CHAPITRE XIV
Abrégé du contenu dans les prières , où se trouvent de mot à mot toute la doctrine de saint Augustin , et la foi de toute V Eglise sur l'efficace de la grâce.
Il n'y a donc plus qu'à recueillir, en peu de paroles, les prières de l'Eglise pour y voir ce qu'elle a cru de l'efficace de la grâce. On demande à Dieu la foi et la bonne vie, la conversion, qui comprend le premier désir et le commencement de bien faire ; la continuation , la persévérance , la délivrance actuelle du péché ; par d'autres façons de parler , toujours de même sens et de même force , on lui demande qu'il donne de croire , qu'il donne d'aimer,
nu il donne de persévérer jusqu'à la fin dans son amour : on lui demande qu'il fasse qu'on croie , qu'il fasse qu'on aima, qu'il fasse qu'on persévère. L'effet qu'on attend de cette prière , n'est pas seulement qu'on puisse aimer, qu'on puisse croire; mais que Dieu agisse de sorte qu'on aime, qu'on croie. Or c'est un principe certain de saint i^-ugustin, mais évident de soi-ràême, qu'on ne demande à Dieu que ce qu'on croit qu'il fait; autrement, dit le mêine Père, la prière serait illusoire^ irrisorià : faite vainement et par manière d'acquit, perfunc- TORiE, IÎÎA51TER. On croit donc sérieusement et de bonne foi que Dieu fait véritablement tout cela , et ces demandes sont fondées sur la foi. On les fait en Occident comme en Orient et dès l'origine du christianisme ; c'est donc la foi de tous les temps , comme celle de tous les lieux : quod ubique quod SEMPER, et en un mot, la foi catholique.