‹ Œuvres; revues sur les manuscrits originaux et les éditions les plus correctesChapitre 231 sur 321 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Conséquence de saint Augustin : la discussion des Pères peu nécessaire : la prière suffisante pour e'tablir la prévention et V efficace de la grâce.

On voit maintenant la raison qui a fait dire à saint Augustin qu'il n'étoit pas nécessaire d'examiner les écrits des Pères sur la matière de la grâce , sur laquelle ils ne s'étoient expliqués que brièvement et en passant, transeukter et breviter ('>. Mais ils n'avoient pas besoin de s'expliquer davantage,

(0 De prœJ. SS c. XIV. n -i-.

non plus que nous d'entrer plus profondément dans cette discussion, puisque sans tout cet examen, les prières de l'Eglise montroient simplement ce que pouvoit la grâce de Dieu ; Orationibus autem Ec-

CLESI^ SIMPLICITEU APPAREBAT Dei G a ATI A QUID VA-

LERET (0. Remarquez ces mots : quid valeret , ce que la grâce pouvoit; c'est-à-dire, que ces prières nous en découvroient , non-seulement la nécessité, mais encore la vertu et l'efficace ; et ces qualités de la grâce, dit saint Augustin, paroissent fort nettement et fort simplement dans la prière, «myLiciTER. Ce n'est pas qu'elles ne paroissent dans les écrits des saints Pères , où le même saint Augustin les a si souvent trouvées ; mais c'est que cette doctrine du puissant effet de la grâce ne paroissoit si pleinement , si nettement , si simplement nulle part que dans les prières de l'Eglise. Quand on prie , on sent clairement et dans une grande simplicité , non-seulement la nécessité, mais encore la force de la prière et de la grâce qu'on y demande pour fléchir les cœurs. Dans la plupart des discours des Pères, comme ils disputent contre quelqu'un qui n'est attentif qu'à prendre ses avantages , ils craignent de dire ou trop ou trop peu; mais dans la prière, ou publique ou particulière, chacun est entre Dieu et soi : on épanche son cœur devant lui , et sans craindre que quelque hérétique abuse de son discours, on dit simplement à Dieu ce que son esprit fait sentir.

(») De prœd. SS. c. xiv. n. 27.

Page 1