‹ Œuvres spirituelles choisies de Jérôme Savonarole, des Frères PrêcheursChapitre 7 sur 71 · PREFACE XY · texte numérisé non relu

PREFACE XY

« autre ornement : je me sers de paroles simples et « ordinaires ; Dieu m'est témoin que je ne m'occupe « pas de l'expression , non plus que du geste et de « l'action oratoire. Je me contente d'avoir l'œil sur (( les pensées; pour tout le reste, je me laisse con- « duire facilement où me portent l'inspiration et la « ferveur de l'esprit. »

Il n'écrivit que très rarement ses sermons, et seulement après coup, en latin, à la demande de ses Frères, et dans les ];»*emières années. Lorsque, dès l'avent de 1494, on commença à les recueillir de sa bouche d'une manière plus ou moins complète, il les laissa publier, sans les retoucher. Parfois même il félicita et remercia publiquement le sténographe en lui décernant un brevet de fidélité.

l*'écrivain ressemblait à l'orateur; car chacun de ses traités, chacune de ses lettres était un acte apostolique, comme chacune de ses paroles et chacun de ses discours. Écrire , au contraire , était un pur exercice de dilettante pour les grammairiens, les humanistes et les rhéteurs de la fin du xv® siècle. Épris de la littérature classique jusqu'à dédaigner la littérature nationale, et traiter de vulgaire la langue de Pétrarque et de Dante, ils imitaient servilement les anciens et délaissaient la prose pour la poésie, qu'ils feisaient consister dans des vers élégants d'une métrique irréprochable, « ... Je prouverai à mes contradicteurs,

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