CHAPITRE XIX
L'interprétation de saint Augustin et de l'Eglise catholique s'établit parla suite des paroles de saint Paul. Démonstration par deux conséquences du texte que saint Augustin a remarquées : première conséquence.
C'est ici une occasion nécessaire de faire sentir aux lecteurs combien sont vaines dans le fond les difficultés que les altercations des critiques mal intentionnés et les grands noms des saints Pères, qu'on y interpose , font paroître si embarrassantes. Tout se démêle par un seul principe de la dernière évidence ; c'est que l'apôtre s'est proposé dans le chapitre v de l'épître aux Romains , de comparer Je-
4o8 DÉFENSE DE LA TRADITION
SUS -Christ comme principe de notre justice et de notre salut , avec Adam comme principe de notre péché et de notre perte; d'où saint Augustin tire d'abord en divers endroits deux conséquences contre les explic'Utions des pélagiens (0 : la première , que Jésus-Christ nous étant proposé comme celui qui nous profite, non-seulement par son exemple, mais encore en nous communiquant intérieurement sa justice, Adam nous est aussi proposé comme celui qui nous a perdus, non point par l'exemple seulement, ainsi que le prétendoient les pélagiens , mais par la communication actuelle et véritable de son péché; en sorte que nous soyons faits aussi véritablement pécheurs par la désobéissance d'Adam, que nous sommes faits justes par V obéissance de Jésus-Christ (2)^ qui est la proposition oîi aboutit manifestement le raisonnement de saint Paul.