‹ Œuvres saintesChapitre 81 sur 96 · CHRISTUS REDEMPTOR · texte numérisé non relu

CHRISTUS REDEMPTOR

de la mort. Non, ce ne sera la mort que si nous le voulons. Ce que vous appelez la mort, moi je l'appelle l'épreuve; et l'épreuve, n'est-ce pas, dans l'ordre de la grâce comme dans celle de la nature, la condition préliminaire et nécessaire d'une transformation féconde, telle que celle qu'opéra divinement Celui qui lit sortir la vie de sa mort à lui, et qui disait : « Si le grain ne tombe en terre et n'y périt, il ne portera pas de fruit? »

Le commentaire en est dans cet apologue qu'Henri Lasserre contait aux catholiques belges dans un des moments les plus inquiétants d'une crise qu'eux aussi croyaient mortelle à leur cause. C'est par là que je termine.

« Un grain de blé tomba, un jour, de la main du semeur dans un champ fraîchement remué. On le recouvrit de terre ; il se crut perdu : « Enterré vivant! » Un peu plus tard on vint arroser les sillons : « C'est la peste, dit le grain; je meurs empoisonné. » Vint l'hiver avec ses neiges, ses glaces : « Plus de soleil, plus de lumière, plus de chaleur, donc plus de vie », gémit le prisonnier. Quelques semaines après le grain se décortique : c'est ma peau qui tombe en lambeau. C'est la décomposition, c'est la pourriture, c'est la mort. »

a Mais voici qu'au printemps cette pourriture fermente, germe, c'est le germe d'une vie nouvelle. Une tige apparaît, perce la terre, monte, s'élance, et enfin se couronne d'un magnifique épi, qui se dore et mûrit au beau soleil de juillet. »

Et là-dessus, Henri Lesserre, avec son vif et pittoresque accent méridional : « Grains de blé que vous êtes, pourquoi doutez-vous donc du soleil du bon Dieu? ))

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