CHAPITRE IL
Dix vérités incontestables par lesquelles est éclaircie et démontrée la doctrine de saint Augustin en cette matière : première et seconde vérités : que ce Père avec tous les autres ne reconnoît point d'autre cause du péché que le libre arbitre de la créature , ni d'autre moyen à Dieu pour y agir, que de le permettre.
Premièrement donc, il est certain que saint Augustin convient avec tous les Pères qu'on ne peut dire sans impiété que Dieu soit la cause du mal. Personne n'a mieux démontré que la cause du péché , si le péché en peut avoir, ne peut être que le libre arbitre, et c'est le sujet de tous ses livres contre les manichéens ; ce qui est si certain , que ce seroit perdre le temps que d'en entreprendre la preuve.
Secondement, saint Augustin a conclu de là avec tous les Pères, que Dieu permet seulement le péché. Aucun docteur n'a mieux démontré ni plus inculqué cette vérité, même dans ses livres contre les pélagiens. C'est contre les pélagiens qu'est écrite la lettre à Hilaire, où il parle ainsi (0 : « Ne nous in-
(') Ep. ctvii. al. Lxxxix. n. 5.
» duisez pas en tentation, c'est-à-dire, ne permet- M tez pas que nous soyons induits en nous abandon- » nant, ne nos induci deseresdo permittas », ce qu'il prouve par ce passage de saint Paul (0 : Dieu estjidele^ et il ne permettra pas que 'vous soyez tentés au-dessus de vos forces. C'est contre les péiagiens qu'est e'crit le livre du Don de la Perse'vérance, où il rapporte et approuve cette interprétation de saint Cyprien (*) : « Ne nous induisez pas en tenta- » tion ; c'est-à-dire, ne souffrez pas que nous soyons » induits, ne r.vTiAr.is nos induci ; ce qu'il confirme » en ajoutant lui-même : Que voulons-nous dire en » disant ne nous induisez pas en tentation , ne nos » INFERAS, si ce n'est : Ne permettez pas que nous y i) soyons induits, ne nos inferri sinas » ?