‹ Œuvres; revues sur les manuscrits originaux et les éditions les plus correctesChapitre 146 sur 321 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Deux erreurs de M. Simon sur le pèche originel : première erreur, que par ce péché il faut entendre le mort et les autres peines : Grotius auteur, et M. Simon défenseur de cette hérésie: ce dernier excuse Théodore de Mopsueste, et insinue que saint Augustin expliquait le péché originel d'une manière particulière.

Pour proce'der maintenant à la de'couverte des erreurs particulières de M. Simon, j'en trouve deux sur le pe'che' originel, l'une qu'il en change l'ide'e, l'autre qu'il en ruine la preuve.

Sur le premier point, il faut savoir qu'il se re'pand une opinion parmi les critiques modernes , que le pe'ché originel n'est pas ce qu'on pense : que saint Augustin, et après lui les occidentaux, l'ont pousse' trop loin : que les Grecs et saint Ciirysostome l'ont mieux entendu, en expliquant ( ce sont les paroles de M. Simon (0 ) plutôt de la peine due au péché, c est- à-dire^ de la mort, que- du péché même , ces paroles de saint Paul : Le péché est

EKTRÉ DANS LE MOADE PAR Vy SEUL HOMME Ct Ic

reste.

La proposition ainsi e'nonce'e , est formellement

condamne'e par ces paroles du concile de Trente C^) :

Si quelqu'un dit quAdam , par sa désobéissance ,

ait transmis dans le genre humain la mort seule-

(•) P. 171. — W Sess. V. can. ii.

nient et les autres peines du corps , et non pas le péché , qui est la mort de Tanie, qiiil soit anathême : ce qui est répété de mot à mot du second concile d'Orange (0. M. Simon, qui allègue ici saint Chrysostôme, ne fait autre chose que chercher, selon sa coutume , à interrompre la suite de la tradition , et à trouver dans les Pères, et dans ce Père comme dans les autres , les plus grossières erreurs. Cette nouvelle doctrine sur le péché originel a pour principal auteur dans ce siècle Grotius (2), qui Ta prise des sociniens , et pour principal défenseur, même de nos jours, M. Simon, qui rapporte soigneusement le sentiment de Grotius en un endroit, et l'insinue , ou plutôt l'établit manifestement dans les autres : premièrement en l'attribuant, comme on vient de voir, à un auteur aussi grave que saint Chrysostôme , à l'exemple du même Grotius (3) j en second lieu , et plus clairement, lorsque, selon sa coutume , prenant en main la défense de Théodore de Mopsueste , que les anciens ont regardé comme le premier maître de Pelage , il en parle ainsi (4) : Ces paroles ( de Théodore) semblent insinuer qu'il ait nié absolument le péché originel : peul-êln'e nattaquoit-il que la manière dont saint Augustin Vexpliquoil j, qui lui par ois s oit nouvelle , aussi bien que les preuves de V Ecriture sur lesquelles il se fondoit. Il faut toujours que saint Augustin porte la peine de tout, il n'y a point d'hérétique qu'on n'entreprenne de justifier à ses dépens. On suppose que ce saint docteur a fait deux fautes sur le péché origi-

(') Cnp, ir. — (') In Epist. ad Rom, v. 12 et serj. p. 8ii. — (3) In Jiom.Ibld.— A)P.W^.

ET DES SAINTS PÈUES, LIV. VII. Syi

nel : l'une , de l'expliquer d'une manicre particulière; l'autre, de l'appuyer par des preuves que The'odore , aussi bien que les autres Grecs , ont trouvées nouvelles. Mais sous le nom de saint Augustin , c'est l'Eglise qui est attaque'e ; puisque ni ce Père n'a rien dit sur ce pe'clie' que l'Eglise n'ait dit avec lui, ni il n'a employé' pour l'e'tablir, d'autres preuves que celles qu'elle a formellement adoptées. Nous allons parler du premier dans le chapitre XI, et nous parlerons de l'autre dans les chapitres suivans.

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