CHAPITRE XXXII. * Saint Basile et saint Grégoire de Nazianze
Saiwt Augustin nous fait paroître dans la suite du quatrième siècle, comme les deux yeux de l'Orient, en la personne de saint Basile et de saint Grégoire de Nazianze. Il cite à la vérité un beau passage du premier, où il paroît que nous a^ons été iniempé-
(>) I. Tom. Orat. cont. Cent. pag. 456. — 'S. De Incam. 57. — \') De Pass. et duc.
rans en Eve et en Adam , et chassés en eux du paradis (0. C'est quelque chose de fort; puisqu'on y voit non-seulement la mort et les autres peines du corps, mais le péché même d'Adam et l'exclusion du paradis; c'est-à-dire, la mort de l'ame, et l'exclusion de l'éternelle félicité passée à tous ses enfans. Mais qui veut voir la vérité toute nue, sans avoir besoin ni de former un raisonnement , ni de tirer une conséquence , n'a qu'à lire ce passage du livre premier du Baptême i?) : Ces paroles de notre Seigneur, il faut naître encore une fois, signifient, dit-il , la correction et le changement de notre première naissance dans timmondice des péchés , selon cette parole de Job : Nul n'est pur de tache, pas MEitiE l'enfant d'un JOUR (3) ; et celle-ci de Dav'id: J'ai été conçu en iniquité (4), etc., et cette autre de saint Paul : Tous ont péché et ont besoin de la GLOIRE DE Dieu (5) ; où il parle si clairement d'un véritable péché, que ce seroit obscurcir cette vérité que de l'expliquer davantage. Il dit ensuite que naître de l'eau, c'est, selon saint Paul, mourir au péché; d'où il s'ensuit, conformément à la décision du concile de Garthage (^) , que la forme du baptême seroit fausse dans les enfans , s'il n'y avoit un péché auquel ils doivent mourir dans ce sacrement.
Pour saint Grégoire de Nazianze , saint Augustin en rapporte des paroles claires (7), et entre autres celles d'une oraison sur le baptême que nous n'avons
(0 Hom. I. dcjejun. T. i. 3a2. -^ug. lib. i. cont. Jul. v. — >') Ibid, l. I. cap. 11, p. 649 , 65o. — (') Job. XIV. 4- -^ \!*) Ps. l, 7. — (5) Hom. il. 23. — [&) Can. II. — (7) Ibid.
plus, OÙ il prouve, comme vient de faire saint Basile , la vérité de cette sentence de notre Seigneur : Si l'on nekesaît de l'eao et du S.\.iNT-EsppaT, etc., parce que cest dans le baptême qiion lav^ les taches de notre première naissance , dont il est écrit: Nous SOMMES CONÇUS DANS LE PÉCHÉ , ctc. Mais nous avons entre les mains ses autres ouvrages, où il appelle le péché d'Adam notre premier péché , et où il dit : Que nous avions goûté en Adam le fruit défendu : qu'en lui nous avions violé la loi de Dieu , et qu'aussi nous aidons été chassés en lui du paradis , par où les Pères entendent toujours la vie et le séjour des enfans de Dieu. Il prouve aussi , par cette raison , qu'il faut baptiser les petits enfans en cas de péril (0 , et il répond à ceux qui prenoient occasion de différer leur baptême à cause que Jésus-Christ n'a été baptisé qu'à trente ans, qu'il a été libre de prolonger son baptême à celui qui étant la pureté même riavoit rien a purifer , a qui par conséquent le baptême nétoitpas nécessaire ; mais qiiil n'en étoit pas ainsi de nous qui étions nés par la corruption (2). On trouve aussi dans le même lieu (3j la pratique des exorcismes qui préparoient au baptême, ce qui n'étoit autre chose qu'une reconnoissance publique que tous ceux qu'on baptisoit, et par conséquent les enfans, puisqu'on ne les baptisoit pas dans une autre forme , étoient sous la puissance du démon.
On peut voir encore le premier discours , c'est-àdire, l'apologie de ce Père (4), où attribuant à
(0 Orat. xt. p. 648, 653. — W Ibiâ. 658. — (') Ibid. 657. — (4) Orat. 1. p. II, la.
l'homme avant le Ijaptême tout ce qu'A.dam a fait de mal, et à l'homme depuis le baptême tout ce que Jésus-Christ a fait de bien, il montre que le péché qui nous vient de l'un est aussi véritable en nous, que la justice qui nous vient de l'autre; ce qui est le raisonnement de tous les Pères, à l'exemple de saint Paul.