Couleurs chimiques
« Si, en suivant la méthode adoptée en physique, nous désignons les phénomènes d'opposition chromatique par les signes plus ou moins, le jaune représentera le côté positif, le bleu le côté négatif. Nous rattacherons encore par cette opposition les couleurs chimiques aux couleurs physiques qui offrent le même contraste. Le jaune et le rouge jaune dérivent des acides, le bleu et le rouge bleu des alca-lis. Ainsi les couleurs chimiques se lient d'une manière bien simple à l'ensemble de la doctrine >• Prenant pour point de départ cette hypothèse, que le côté positif ou la moitié droite du cercle chromatique représente le jaune, la clarté, la chaleur, la proximité, l'affinité pour les acides; que le côté gauche, ou négatif, représente le bleu, l'ombre, l'obscurité, le froid l'éloignement, l'affinité pour les alcalis, Goethe entre résolument en matière. Il se trouve en présence de deux difficultés; l'explication de la couleur blanche et de la couleur noire permanentes des corps, et ces difficultés mettent une fois de plus en lumière l'insuffisance de sa doctrine.
Voici l'explication de la couleur blanche d'après les idées du poëte
« Les corps diaphanes offrent le plus haut degré de la matérialité inorganique; puis vient le trouble pur, enfin la blancheur, qui doit être regardée comme le trouble pur, complet.
« L'eau pure, cristallisée à l'état de neige, paraît blanche; bien que la transparence de chaque partie ne puisse réaliser un en-semble transparent, quelques sels cristallins, en perdant leur eau de cristallisation, offrent l'apparence d'une poussière blanche. L'état de non transparence accidentelle pourrait être appelé, la blancheur du pur transparent; ainsi le verre pilé nous paraît une poussière blanche. Les terres indécomposées sont blanches dans leur état de pureté; mais dans leur état de cristallisation naturelle elles sont transparentes; ainsi, la silice dans le cristal de montagne, l'argile dans le mica, la magnésie dans le talc, le calcaire et la baryte.
« Puisqu'à propos de la coloration des minéraux nous rencontrons la chaux métallique, remarquons en terminant que les acides faibles produisent des composés de chaux blancs; c'est ainsi que le plomb, combiné à l'acide acétique, produit un composé blanc » Goethe explique de la manière suivante la formation du noir
a La couleur noire se produit dans le règne végétal à la suite d'une combustion imparfaite, et le charbon, qui est d'ailleurs un composé remarquable, nous en fournit une preuve. Lorsque du bois, des planches, par exemple, exposées à la lumière, à l'air et à l'humidité perdent partiellement leur élément combustible, alors apparaissent les teintes grises et noires; le même fait se produit quand nous car-bonisons quelques débris animaux. Il est facile de comprendre com-ment une désacidification peut produire la couleur noire c'est ce qui a lieu pour l'encre; le fer, en solution dans l'acide sulfurique étendu, est jaunâtre il devient noir dès qu'il a perdu une partie de son acide sous l'influence d'une solution de noix de galle t. Nous ne nous arrêterons pas à faire ressortir la puérilité de ces explications qui sont plutôt d'un poëte que d'un savant il serait même difficile de faire comprendre comment l'auteur en 1. Gœthe'sWerke, XXXIII, p. 131, §495, 496.– 2. Th., p. 134-13.1, §498-500. tire des arguments en faveur de sa doctrine; nous ne savons vraiment jusqu'à quel point, séduit par son imagination, et en-traîné par le désir de mettre les faits d'accord avec ses vues, l'auteur s'est compris lui-même.
Le paragraphe consacré à l'étude des couleurs dans les corps renferme quelques faits dont on ne saurait nier l'exactitude mais les conséquences que le poëte en déduit sont fausses et forcées.
Voici comment il raisonne nous pouvons expliquer les cou-leurs propres des corps au moyen de ce principe le blanc qui s'obscurcit, qui se trouble, devient jaune; le noir qui s'éclaircit devient bleu.
« Du côté actif, le jaune se produit sous l'influence du blanc, de la clarté, de la lumière. On sait combien jaunissent aisément les ob-jets dont la surface est blanche, comme le papier, la laine, le coton, la soie, la cire. Les liquides transparents, facilement inflammables, deviennent également jaunes, ou, en d'autres termes, se troublent légèrement.
« Du côté passif, on peut expliquer d'une manière analogue com-ment des ténèbres, de l'obscurité, du noir, dérive le bleu, et par suite le bleu rouge. Le fer, dissous dans l'acide sulfurique très-étendu d'eau, donne à la lumière une belle couleur violette, lors-qu'on fait tomber quelques gouttes de noix de galle dans le verre qui le contient. Cette couleur se rapproche de celle de la topaze en-fumée, de la pourpre brûlée (orphninon) comme disent les anciens »
Les corps métalliques ont des couleurs bien déterminées, et ces couleurs sont en rapport avec l'éclat de chaque substance ainsi, l'argent parait d'un blanc pur, l'acier et le plomb d'un gris bleuâtre, l'or d'un jaune pur, le cuivre d'un rouge qui peut s'élever jusqu'au pourpre les métaux ont ainsi une sorte de détermination spécifique pour telle ou telle couleur. Les cou-leurs métalliques dérivent généralement du côté positif du cercle chromatique, et du jaune qui en est le point de départ; ainsi le fer passe facilement à l'état d'ocre jaune, le plomb ù l'état de massicot, les solutions d'or et de platine sont jaunes. T,ps couleurs dérivées du rAjé négatif sont peu nombreuses. Après avoir disserté sur l'origine du blanc, du noir et des couleurs dans les corps, Goethe étudie successivement la gra-dation, la culmination le balancement, le mouvement rota-toire, la fixation des couleurs; sur ces sujets, il entre dans des considérations fort ingénieuses et que nous ne saurions passer sous silence.
A partir du jaune et du bleu, les couleurs peuvent s'élever graduellement jusqu'au zénith du cercle chromatique, c'est-à-dire au rouge. Voici des exemples de cette gradation
« On se procure plusieurs vases de porcelaine blanche, on remplit l'un d'eux d'un liquide jaune clair, et on constate que le liquide, exa-miné successivement de la surface au fond du vase, paraît jaune orangé, puis rouge. Dans un second vase rempli d'une solution bleue claire, la surface est d'un bleu céleste, le fond d'une nuance vio-lette si le vase est exposé au soleil, le côté le plus obscur de la surface paraîtra également violet. Si, avec la main ou d'une autre manière, on projette une ombre sur la partie éclairée du vase, l'ombre paraitra colorée en rouge »
On peut remarquer que la gradation s'accomplit plus facile-ment du côté positif que du côté négatif.
Le rouge est le zénith du cercle chromatique on s'élève, dans quelques circonstances, a ce point culminant. L'auteur si-gnale ici un rapport entre l'acidification et l'élévation de la couleur.
« Au plus haut degré de l'acidification apparaît la teinte d'un rouge pourpre l'or précipité de sa solution par une solution d'étain, a une belle nuance pourpre l'oxyde d'arsenic combiné avec le soufre est d'un rouge rubis'. >̃
Les alcalis peuvent, dans quelques circonstances, déterminer la culmination; le règne végétal en fournit des exemples. Ainsi, la teinture jaune decurcuma se colore en rouge sous l'influence des alcalis.
Parvenues au zénith du cercle chromatique, quelques sub-stances peuvent réaliser ce que Goethe appelle le balancement des couleurs ou ce qu'on désigne, dans le langage technique,
I. Gœthe'sWerke, XXXIII, p. 138, g 518. – 2. Ib., p. 140, §526. par l'expression virer, chacun connaît l'influence des acides et des alcalis sur la teinture bleue de Tournesol elle est rougie par les acides, et ramenée à la couleur bleue par les alcalis. Certains corps peuvent offrir successivement les couleurs du cercle; c'est ainsi que l'acier, à une haute température, passe du jaune au bleu par le rouge; le passage peut également avoir lieu par la moitié inférieure du cercle, du jaune au bleu par le vert.
Il y a renversement des couleurs, si, du zénith du cercle, la couleur passe à l'extrémité opposée du même diamètre, si le rouge devient vert, ou le vert, rouge. Le caméléon minéral est vert; sa solution dans l'eau pure prend rapidement la teinte rouge'; l'encre sympathique est un liquide rose; une goutte de ce liquide, sous l'influence de la chaleur, développe sur le papier la couleur verte.
Goethe traite, dans les chapitres XLIII, xliv, XLV, de la fixa-tion, du mélange réel et apparent des couleurs.
Le mélange est réel si, après sa réalisation, la couleur propre des parties constituantes a disparu c'est sur ce mélange des couleurs que repose l'art de la peinture. Si toutes les couleurs sont mêlées, on obtient du gris; on produit encore le gris, soit à l'aide du jaune, du bleu et du rouge, soit en associant dans des proportions déterminées les nuances de la gomme chroma-tique. Ici l'auteur fait de nouveau allusion à l'expérience du disque Newtonnien.
« L'opinion que le mélange de toutes les couleurs produit le blanc est une absurdité, qui, comme bien d'autres absurdités, est passée dans la croyance depuis plus d'un siècle »
Le mélange est apparent toutes les fois que, dans la couleur résultante, on peut distinguer encore la couleur élémentaire des corps constituants. C'est ainsi que des poussières jaunes et bleues donnent une coloration verte, mais seulement en appa--
1. On donne le nom de caméléon minéral au manganate de potasse. Cette substance Ce dissout sans altération dans l'eau contenant de la potasse dans l'eau ordinaire elle prend la teinte ruuge, et redevient verte, si on la traite par des agents de désoxydation.
rence, puisqu'à l'aide d'un verre grossissant on reconnaît aisément les grains jaunes et bleus. Les couleurs physiologiques et physiques présentent de pareils exemples de mélanges ap-parents.
Les artistes pourront lire avec fruit les paragraphes que l'auteur consacre à l'association soit réelle, soit apparente des couleurs. Le point de départ est toujours ce principe fonda-mental de la doctrine la couleur est un mélange de clarté et d'obscurité.
» La couleur devient de plus en plus obscure, depuis le jaune le plus voisin du blanc, jusqu'au bleu le plus voisin du noir, et cela en passant par le jaune, le jaune orangé, le rouge pur, le carmin et le violet. Si le bleu bien déterminé s'éclaircit et s'associe au jaune, il en résulte une couleur verte qui se rapproche de la lumière »
Le passage des couleurs les unes aux autres par la clarté ou l'obscurité se réalise dans une foule de circonstances. Le bleu sur un fond obscur nous paraît noir; l'indigo de bonne qualité est d'une nuance cuivrée à la cassure, mais s'il est combiné avec l'acide sulfurique et placé sur un fond blanc, sa nuance paraîtra d'un jaune orangé. Les liquides colorés semblent noirs lorsque, renfermés dans un vase de fer-blanc à fond de verre, ils ne sont traversés par aucun rayon de lumière; sur un fond noir, quelle que soit leur coloration les liquides semblent noirs. Au con-traire, la couleur se développe si l'on regarde l'image d'une flamme, réfléchie par la surface liquide; enfin, si la lumière transmise est reçue sur un papier blanc, elle sera teinte de la couleur du milieu qu'elle a traversé..
Chaque couleur, pour devenir visible, doit donc être plus ou moins lumineuse par elle-même, voilà pourquoi, plus le fond est clair et brillant, plus les couleurs qui s'en détachent ont de beauté et d'éclat. C'est aux peintres à mettre en pratique cette doctrine et à méditer ce précepte essentiel notre oeil, pour recevoir l'impression de la couleur, doit éprouver en même temps une certaine impression de la lumière, de la blancheur. 1. Gœthe'sWerke, XXXIII, p. 149, §573.
La gradation apparente des couleurs n'est pas moins impor-tante pour le physicien que pour l'artiste
a On expose au soleil une surface colorée, et on en fait tomber l'image réfléchie sur un objet incolore. Cette image est en quelque sorte une lumière affaiblie, une demi-lumière, une demi-obscu-rité elle reproduit par réflexion et en adoucissant la couleur primi-tive. Qu'on projette cette image réfléchie sur une surface claire, et on remarquera à peine la couleur dont elle est teinte; mais qu'on la projette sur une surface obscure, aussitôt, de cette association du clair et du sombre naîtra une apparition magique. L'ombre est l'é-lément essentiel de la couleur elle produit des couleurs gaies, brillantes et vives, elle est la source d'effets puissants et agréables; de pareils effets rendent au peintre qui sait en tirer parti, des ser-vices incontestables »
Après avoir fait connaître les moyens à l'aide desquels il est possible d'obtenir la décoloration, et indiqué le parti que la peinture peut tirer de ces procédés, l'auteur arrive à la nomen-clature des couleurs il consacre plusieurs paragraphes aux couleurs des minéraux, des plantes, des vers, des insectes, des poissons, des oiseaux, des mammifères et de l'homme.
Les couleurs minérales si usitées en peinture, sont de nature chimique. Les couleurs des plantes sont le résultat d'une opé-ration chimique plus complexe, déjà elles nous révèlent une opposition que nous constatons dans la série des êtres organisés; les couleurs les plus vives et les plus variées sont distribuées à la surface; les organes internes sont presque incolores. Dans la plante, les organes souterrains sont blancs, les parties aériennes sont vertes, et elles passent insensiblement aux couleurs si va-riées et si riches qui nous réjouissent dans les fleurs.
Les bois et les fruits peuvent offrir successivement les diffé-rentes teintes du cercle chromatique, le vert, le jaune, le rouge, mais c'est toujours le côté actif qui prédomine on sait com-bien le bleu et le violet sont rares dans le règne végétal.
Les vers qui rampent dans la terre humide, dans l'obscurité, sont blancs ou décolorés comme les êtres parasites qui vivent dans nos viscères.
Les créatures qui peuplent les profondeurs des mers sont le plus souvent incolores, quelquefois cependant, dans certains coquillages, la surface est agréablement nuancée. Ces colora-tions dépendent des liquides dont les nuances s'élèvent du côte négatif du cercle jusqu'à la culmination; ainsi, l'encre des sèches est bleue, elle peut devenir violette et rouge; la pourpre passe également par des nuances semblables'; le sang, lui-même, violacé dans les veines, devient rouge vif dans les artères lorsqu'il a subi le contact de l'air.
Si des couleurs sombres et changeantes caractérisent les êtres qui vivent presque privés d'air et dé lumière, les couleurs élé-mentaires ajoutent à la parure des créatures délicates qui peu-vent s'élever au-dessus du sol c'est ce que nous admirons dans les papillons, ces enfants de l'air et de la lumière, comme le poëte les appelle: partout, sous l'influence de la lumière et de l'air, se déploient l'élégance des formes et l'éclat des cou-leurs. Cette richesse nous étonne surtout dans les plumes des oiseaux; différentes par les formes, les proportions, l'aspect, elles ne sont cependant qu'un même organe modifié; plus elles se perfectionnent, plus elles se colorent, semblables aux fleurs dont la vive coloration s'associe avec le degré le plus élevé de l'organisation végétale.
Chez l'homme et chez les mammifères, les couleurs élémen-taires disparaissent; au développement le plus élevé se lient les teintes du côté positif, qu'on peut nommer également le côté de la vie. C'est ainsi que dans notre organisme, le blanc et le noir, le jaune, le rouge jaune, le brun se combinent de mille manières. La peau humaine dans ses modifications variées n'offre jamais les couleurs primitives, mais elle indique par sa complexité le degré suprême de perfection auquel peut s'é-lever la nature organique.
Pour compléter ses études sur les couleurs chimiques, l'au-teur aborde un sujet sur lequel on s'est beaucoup exercé de nos jours, et qui est devenu le point de départ des plus admi-- I. Ces résultats ont été vérifiés par M. Lacaze Duthiers dans son intéressant mémoire sur la pourpre des anciens. La pourpre est d'abord incolore; la lumière y développe les trois couleurs simples, jaune, bleue, rouge. Consultez les Complet rendus de l'Académie des sciences, 1860, p. 463.
ŒUVRES SCIENT. DE GOETHE. \/t rables découvertes. Il s'agit des propriétés éclairantes, calo-rifiques, phosphogéniques des couleurs du spectre solaire. Les savants ne sauraient méconnaître sans injustice les précieuses observations que nous devons à Goethe dans cet ordre de faits.
Les couleurs du spectre ne sont pas également éclairantes. L'auteur du Traité des couleurs l'a constaté, et nous avons vu précédemment que c'est dans le jaune qu'il place le maximum d'intensité de la lumière, et dans le violet le minimum. Les expériences d'Herschel confirment entièrement cette opinion. En examinant l'intensité lumineuse des rayons colorés qui ser-vaient à l'éclairage des objets, sous le microscope, Herschel a reconnu que la puissance éclairante allait en décroissant du jaune au bleu et du bleu au violet.
Des expériences rigoureuses ont appris que l'intensité de la chaleur n'est pas la même pour chacune des couleurs prisma-tiques en général, le maximum du spectre calorifique corres-pond au rouge; cependant Seebeck a démontré qu'il peut varier suivant la nature du prisme réfringent, et Goethe parait avoir répété cette observation. 11 a même constaté que le spectre calo-rifique ne se limite pas à la couleur rouge, mais qu'au delà existe des rayons invisibles dont l'influence sur le thermomètre n'est pas douteuse.
Quelques substances, comme le sulfure de baryum, l'escu-line, le phosphore de Bologne, ont la propriété de devenir lumi-neuses dans l'obscurité, lorsqu'après les avoir exposées à la lumière solaire, on les porte dans la région violette du spectre. Les autres couleurs ne produisent pas cet effet; leurs rayons, pour employer le langage des physiciens, ne sont pas phos-phorogénétiques. Goethe a signalé un des premiers cette action spéciale de quelques substances.
« Le phosphore de Bologne, dit-il, devient lumineux sous l'in-fluence des verres bleus et violets, et jamais sous l'influence des verres jaunes et rouges jaunes; on peut remarquer que le phos-phore rendu lumineux par l'action des couleurs bleue et violette, s'éteint ̃plus vite dans les rayons jaune et rouge jaune, que s'il a été simplement placé dans une chambre obscure. Or, si on répète ces expériences au moyen du spectre obtenu par le prisme, on arri-vera toujours aux mêmes résultats »
Dès 1802, Engefield avait signalé cette action de la lumière sur le phosphore de Bologne; les observations de Seebeck, Ritter et Goethe ne sont postérieures aux siennes que de quel-ques années. De nos jours, la phosphorescence du spectre solaire est devenue le sujet de nombreux travaux'. Le quatrième chapitre du Traité des couleurs offre peu d'in-térêt l'auteur se borne à revenir sur des points qu'il a déjà longement développés. II rappelle le mode d'apparition des couleurs, et résume dans le tableau suivant ses idées sur le contraste du côté positif et du côté négatif du cercle chroma-tique.
Goethe indique ensuite comment le côté positif peut s'unir au côté négatif, par le mélange du jaune et du bleu, d'où provient le vert; wmment le bleu et le jaune peuvent, par des change-ments de teinte s'élever au rouge, et, en s'unissant, développer la couleur de la pourpre; comment enfin l'œil est agréablement impressionné par l'harmonie de l'ensemble.
Le cinquième chapitre de la partie didactique est consacré à de longues dissertations sur les rapports de la science des cou-leurs avec la philosophie, les mathématiques, l'art de la tein-- 1. Funfte Abth., p. 171, §678, 679.
2. On pourra étudier en particulier ceux de M. Edmond Becquerel. Ce phy-sicien a déterminé la nature des substances phosphorescentes, et les limites du spectre pnosphorégénétique; il a montré combien sont variables les couleurs de la lumière émise par les corps phosphorescents; dans ces conditions, le spath calcaire donne une nuance orangée, l'albumine une nuance rouge, l'azotate d'urarie une couleur verte, le sulfate de strontiane produit, suivant le mode de préparation, des rayons colorés en vert, en rouge ou en bleu. Ces faits sont Inexplicables dans la doctrine de Goethe.