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DES BOURGEONS ET DE LEUR DÉVELOPPEMENT

Chaque nœud a la faculté de produire un ou plusieurs bour-geons, ils naissent toujours au voisinage des feuilles qui paraissent en aider et en favoriser le développement.

Dans le développement successif des nœuds, dans la formation d'une feuille à chaque nœud et d'un bourgeon à chaque feuille, consiste la propagation simple et progressive des végétaux. On sait la grande analogie qui existe entre un bourgeon et une graine, et on n'ignore pas combien il est facile de découvrir dans le bourgeon l'ébauche de la plante future.

Si l'on ne constate pas aussi facilement dans le bourgeon la pré-sence des racines, elles n'en existent pas moins que dans les graines, et se développent facilement et promptement sous l'influence de l'hu-midité.

Le bourgeon n'a pas besoin de cotylédons parce qu'il est attaché sur la plante mère complétement organisée: aussi longtemps qu'il y est fixé, ou, lorsqu'il a été transporté sur une autre plante, il en tire directement sa nourriture lorsqu'il est placé dans le sol, ses racines se développent promptement.

Le bourgeon se compose d'une série de nœuds et de feuilles plus ou moins développés et dont l'évolution s'accomplit ultérieurement. Les rameaux qui sortent des nceuds de la tige peuvent donc être considérés comme autant de jeunes plantes fixées sur la plante mère, comme celle-ci l'est dans le sol

La comparaison et la distinction des tiges et des rameaux a déjà été faite, mais surtout depuis peu, avec tant de sagacité et d'exac-titude que nous adhérons sans restriction aux principes posés J.

Chez les végétaux supérieurs, la nature distingue clairement les bourgeons et les graines, mais si nous descendons chez les végétaux imparfaits, cette différence échappe aux regards des observateurs les plus attentifs. Il y a sans doute des semences et des bourgeons parfaitement déterminés; mais, quant aux caractères par lesquels

1. Les idées de Goethe sur l'évolution du bourgeon ont de l'analogie avec les théories de Dupetit-Thouars et Gaudichaud sur l'accroissement des tiges en dia-mètre, par la production des racines descendantes nées à la base des jeunes bourgeons. Cette théorie, qui a donné lieu à des controverses mémorables, doit être désormais abandonnée depuis les travaux de MM. Hugo Moll en Allemagne, Trecul et Hétet en France. Il est désormais admis que de nouvelles couches li-gneuses et corticales peuvent se développer en l'absence de toutes connections avec les bourgeons; c'est spécialement ce qui a lieu dans le cas d'une décorti-cation annulaire. (Cons. le rapport de M. Bronguiard à l'Académie des sciences. Compte rendu du 31 janvier 1839).

2. Gaertner, De Fructibus et Seminibus plantarum, cap. i (note de l'auteur). l'embryon résultant de la fécondation et détaché de la plante mère, se distingue des bourgeons qui poussent sur cette plante mère et s'en isolent sans cause connue, ces caractères peuvent b.ien se con-cevoir par la pensée, mais ils échappent a nos sens Ceci bien considéré, nous pouvons en conclure que les bourgeons distincts des graines par leurs enveloppes, des gemmes ou sporules par les causes apparentes de leur développement et de leur forma-tion, ont cependant une étroite analogie avec ces deux formes d'or-ganes reproducteurs.

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