CHAPITRE PREMIER
Passage de saint Chrysostôme , objecte' à saint Augustin par Julien.
Après que saint Augustin nous a menés par les témoignages, tant de l'Orient que de l'Occident ^ jusqu'au temps de saint Chrysostôme, qui étoit le seul des Pères qu'on lui objectoit, il vient aux sentimens de ce grand homme, et non content d'avoir démontré par la méthode qu'on a vue, qu'il n'est pas possible que sa doctrine ait dégénéré de celle de tous les autres saints, il répond aux objections qu'on tiroit de ses écrits , et en même temps il prouve à son tour, qu'en effet il a reconnu dans tous les hommes, non-seulement la peine, mais encore la coulpe même du péché d'Adam. Suivons la méthode de ce saint , et proposons avant toutes choses le passage de saint Chrysostôme, que Julien objectoit.
Il étoit tiré d'une homélie sur les néophytes, c'est-à-dire, sur les nouveaux baptisés , que nous n'avons plus ; et on y lisoit ces paroles selon la traduction que Julien proposoit (0 : « Il y en a qui se
(>) Cont. Jul. 1. 1. c. VI. n. 21.
» persuadent que la grâce du baptême consiste M toute dans la re'mission des péche's ; mais nous » venons d'en raconter dix avantages. C'est aussi M pour cette raison que nous baptisons les enfans , M quoiqu'ils ne soient point souilles par le pèche, » pour leur donner ou leur ajouter la sainteté, la M justice , l'adoption , l'héritage , la fraternité de n Jésus -Christ, l'honneur d'être ses membres, et » d'être la demeure du Saint-Esprit ». La force de ce passage consistoit en ce que saint Chrysostôme sembloit vouloir dire qu'on baptisoit les enfans, non point pour les laver du péché qu'ils n'avoient pas , mais pour leur donner les grâces annexées à ce sacrement.