SOUFFRIR ET GRANDIR
glorifié et consolé, consolé par Famour et glorifié par la souffrance : c'est sa plus grande gloire.
Le prix du combat, c'est que le mal a été expié et que là où a abondé le péché dans ce siècle, là a surabondé la grâce et la miséricorde. Grâce à Dieu, il y a eu assez de justes dans notre Sodome pour qu'elle ne fût pas consumée par les flammes vengeresses!
Et pour la Société du Sacré-Cœur de Jésus, le prix de la persécution, quel fut-il? Elle a grandi, ce mot dit tout.
Elle a grandi en vertu, en humilité, en charité, en force, en nombre, en grâce, en vaillance devant Dieu et devant les hommes.
Elle a grandi en humilité : « Si tout nous réussissait », écrivait la Mère Barat, « nous nous imaginerions que Notre-Seigneur a besoin de nos services, et nous nous croirions des personnes capables. » Dieu y a pourvu, mes Sœurs, en faisant pousser dans votre champ plus d'épines que de lauriers. Qu'il en soit béni!
Elle a grandi en charité ; c'est un autre gain de la persécution. Un plus grand amour entre Sœurs : car c'est un lien imbrisable de fraternité que le faisceau des souffrances endurées en famille. Un plus grand amour pour la Société : une mère éprouvée est deux fois plus chère à ses filles. Un plus grand amour pour notre divin Roi : Jésus- Christ n'est nulle part plus aimable qu'au Calvaire. Un plus grand amour de sa béatitude, ou un plus grand désir d'aller le voir au ciel. « Ah ! mes
Filles, mes Filles, » disait la Mère Barat, « aspirons à la \raie patrie, celle-ci est la terre des larmes et des forfaits. Mes Filles, plus la terre est triste et plus le ciel est beau ! »
Elle a grandi en solidité. Le chêne enfonce d'autant plus ses racines dans le sol que sa tête est plus battue par la tempête.
Elle a grandi en prospérité. J'entends la prospérité et l'accroissement de ses œuvres, et je remarque, dans son histoire, qu'aux époques de luttes et de persécutions, correspond invariablement et immédiatement une série de fondations, qui reculent de plus en plus les frontières de son apostolat. C'est le fruit de la croix.
Enfin un autre prix du sacré combat, c'est la plus grande quantité et la meilleure qualité des vocations religieuses. On s'enrôle de préférence dans les rangs d'une milice qui a fait ses preuves de vaillance. Et l'on peut être assuré que celles qui lui donnent leurs noms en ces heures du grand péril, ne cherchent que Dieu seul, prêtes qu'elles sont à tout quitter et à se renoncer elles-mêmes pour le suivre partout, malgré tout, coûte que coûte, à tout prix et à jamais !
J'ai terminé, mes Révérendes Mères, mes Sœurs, Mesdames, mes Enfants.
Et maintenant, ô Jésus, c'est vers vous que je me tourne, au dernier soir de ces trois jours de nos entretiens sur ces premiers cent ans de votre règne en ces lieux. Demain ce seront les serments