‹ Œuvres saintesChapitre 69 sur 96 · Extrait des manuscrits de M. Olier · texte numérisé non relu

Extrait des manuscrits de M. Olier

déclarer que « c'est là, dans cette école ecclésiastique, qu'il a puisé les principes fondamentaux de ces doctrines, lesquelles seraient soutenues par Saint-Sulpice jusqu'au martyre. » Et finalement, puis-je oublier qu'au Concile du Vatican, lorsque l'illustre et saint archevêque de Matines voulut attester la croyance générale de notre clergé dans rinfaillibilité doctrinale du Pape, il n'eut qu'à présentera la docte assemblée le Traité de r Eglise écrit et enseigné, ici, par un des vôtres, dont la mémoire m'est personnellement trop chère pour que je ne la salue point en passant, comme celle d'un frère ^?

« Mes espérances pour l'avenir sont dans la France. » A cet espoir de Pie VII quelle fut, en second lieu, la réponse ultérieure de la France? Cela n'est plus de mon sujet. Vous la connaissez d'ailleurs, cette marche ascendante de l'Église de France en ce siècle, laquelle, montant toujours, de Pie VII à Pie IX, de Pie IX à Léon XIII, atteint le suprême sommet de l'unité romaine, où toutes nos forces, concentrées sous la main de leur Chef, défient tous les assauts de l'ennemi, d'où qu'ils viennent. Encore une fois, tout cela vous le savez, messieurs. Et la seule chose que j'ajoute, c'est que le point de départ de cette marche étant ici, c'est donc ici que doit être dressée la première pierre milliaire de cette voie sacrée qui, d'étape en

1. M. l'abbé Brugère, d'Orléans, prêtre de Sainl-Sulpice, professeur au Séminaire de Paris.

étape, a conduit et amené à Viiniim ovile etunus pastor la France catholique romaine du xix^ siècle.

Qu'elle s'élève donc ici la statue vénérée du Prince des apôtres, patron de votre église, maître et chef de votre grande école ecclésiastique. J'ai lu que vos prêtres du xviii*^ siècle, en dépit du jansénisme, avaient déjà placé ses attributs sur vos portes, comme les armoiries de leur Prince spirituel : sa statue consacrera et perpétuera ici sa suzeraineté ^ !

Vous ne déposerez pas seulement vos baisers sur ses pieds, vous y porterez vos serments. L'Évangile nous apprend que l'ombre seule de Pierre guérissait les malades : que, placée à son ombre, cette grande paroisse soit préservée et guérie de tous les maux, soit de l'âme^ soit du corps! L'une de ses mains s'élève vers vous, bénissante : qu'elle bénisse le troupeau, qu'elle bénisse le pasteur, qu'elle bénisse les agneaux, qu'elle bénisse les brebis! L'autre main tient les clés du royaume des cieux : qu'elle vous l'ouvre à tous, mes Frères, ce royaume de paix et de béatitude, en vous introduisant pour l'éternité dans la société du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il!

1. Les gazetiers jansénistes attaquèrent M. Languet de Gergy, curé de Saint-Sulpice, lorsqu'ils s'aperçurent qu'il avait fait sculpter les attributs du Saint-Siège sur le transept nord de la nouvelle église, précisément au-dessus de l'endroit où est érigée aujourd'hui la nouvelle statue de saint Pierre.

Page 1