CHAPITRE XIII
Quatre conciles universellement approuvés , et entre autres celui de Trente , ont décidé sous peine d'anathéme, que dans le passage de saint Paul, Rom. v. 12, il faut traduire in quo, et non pas quatenus. M. Simon méprise ouvertement l'autorité de ces conciles.
Le premier est celui de Milève, où soixante évêques rapportent ce passage selon la Vulgate , et n'allèguent que celui - là dans leur lettre synodique à saint Innocent , avec un autre de même sens du même saint Paul , ce qui montre qu'ils en faisoient le principal fondement de la condamnation des pélagicns.
he second concile est celui de Carthage ou d'Afrique, de deux cent quatorze évéques , qui , dans le chapitre deux , après avoir établi la foi du pe'ché originel sur le baptême des enfans, anathe'matise les contredisans; à cause ^ dit-il, çu il ne JaiU pas entendre autrement ce que dit l'apotre : le péché est entré dans le monde par un seul homme — en qui tous ont péché : in qco om>es peccaverunt, que comme l'Eglise catholique répandue par toute la terre l'a toujours entendu^ où. le concile, en suivant la version qu'on veut contester , dit deux choses : premièrement , que le sens qu'il donne à ce passage n'est pas seulement le véritable , mais encore celui qui a toujours été reçu dans l'Eglise universelle ; secondement , que pour cela même il n'est pas permis de ne le pas suivre, à moins qu'on ne dise en même temps qu'il est permis de s'opposer à l'intelligence constante et perpétuelle de toute l'Eglise.
Le troisième concile est celui d'Orange II, qui, dans une semblable décision (0, allègue pour tout fondement le même passage entendu de la même sorte , traduit de la même sorte.
Le quatrième, est le concile œcuménique de Trente (2), qui répète de mot à mot les décrets de ces deux derniers conciles, et par deux fois le passage dont il s'agit , comme le fondement de sa décision; en déclarant, dans les mêmes termes du concile d'Afrique, que l'Eghse catholique l'a toujours entendu ainsi , et qu'il ne faut pas , c'est-àdire, qu'il n'est pas permis de l'entendre autrement.
Mais M. Simon ne craint pas d'éluder cette explication, et formellement l'autorité de ces conciles,
(0 Cap. II W Sess. Y. s. II.
SqB défekse de la tuadition
sur ces mots en qui tous oj\t vécue. Cornélius a Lapide , dit-il (0, traite a fond du péché originel , opposant h ceux qui croient quon ne le peut pas prouver efficacement de ce passage j le concile de Mileue et celui de Trente; mais il ny a pas d'apparence que ces deux conciles aient voulu condam ner les plus doctes Pères qui l'ont entendu autrement. Ainsi l'autorité de ces deux conciles, dont l'un est œcuménique et l'autre de même valeur , et de deux autres qu'on vient de voir, également approuvés , ne fait rien à M. Simon : il n'y aura plus qu'à rapporter quelques passages des Pères, pour conclure que les conciles qui auront plus précisément examiné la matière, ne sont rien. On en sera quitte pour dire, quil nj a pas d'apparence qiion ait voulu condamner les plus doctes Pères. Voilà un beau champ ouvert aux hérétiques, et sur ce pied ils n'auront guère à se mettre en peine des décisions de l'Eglise.