‹ Œuvres scientifiques de GoetheChapitre 38 sur 79 · PLUS. MOINS · texte numérisé non relu

PLUS. MOINS

Jaune. Bleu.

Activité. Passivité.

Lumière. Ténèbres.

Clarté. Obscurité.

Force. Faiblesse.

Chaleur. Froid.

Rapprochement. Eloignement.

Affinité pour les acides.. Affinité pour les alcalis. ture, l'histoire naturelle, la physique générale, la musique, la terminologie et la nomenclature.

La philosophie, n'est certainement pas indispensable au phy-sicien, mais elle le guide dans la recherche des phénomènes primitifs.

« Quand l'observateur arrive à la connaissance de ce que nous appelons le phénomène primitif, il devient un véritable physicien et en même temps un philosophe. Il est un véritable physicien, car il n'ignore pas qu'il atteint les limites de la science, et des hau-teurs où il est parvenu, il porte ses regards, en arrière, sur l'expé-rience tous ses degrés, en avant, sur l'impénétrable royaume de la théorie dont il n'entrevoit que les frontières; il devient un philo-sophe, car il emprunte au physicien ses derniers résultats pour en faire le point de départ de ses méditations » Quant aux mathématiques, Goethe déclare qu'on les a asso-ciées fort mal à propos à l'optique, et qu'il ne s'est pas proposé de suivre cet exemple. Il cherche une exposition claire et facile, intelligible pour le plus grand nombre des esprits, et il ne con-çoit pas les auteurs qui enveloppant leurs idées dans d'obscures formules, n'arrivent à écrire que pour eux-mêmes. En aban-donnant la voie des mathématiques, il a cherché à rattacher ses observations à la technique des couleurs, désireux d'être utile aux praticiens qui n'ont que faire de la théorie; Goethe ajoute en plaisantant et pour mieux faire comprendre sa pensée

« Un chrétien catholique entre dans un temple, prend l'eau bé-nite et fléchit le genou devant le Tout-Puissant; un instant après, sans scrupule, il reprend la suite de ses affaires avec des amis, ou le cours de ses aventures amoureuses. Ainsi nous traitons la doc-trine des couleurs, avec tout le respect dû à la théorie, sans qu'on trouve au delà aucune trace de cette théorie, sans que nous mani-festions la prétention d'éclairer, d'expliquer, de simplifier utilement par des considérations abstraites les opérations du praticien a. »

Nous n'insistons pas sur les rapports des couleurs avec la physique générale, parce que en raison de son importance ce paragraphe pourra être analysé plus loin. Goethe admet que

1. Fünfte Abth., p. 182, § 720 2. iJ.,p. 185, §731. les couleurs et les sons proviennent d'une même source, et semblent les modifications d'un même phénomène fondamental, mais il ne croit pas qu'on soit autorisé à établir entre ces phé-nomènes une comparaison bien justifiable. C'est là une gros-sière erreur que refutent les doctrines exposées par Euler, et les conséquences expérimentales qu'on en a déduites.

Goethe s'élève contre les chiffres et les formules à l'aide desquelles on a essayé d'exprimer les modifications des cou-leurs, il désire que le langage technique soit l'expression même de la valeur du phénomène; c'est pourquoi il a adopté volon-tiers la formule de polarité que les physiciens appliquent à l'électricité et au magnétisme.

Le dernier chapitre de la partie didactique du Traité des cou-leurs est plutôt écrit pour les artistes que pour les physiciens; il renferme une suite d'aperçus pleins d'intérêt, d'observations judicieuses, que les peintres liront avec profit; aussi, nous nous réservons d'en présenter l'analyse lorsque nous trai-terons des études scientifiques de Goethe dans leurs rapports avec les beaux-arts qu'il nous suffise maintenant d'indiquer cette partie du travail, pour compléter l'exposition de la doc-trine.

Nous avons présenté dans ses détails la doctrine de Goethe, il nous reste à la résumer, en en faisant connaître l'ensemble; c'est dans ce but que nous reproduisons le tableau qui suit. Cet ingénieux tableau a été imaginé par Goethe, pour popula-riser la théorie des milieux troubles.

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