‹ Œuvres; revues sur les manuscrits originaux et les éditions les plus correctesChapitre 163 sur 321 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Second principe de saint Augustin : le témoignage de l'Eglise d^ Occident suffit pour établir la saine doctrine.

Le second principe de saint Augustin : quand par abondance de droit , on voudra entrer dans cette discussion particulière , il y a de quoi se contenter du témoignage de l'Eglise d'Occident. Car sans encore pre'supposer dans cette Eglise aucune prérogative qui la rende plus croyable, c'est assez à saint Augustin qu'il fût certain que les Orientaux étaient chrétiens j qu'il ri y eût quunefoi dans toute la terre, et que cette foi étoit la foi chrétienne (0; d'où ce Père concluoit (2) que cette partie du monde devoit suffire à Julien pour le convaincre : non qu'il fallût me'priser les Grecs, mais parce qu'on ne pouvoit pre'supposer qu'ils eussent une autre foi que les Latins, sans de'truire l'Eglise en la divisant.

Cependant saint Augustin insinuoit le manifeste avantage de l'Eglise latine. Pelage même avoit loué la foi romaine qu'il reconnoissoit et louoit, principalement dans saint Ambroise, in cujus prœcipue libris romana elucet fides {^) . Le même Pelage avoit promis, dans sa profession de foi , de se soumettre à saint Innocent qui gardoit la foi, comme il occupoit le siège de saint Pierre : Qui Pétri fide ni et sedem tenet (4). Célestius et Julien même s'étoient

(0 Cont. Jul. lib. I. c. IV. /i. i4.> (î) IbiJ. «. ,3. — (î) Cent. Jal. L 1. c. vn. n. 3o (4, Garn. diss. v. p. Sog.

soumis à ce siège. Saint Augustin avoit donc raison de lui en recommander la dignité en cette sorte (0 : Je crois que cette partie du monde vous doit suffira, ou Dieu a voulu couronner d'un glorieux martyre le premier de ses apôtres. C'étoit l'honneur de l'Occident d'avoir à sa tête et dans son enceinte , ce premier siège du monde. Saint Augustin ne manquoit pas de faire valoir en cette occasion cette primauté, lorsque citant, après tous les Pères, le pape saint Innocent , il remarquoit que s'il étoit le dernier en âge, il étoitle premier par sa place , posterior TEMPORE , PRioR Loco (2). Lc premier, par conséquent, en autorité. C'est pourquoi, dans la suite, récapitulant ce qu'il avoit dit (5) , ii le met à la tête de tous les Pères qu'il avoit cités; à la tête, dis-je, de saint Cyprien, de saint Basile, de saint Grégoire de Nazianze, de saint Hilaire et de saint Ambroise, sans nommer les autres qui étoient compris dans ceux-ci. Il tiroit donc de tout cela une raison particulière pour obliger Julien à se contenter de l'Occident ; et pour montrer qu'il n'y avoit plus à consulter l'Orient , il concluoit en cette sorte (4) : Qu est-ce que ce saint homme (le pape Innocent), eût pu répondre aux conciles d' Afrique , si ce nest ce que le saint Siège apostolique et T Eglise romaine tiennent de tout temps a^ec toutes les autres ? C'est donc le second principe de saint Augustin, que l'autorité de l'Occident étoit plus que suffisante pour autoriser un dogme de foi.

(') Cont. Jul. 1. 1. c. IV. n. i3. — W Ibid. — (3) /J/J. c. vi. n. 22. — W Ibid. c. IV. n. i3.

ET DES SAIÎTTS PEllES, EIV. VIII. 4

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