LE SAINT GENERAL DE SONIS
gieux qui avait les confidences de son âme : (( La nuit du 2 décembre l'avait blessé au cœur, et la blessure de l'amour divin était autrement profonde que celle qu'il avait reçue de l'ennemi. Cette blessure ne devait plus guérir. Elle se rouvrait parfois tout entière, et semblait, par son ineffable douceur, lui livrer quelques-uns des secrets du ciel. »
Vous savez, mes Frères, avec quelle fidélité persévérante il célébra toute sa vie l'anniversaire de cette grande nuit, par une nuit passée devant le Saint-Sacrement : c'était l'anniversaire de son baptême de sang. Pour en comprendre le mystère, il eût fallu pouvoir pénétrer dans l'intimité de ces heures nocturnes, éclairées par le souvenir toujours présent de Loigny, et dans ces entretiens avec le divin Cœur dont il ressentait les battements dans son cœur comme la première fois.
Voilà, mes chers Frères, ce que nous dit ce lieu, cette date, cette croix. Qu'à d'autres qu'à lui, qu'à d'autres chefs de nos armées d'alors, on érige des trophées, on dresse des statues sur les places publiques. Ici, l'Église, prenant les devants sur la reconnaissance attardée du pays, a voulu que Sonis eût du moins, de par elle, sa tombe sous votre sanctuaire, une croix sur ce champ de bataille, et sur cette croix une palme, et au-dessus de cette palme, la bannière du Sacré-Cœur qui avait ombragé son sacrifice de ses plis.
A d'autres qu'à lui, le tumulte des triomphes