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CHAPITRE XXIV

Saint Irénée a la même idée.

U5 peu après saint Justin vient saint Irénée, cité par saint Augustin. Il nous sera une preuve , que plus on lit les auteurs, plus on y découvre la tradition d'un péché originel proprement dit. Saint Augustin en a rapporté deux passages (0, dont le premier parle de la plaie de l'ancien serpent guérie par Jésus-Christ, qui donne la vie aux morts. Voudra-t-on dire que le Fils de Dieu, lorsqu'il donne la vie aux morts , ne guérit que la mort du corps ? N'est - ce pas à l'ame qu'il donne la vie ? C'étoit donc à la vie de l'ame que cette plaie de l'ancien serpent portoit le coup; mais quand on chicanera sur un passage si clair, que répondra-t-on au même Père , qui enseigne (2) que Jésus - Christ est venu sauver tous les hommes? oui, dit- il, tous ceux qui renaissent en Dieu par le baptême , et les petits enfans , et les jeunes gens,, et les vieillards ; et c'est pour cela quil a passé par tous les âges , petit enfant dans les petits enfans, sanctifiant cet âge, et le sauvant, comme il vient de dire : de quoi ? sinon du péché par la grâce du baptême ? Voilà donc un véritable péché, qui ne peut être remis aux enfans qu'en leur donnant le sacrement de renaissance , qu'on ne peut donner et qu'on ne donne jamais qu'en rémission des péchés , et encore dans

(0 Cont. Jul.L I. c. m. Iren. i. it. c. v. — W Lib. u. c. \xxix.

la uiéme vue : les he're'tiques qui disent qu'il n'est pas né ve'ritablement , mais seulement d'une naissance apparente ^ PUTATIVE, prennent la défense du péché (0, ce qu'il explique aussitôt après, en disant : Qu'en passant par tous les états de la vie humaine, il a renouvelé son ancien ouvrage ^ en ce qu'il a donné la mort au péché j été la mort et vivifié l'homme. Voilà donc l'ordre de la rédemption. Jésus-Christ n'a ôté la mort qu'après avoir premièrement ôté le péché; et ne vivifie que ceux qui sont morts, non-seulement de la mort du corps, mais encore de celle de l'ame.

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