RÉPONSE DE M. CHEVREUL
« L’hommage de l’Académie me touché profondément. Je n’ai pas pu écouter sans la plus vive émotion les paroles que notre cher Président a bien voulu m’adresser au nom de tous mes confrères.
» Il a parlé de ma longue carrière et il a donné à entendre qu’elle n’avait été inutile ni à la science ni à notre pays. C’est le plus bel éloge que j’aie pu ambitionner.
» Que notre Président et que l'Académie toute entière veuillent bien accepter les remerciements que je leur offre du fond du cœur ! »
Il est inutile de raconter plus au long cette longue vie consacrée à un travail utile. Son histoire est écrite dans les annales de la science.
Bien que nous habitions un autre pays que Chevreul, il semble bien que nous devenions ses concitoyens dans la confédération de la science. Transmettons à M. Chevreul, d’une façon spéciale, le gage de notre estime et quelques mots de félicitations pour son centième anniversaire.
Notre science a été féconde en hommes qui, parvenus à une extrême vieillesse, ont joui des fruits de leurs propres travaux ; mais parmi eux il n’y en a pas qui aient vécu un siècle.
Inclinons-nous devant cette vénérable et majestueuse figure. Devant la calme noblesse de sa vieillesse, suspendons un instant nos travaux.
Nous ne voyons dans sa vie que des bienfaits pour sa patrie et pour sa race. Il a vu les débuts d’une science nouvelle, il a contribué à ses progrès dans une foule de directions: qu’il en reçoive maintenant les hommages et les félicitations.
Le plus vieux de nos membres semble ri’étre qu’un enfant à côté de lui; ses années ne font qu’augmenter le respect que lui ont valu son talent et ses services.
Comme marque de la valeur que nous attachons à ses travaux, et pour le féliciter à l’occasion de la célébration de son centenaire, je propose que la section de Chimie le nomme membre honoraire de [’ Association américaine pour l’avancement des Sciences^ 6tje prie le Président de l’Association de lui adresser un télégramme pour lui transmettre la nouvelle de son élection et lui porter les compliments des Savants américains.