par les légats de ce concile , on les obligea expressément à se départir de la communion des enfans. Ils y revenoient pourtant toujours , et ce concile , en ce point , approuvé de toute l'Eglise et du pape même , ne cessoit de s'y opposer , parce que l'Eglise n'entendoit point que la communion des enfans fût autorisée comme nécessaire. Mais aujourd'hui M. Simon vient soutenir ces hérétiques et condamner le concile ; puisqu'il assure que les hérétiques suivoient l'ancienne doctrine , et que le concile et toute l'Eglise s'y opposoit.

On voit donc déjà un concile oecuménique qui condamne M. Simon : c'est le concile de Bâle dans les actes qu'il a passés avec une pleine autorité, du consentement du pape; car l'accord dont il a été parlé, est de l'an i^^^ , durant les premières sessions qui ont été, comme on sait, autorisées par Eugène IV ; et depuis même les contestations , ce pape a toujours maintenu l'accord , qui n*a jamais souffert aucune atteinte.

C) ^n. Sylf. HUt. Bofiem.

Mais si M. Simon a ignoré la décision du concile de Bâle, il n'a pas du ignorer celle du concile de Trente, qui, en parlant de la coutume ancienne de donner la communion aux petits enfans, décide en termes formels, que comme les Pères ont eu de bonnes raisons défaire ce qiiils ont fait y aussi faut- il croire sans aucun doute qu'ils ne l'ont fait par aucune nécessité de salut (0 : ce qui se trouvera faux, si la nécessité de salut, égale dans l'eucharistie et dans le baptême , a été le londement de leur pratique, ainsi que le soutient M. Simon. Sa critique est donc opposée à celle de deux conciles œcuméniques, et expressément condamnée par celui de Trente, à quoi il n'y a autre réponse à faire pour lui, sinon que ce n'est pas ici le seul endroit où il méprise l'autorité des plus grands conciles.

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