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CHAPITRE XII

Passages des Papes et des Pères qui établissent la nécessite' de V eucharistie en termes aussi Jorts que saint Augustiri : Erreur inexcusable de M. Simon qui accuse ce saint de s'être trompé dans un article qui , de son aveu, lui étoit commun avec toute l'Eglise de son temps.

Quant à la preuve de l'eucharistie, le dessein de l'affoiblir se trouve uni avec celui de montrer que dans le temps de saint Augustin , et lui et toute l'Eglise étoient dans l'erreur. La raison en est évidente. On fonde cette erreur de saint Augustin sur la manière dont il parle contre les pélagiens, de la nécessité de l'eucharistie , appuyée sur ce passage de saint Jean : iS* vous ne mangez la chair du Fils de T homme et ne hu\>ez son sang, vous n aurez point la vie en vous (0. Or cette preuve n'est pas seulement de saint Augustin , mais encore du pape saint Innocent (2), dans sa réponse au

(i) Joan. VI. 54. — W Epist. ad Cône. Mileu.

concile de Milève, que toute l'Eglise a rangée dans ses canons; et elle est encore du pape saint Gélase (0, dans sa lettre aux évêques de la province, qu'on appeloit Picène en Italie. Elle est donc si clairement du saint Siège, que saint Augustin ne craint point de dire, dans son épître à saint Paulin (2) , que ceux qui la rejettent malgré la décision du pape saint Innocent, s'élèyent contre Y autorité du Siège apostolique ; et il montre ailleurs (5) que le décret de ce Siège , par où cette preuve est établie, est si inviolable, que Célestius même, un autre Pelage, a été obligé de s'y soumettre. On ne peut donc pas nier que cette preuve ne soit celle du saint Siège et de toute l'Eglise catholique. Elle est encore celle des autres Pères , contemporains de saint Augustin ; entr autres de Mercator (4) , ce grand adversaire de l'hérésie pélagienne , et d'Eusèbe , évêque de l'Eglise gallicane i?) , dont on a publié les homélies, sous le nom d'Eusèbe, évêque d'Emèse. Pour joindre les Grecs aux Latins, elle est encore de saint Isidore de Damiette (6), qui prouve ensemble la nécessité du baptême et de l'eucharistie , par ces deux passages : Si vous ne mangez, etc. j et si vous ne renaissez, etc. Ef afin qu'on ne pense pas que cette doctrine soit nouvelle , on la trouve dans saint Cyprien , aussi clairement que dans les Pères qui l'ont suivi.

Je rapporterois ces autorités, si le fait n'étoit

(») Ad Episc. perPic. — ('} Ep. i86. aKàs 106. ad Paulin, c.viii. n. a8. — C' Lib. 11. ad Bonif. c. iv. — C^) F'ide Mar. Merc. Edit. Garn. sub. not. inscr. Jid. c. 8. n. 4. p- 53. — ■.^) Euseb. Ep. Gall. Hom. 5. t 5. Bibl. SS. PP. — v^) Lib. 11. Epiât. 5a.

4o DÉFENSE DE LA TRADITION

avoué par notre auteur (0 , qui reconnoît que si saint Augustin a établi la nécessité de V eucharistie , égale à celle du baptême, cétoit en suivant la créance de son temps C"^). Afin qu'on n'en doute pas , il répète encore , que toute l'antiquité a inféré de ce passage ( de saint Jean , vi. ) la nécessité de donner actuellement l'eucharistie , aussi bien que le baptême (^). Mais ce n'est pas le langage d'un homme qui veut défendre la tradition de l'Eglise : c'est 'au contraire le langage d'un homme qui a entrepris de la détruire ; et qui veut faire conclure aux protestans , que si l'Eglise s'est trompée dans la créance qu'elle avoit de la nécessité de l'eucharistie, et est aujourd'hui obligée de se dédire, elle peut aussi bien s'être trompée , non - seulement sur la nécessité du baptême, mais encore sur toutes les autres parties de sa doctrine , n'y ayant aucune yaison de la rendre plus infaillible dans une partie de la doctrine révélée de Dieu, que dans l'autre.

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