L'ÉDUCATION : UNE ECOLE
force, lumière, parfum, à des foyers rendus par elles meilleurs et plus heureux.
Une École, ai-je dit ensuite ; oui, mais l'école de Dieu. Quand est-ce que la connaissance solide de la Religion fut plus nécessaire que dans ce temps de ténèbres; et à qui Test-elle davantage qu'à celle qui, à son foyer, devra se faire l'apôtre ou le catéchiste des siens? Certes, ce n'est pas qu'à cette École, religieuse avant tout, les sciences humaines soient oubliées, loin de là! Et si le Sacré- Cœur n'a nullement là prétention de fournir des avocats au Barreau ou des Doctoresses aux Facultés, il a la haute ambition, et bien justifiée, de préparer pour la famille et le monde la femme parée de toutes les distinctions de l'esprit comme du cœur. Seulement, en lui mettant en main le flambeau du savoir, qui éclairera sa marche et projettera sur elle-même son pur et noble éclat, il lui recommande de l'allumer d'abord au pur foyer de la Vérité éternelle, et d'en emprunter la lumière à Celui qui s'est appelé la Lumière du monde.
Un Sanctuaire : troisièmement le pensionnat est cela. On y prie Dieu, on l'aime, on le sert, on s'efforce de lui ressembler; on se spiritualise comme lui, on se sanctifie pour l'amour de lui. Est-il besoin que j'insiste sur la piété qui distingue et consacre l'éducation donnée au Sacré-Cœur?
Dans le monde d'aujourd'hui, même dans le monde chrétien, il y a bien des sortes de piété : la
piété de surface qui n'est qu'une apparence, la piété de sentiment qui n'est qu'une émotion, la piété de mouvement qui n'est que de l'agitation. Or, la piété telle que la veut et l'inspire le Sacré-Cœur est une piété de dévoùment à Dieu et au prochain, laquelle a dans la foi son principe, dans la charité son exercice, dans le devoir sa règle, dans le sacrifice sa perfection et sa consommation. C'est la religion de la croix. Le salut en est le terme. (( Sauver son âme, sauver les âmes » : c'était le cri d'une des premières et des plus grandes élèves du Sacré-Cœur, en quittant cette maison de Dieu. C'est la devise de toutes celles qui, élevées dans ces sanctuaires, y ont compris le don divin.
Quand ainsi Famille, l'École et le Sanctuaire se sont superposés dans cette construction, l'édifice de l'éducation est achevé. Ce qui alors sort de là pour être l'ornement, l'honneur et l'édification de la société qui lui ouvre ses rangs, c'est cet exemplaire excellent de la jeune fille chrétienne qui s'appelle partout l'Élève du Sacré-Cœur. Le monde la reconnaît et la distingue à ses caractères spéciaux de bonne grâce et de réserve, de simplicité et de dignité, de délicatesse et de force : force morale pour agir, pour combattre, pour souffrir. Le monde la reconnaît surtout à son active contribution aux œuvres charitables et à la pratique de tout bien en tout lieu. Quelle est, en France, dites-moi, la ville un peu notable qui ne nomme point, qui n'admire point à la tète de ses