‹ Œuvres saintesChapitre 43 sur 96 · A LA CROIX DU GÉNÉRAL DE SOMS · texte numérisé non relu

A LA CROIX DU GÉNÉRAL DE SOMS

Aussi bien est-ce uq sacrifice semblable à celui de son Maître qu'offrit le général de Sonis, en ce même lieu, dans une soirée et une nuit d'immortel souvenir. Lui-même autrefois, écrivant à un ami, avait exprimé son regret de n'y pas voir dressé ce signe de sa religion et de sa reconnaissance! Que son désir soit satisfait! Nous sommes deux fois heureux que l'accomplissement en reçoive cette bénédiction en cette même fête de l'Assomption de la Vierge Marie, qui est en même temps le quatrième anniversaire du jour où cette Bienheureuse Reine rappelait son héros à aller la rejoindre dans le Ciel.

Il y avait bien longtemps que Dieu préparait son soldat à l'honneur de souffrir et de mourir pour lui, par cette rude vie de fatigues et de combats qui lui avait fait toucher le trépas tant de fois. Et lui-même que de fois déjà ne s'était-il pas offert, comme victime, à ce Dieu qui s'était livré comme victime pour lui?

Cette offrande de lui-même, il Tavait faite en Italie, lorsqu'il écrivait, la veille de sa cliarge héroïque de Solferino : « Si Dieu me rappelle à lui, il m'assistera de sa grâce. Il sait mieux que nous ce qui nous est bon. L'idée de la mort est un trésor pour le chrétien; la patrie est au ciel. » Cette offrande volontaire, il l'avait faite au Maroc, quand, aspirant la mort au chevet des soldats et des chefs de l'armée décimée par le choléra, il s'oubliait lui-même pour sauver la vie à ses compagnons d'armes ou les introduire dans l'éternité.

Cependant au-dessus de ces sacrifices, offerts par lui pour la France, le saint héros en plaçait un autre qu'il eût été heureux d'offrir pour l'Église et le Pape : « Si je n'étais père de famille, je serais déjà à Rome », déclarait-il dès le lendemain de sa campagne du Maroc. « Avec quel bonheur j'irais mettre mon bras, comme mon cœur, au service du Vicaire de Jésus-Christ! Quelle mort fut jamais plus digne d'envie que celle que trouvent là, dans cette guerre sainte, tous ceux qui ont quitté famille et patrie pour aller soutenir ce trône, le seul encore digne de la majesté souveraine et le dernier refuge de la vérité sur la terre! »

Ne pouvant se donner lui-même à cette chevaleresque armée, il lui donne plus que lui-même, en lui offrant son jeune fils. A cet enfant, il permet, heureux, d'aller « servir cette grande cause », il l'exhorte à « se préparer saintement à tant d'honneur » !

Dans ces désirs, dans ces élans, ne voyez-vous pas, mes Frères, comme un présage lointain de la rencontre de Sonis et des zouaves du Pape sur le champ de Loigny?

Et ne voyez-vous pas aussi une lointaine apparition de la bannière du Sacré-Cœur, dans ce culte passionné du Cœur divin auquel le généreux Africain a pris l'habitude de se consacrer chaque jour? « Vous savez ma dévotion au Sacré-Cœur, écrit-il en 18G9. Je suis fidèle au renouvellement quotidien de ma consécration à ce Cœur adorable ».

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