‹ Œuvres spirituelles choisies de Jérôme Savonarole, des Frères PrêcheursChapitre 6 sur 71 · PRÉFACE XIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE XIII

tion sera un nouveau témoignage en faveur de sa doctrine et de sa sainteté.

Sayonarole était apôtre avant tout ; il ne fut écrivain que par nécessité et par circonstance, pour compléter et défendre par la plume l'œuvre immense qu'il accomplissait par la parole. C'est lui-même qui nous l'affirme dans la préface d'un ouvrage publié peu de mois avant sa mort. «... J'ai prêché pendant plusieurs années à Florence, par la volonté de Dieu, et je me suis toujours attaché à quatre points principaux. J'ai employé toutes les forces de mon esprit à prouver que la foi est vraie, à démontrer que la simplicité de la vie chrétienne est la souveraine sagesse, à annoncer les choses futures, dont quelques-unes se sont déjà réaUsées et les autres se réaliseront prochainement ; et enfin, à défendre le nouveau gouvernement de la cité. Ayant déjà écrit sur les trois premiers sujets, quoique je n'aie pas encore publié l'ouvrage composé sur le troisième, et intitulé: De la Vérité prophétique, il me reste à écrire sur le quatrième, afin que tout le monde voie que je prêche une doctrine saine, conforme à la raison naturelle et à l'enseignement de l'Église *. »

* Del Reggimento e Govemo délia citta di Firenze, publié en février 1498.

XIY PRÉFÀGB

Le Triomphe de la, croix et le Traité du ffouvernement de Florence, écrits l'un en latin, l'autre en italien , sont , sans contredit , ses ouvrages les plus remarquables , et presque les seuls dont il ait soigné le style, soit à cause de l'importance du sujet, soit par égard pour la délicatesse des sages auxquels il les destinait plus particulièrement. Toujours oublieux de lui-même , et ne songeant qu'à la gloire de Dieu et au salut des âmes, il ne travailla jamais la forme de ses discours ou de ses écrits qu'autant qu'il l'estima nécessaire pour atteindre son but. Ses moyens préférés étaient la simplicité, le naturel, à rencontre des prédicateurs et des écrivains de son temps, qui visaient d'abord à l'élégance et à recherche.

Orateur populaire incomparable, il commençait par choisir son sujet dans la sainte Écriture ; puis il le développait, le divisait d'après le sens littéral ou allégorique, et, après l'avoir fécondé par la méditation et la prière, il montait en chaire, sans nul souci de Fart, pour s'abandonner plus librement à l'inspiration qui, tant de fois, mit sur ses lèvres des accents de la plus haute éloquence, a Tous savent, dit-il dans le « Compendium des révélations, avec quelle simpli- (( cité je prêche, et combien j'évite soigneusement le (( fard de l'éloquence et de la sagesse. » Et il ajoute, dans le Traité de la vérité prophétique : <c Je n'ai « recours à aucun artifice de rhétorique, à aucun

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