CHAPITRE XVIII
Réponse aux réflexions de M. Simon sur The'odoret ^ Photius et les autres Grecs , et premièrement sur The'odoret.
Apkès avoir satisfait aux difficultés de la tradition qui précèdent le temps de Pelage , il faut ajouter un mot sur celles qui viennent depuis, et que notre auteur a tirées principalement de Théodoret et de Photius.
Pour ce qui est de Théodoret , dont il fait tant valoir l'autorité, voici le passage qu'il en produit : La mort, dit-il (^) , a passé dans tous les hommes, parce çuils ont touS péché (s? w ^ parce que ) car personne n'est soumis à la mort h cause du péché'^du premier père , mais pour son propre péché. Il y a deux observations à faire sur ce passage ; la première sur ce terme £? &> qu'il faut rendre constamment ici et selon le sentiment de Théodoret, par QUATEjrus , parce que : la seconde sur ces paroles : Personne ne meurt pour le péché du premier père , mais pour son propre péchés par lesquelles, s'il n'entend pas que ce péché du premier père qui nous étoit étranger, quand il le commit, devient propre à chacun de nous, quand il le contracte, il s'ensuivra de sa doctrine que les enfans ne dévoient point mourir. Il faut donc, ou lui donner un bon sens, ou avouer qu'il s'est exprimé d'une manière trèsabsurde en toute opinion. Voilà comment on peut
(') P. 321. in Epist. ad Rom. \.
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excuser le fond de sa doctrine; mais pour le reste, comme constamment il est le premier des orthodoxes qui ait donné lieu de clvinger Yin quo en quatenus , il est d'abord fâcheux pour lui qu'il ait suivi en cela une explication dont Pelage l'hérésiarque a été l'auteur. Je ne veux pas dire pour cela qu'il ait été pélagien. C'est assez qu'il ait été peu attentif, aussi bien que quelques autres Grecs, à rherésie pélagienne , comme M. Sipion le remarque lui-même , pour conclure que ce n'est pas de lui qu'il faut apprendre les moyens de la combattre. On sait d'ailleurs combien il est attaché à Théodore de Mopsueste, qui a écrit contre saint Augustin , qui s'est déclaré le défenseur de Pelage , qui en a suivi les faux préjugés sur le péché originel, et s'est comme mis, après lui, à la tête de ce parti réprouvé, en protégeant Julien. Ajoutons que l'étroit commerce qu'eut Théodoret à Ephèse, dans le faux concile d'Oi-ient, avec les évêques pélagiens intéressés comme lui dans la cause de Nestorius, aura fait peut-être, que trop favorable aux per- - sonnes des hérétiques, il aura pris, non pas le fond, mais quelque teinture de leurs interprétations, avec d'autant plus de facilité, qu'elles étoient du génie de Théodore un de ses maîtres. Que les partisans de Théodoret ne se formalisent point de cette pensée. J'estime autant que qui que ce soit le jugement et le savoir de ce Père; mais il ne faut pas se passioaner pour les auteurs. Il n'est pas plus impossible que ce savant homme , sans être pélagien , ait pris quelque chose des interprétations pélagiennes, que sans être nestorien, il ait retenu tant de locutions
ET DES SAINTS PÈRES, HV. î X. Sog
de Nestorius ou plutôt de Théodore, d'où Nestorius puisoit les siennes. De là vient , dans les écrits de Théodoret, la peine qu'il fait paroître à confesser pleinement qu'un Dieu soit né , qu'un Dieu soit mort , et les autres propositions de cette nature d'une incontestable vérité, dont je rapporterois les exemples, si la chose n'étoit constante. Après tout, il est bien certain qu'il est un des Grecs dont le langage est le plus obscur, non-seulement sur le péché originel, mais encore sur toute la matière de la grâce ; et quoique j'avoue que les locutions incommodes qu'on trouve dans ses écrits, .sur ce sujet là, semblent quelquefois revenir à celles de saint Chrysostôme, dont il ne fait ordinairement que suivre les explications et abréger les paroles ; cela n'est pas vrai à légard du quatenus dans saint Paul. En cela Théodoret est entièrement sorti de la chaîne de la tradition dans laquelle saint Chrysostôme est demeuré ferme. Dans les autres propositions qu'il tire de saint Chrysostôme , par exemple , dans l'explication du psaume cinquantième , verset septième , nous avons dit qu'il lui faut donner, en ces endroits, le même sens qu'à ce Père, avec néanmoins cette différence, qu'on trouve dans les écrits de Théodoret moins de secours pour la tradition , que dans ceux de saint Chrysostôme , tant , comm^ on a vu , sur le péché originel , que sur les vérités de la grâce, comme la suite le fera paroître.
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