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CHAPITRE PREMIER

Sur quel fondement M. Simon accuse saint Augustin de favoriser ceux qui font Dieu auteur du péché : passage de ce Père contre Julien-

Pour accuser saint Augustin de faire Dieu auteur du péché (0, notre critique se fonde principalement sur un passage de ce saint , au livre v contre Julien, chap. m, et voici comment il en parle. « Il paroît je ne sais quoi de dur dans l'explication » qu'il apporte de ces paroles de saint Paul : Tra- » DiDiT iLLOs Deus, ctc. Dieu les a livrés à leurs » désirs, etc., et de plusieurs autres expressions » semblables, tant du vieux que du nouveau Testa- » ment : il semble insister trop sur le mot de Tra- » DiDiT, comme si Dieu étoit en quelque manière la » cause de leur abandonnement et de l'aveuglement » de leur cœur ». Sur ce fondement , notre auteur commence à faire des leçons à saint Augustin sur ce qu'il devoit accorder ou nier aux pélagiens. « 11 w pouvoit, dit-il, recevoir l'adoucissement que les

ET Ï)ES SAINTS PERES, LIV. XL SyS

» pélagiens donnoient à cette façon de parler, qui 3» est assurément ordinaire dans l'Ecriture. Lors- ^> qu'ils sont livrés, disoit Julien, à leurs désirs, il » fout entendre qu'ils y sont laissés par la patience » de Dieu, et non poussés au péché par sa puis- » sance , relicti per di^inam patientiam intelligendi » sunt, et non per potentiam in peccatum compulsi. » Il parloit en cela le langage des anciens Pères,. » comme on l'a pu voir dans leurs interprétations M qu'on a rapportées ci-dessus. Saint Augustin , au » contraire , leur a opposé plusieurs passages dont >» les gnostiques et les manichéens se sont servis » contre les catholiques ; mais il n'en tire pas les » mêmes conséquences. Peut-être eût-il été mieux » de suivre en cela les explications reçues, que d'en » inventer de nouvelles ». Avec toutes les dissimulations et les tours ambigus dont il tâche de couvrir sa malignité , il résulte deux choses de son discours : l'une, que la doctrine de Julien reprise par saint Augustin étoit celle des anciens Pères ; et l'autre , que ce saint docteur a inventé de nouvelles explications, par lesquelles sont favorisés ceux qui font Dieu auteur du péché, et cause de l'aveuglement et de V ahandonnement des hommes^}). 11 porte encore les choses plus loin en d'autres endroits, et il n'oublie rien pour faire d'un si grand docteur, aussi bien que de saint Thomas, un fauteur du luthéranisme.

11 ne s'agit pas ici de déplorer la malignité ou l'aveuglement d'un homme, qui, sous prétexte d'insinuer de meilleurs moyens de soutenir la cause de l'Eglise, que ceux dont se sont servis ses plus illus-

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très défenseurs , ose donner un patron de l'importance de saint Augustin à ceux qui blasphèment contre Dieu. Laissant k part ces justes plaintes, il* faut montrer à M. Simon que saint Augustin n'a rien dit que de vrai, que de nécessaire, rien qui lui soit particulier, et que les autres saints docteurs n'aient été obligés de dire, et avant et après lui.

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