CHAPITRE III
Troisième proposition.
La troisième proposition : Nul chrétien ne doit croire qu'il fasse aucun bien par rapport à son salut sans cette grâce ; car c'est pour cela que l'Eglise la demande avec tant d'instances, et n'en demande aucune autre , ou presque aucune autre. Ce n'est pas en vain que Jésus-Christ même dans l'Oraison dominicale ne nous apprend point d'autre manière de prier, que celle où l'on demande l'effet. Par-là il veut que nous entendions que nous avons un si grand besoin à chaque action de la grâqe qui nous fait faire le bien , que sans elle nous ne le ferions pas comme il faut. C'est pourquoi , après avoir demandé la conversion du pécheur , si elle arrive , nous
croyons si bien que ce pécheur a reçu cette ^âce convertissante que nous demandions pour lui , que nous sommes sollicités intérieurement à rendre à Dieu de continuelles actions de grâces pour un si grand bienfait , et à reconnoître que c'est lui qui a fait l'ouvrage par cette grâce qui persuade les cœurs les plus durs.