‹ Œuvres saintesChapitre 46 sur 96 · MILES CHRISTI : SON IMMOLATION · texte numérisé non relu

MILES CHRISTI : SON IMMOLATION

haut même que ce froid firmament sans étoiles, plus haut que cette région où montent toutes ces âmes qui désertent leurs corps, que voyezvous? xMarie qui descend à l'appel de son serviteur et qui verse dans son cœur de si pures délices qu'il déclare ue plus rien sentir de ses brisures mortelles. « Je ne voyais que la Sainte Vierge sous Taspect de la statue de Notre-Dame de Lourdes. Je puis dire que cette douce image me fut constamment présente pendant toute la nuit que j'ai passée sur ce sol sauglant. Et, grâce à elle, mes souffrances ont été si peu senties que je n'en ai pas même conservé le souvenir. » — « Je priais Dieu, dit-il ailleurs, aussi bien que je le pouvais; mes yeux s'étaient fermés et je puis dire que mon âme n'était pas là où était mon corps. » Mes Frères, je vous avais dit que ce lieu avait été le Calvaire de Sonis, ne pouvais-je pas dire qu'il avait été pour lui pareillement le Thabor ?

Ces heures marquèrent sa vie d'un sceau qui ne s'effaça plus : c'était un sceau divin. « J'ai bien senti près de moi les battements du Cœur de Jésus- Christ, au moment où sa Mère m'arrachait à la mort, » écrivait-il ensuite. Il en reçut un branle dont le mouvement se prolongea jusqu'au terme de sa carrière. Car ce ne fut pas seulement dans son corps mutilé que l'immolation se poursuivit, et celle-là douloureuse, mais son âme en reçut un contre-coup de lumière et de grâce qui le transporta si près de Jésus-Christ que c'était déjà presque le délice du ciel. Ainsi en témoignait le reli-

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