Dans ce qu'elle était
Tout ce que je suis , je le suis par la grâce toute puissante de Dieu, il a regardé la bassesse de sa servante ; il a déployé la force de son bras (2). Qui me donne tout , mérite tout. Le corps donc et l'ame, avec toutes leurs facultés ; lui rendre tout, ce n'est que justice. Que mon ame glorifie le Seigneur (3). S'il n'exige pas à la rigueur un parfait retour, c'est bonté ; mais le mérite-t-il moins? C'est une nouvelle raison pour moi d'être plus libérale. Cependant il déclare qu'il est jaloux de nous, qu'il souffre de nos indignes partages : Ils mont voulu comme -piquer de jalousie eu adorant de faux dieux (4) ? X'est-ee pas nous faire trop d'honneur, ne saurait être content que nous ne nous don-
(i) Sera te amavi.
(2) Fecii mihi magna qui potens est ; fecit potentiel», in brachio suo.... respexit humilitatem ancillœ suœ , etc. Luc. i , 4q, 5i/48. (3; Magnificat anima nu a Dominion.
(k)IpsimeprovQcavsrunt in eo quinon erat Deus. DeuVer. 32, ai,
nions à lui comme il se donne à nous ; et en ce mon ent-ci même, dans la communion, comment se donne-t-il? L'âme et la divinité, aussi-bien que son corps et son sang, ses mérites, ses grâces, son droit àla gloire, il nous offre tout. Nous avons tout reçu de sa plénitude (1). Rendons-nous donc d'un cœur
P,t,r2idovLSe eut su qu elle devait devemr mére de Dieu, n'eût-ce pas été pour elle une raison de se consacrer plus parfaitement encore Et mm qui dois être sa demeure, souffrira.s-je qu un autre le lui s'y établisse, ne fût-ce que pour un temps ! t sëuleLisons que Marie «ait de croire ^que Dieu par ces premières grâces, la destinait a quel- ^echose de plus , excitèrent sa ferveur, *ous n ,forons pas que nous sommes destmés a recevoir fouvent Nôtre-Seigneur; ma.s y pensons -nous?
l'homme avec Jésus -^nrisi p*. . —■»■--dure plus long-temps de suite , mais l'autre peut se renouveler chaque jour. Si c'est moins d'un cote , n<etce pas autant de l'autre? Croyons-nous que la saÏte Vierge unie a son Fils , dans l'Eucharistie après sa mort , crût avoir rien de moins que quand eue m portait' dans son sein, si ce n'est que, aans Hncarnation, elle donna et elle reçut, au lieu que, dans l'Eucharistie, elle recevait sans donner nen de nouveau? La vie deMane autemple lui servit de préparationà devenir la digne mère de D.eu, et cetl vie *e fut guère différente de celle que nous menonsquand nous sommes jeunes, soit dans dessein*
O Dtpknàudine ejus nos olmM accepimus. Joan. I , ifc
naires, soit dans des communautés religieuses. Elle obéissait, elle priait, elle gardait le silence, elle travaillait aux mêmes exercices que nous. Faisons donc en sorte que toutes nos actions pendant la semaine nous servent de préparation à la communion du dimanche.
TROISIEME POINT
Marie s'offrit à Dieu sans retour.
La sainte Vierge , comme si elle se fût défiée de sa constance, se lia à Dieu par des vœux qui l'obligeaient pour toujours. Nous n'en sommes pas là , si ce o'est qu'étant destinés à la vie religieuse , une grande dévotion ne fasse avancer le temps où la religion a réglé que nous nous engageassions par les vœux ; mais préparons-nous à les faire sans que jamais nous puissions nous en repentir. Nous en courons risque , cependant , si nous les faisons jamais sans un grand fonds de vertu déjà acquise. L'entrée en religion est , en quelque sorte , un signe de prédestination : nous sommes des prédestinés du côté de Dieu , c'est - à - dire , destinés de Dieu à régner éternellement avec lui. Ce bienfait demanderait une éternité de travail et d'efforts : mais servir toujours Dieu , s'obliger à le servir toujours , c'est mettre , autant qu'il se peut , de la proportion entre le mérite et la récompense. Ne retranchons donc pas un moment d'une vie si courte et si mauvaise.
L'amour persévérant de Jésus-Christ , nulle part ne se manifeste mieux que dans l'Eucharistie ; il ne lui a point suffi de passer quelques années avec les hommes , sur la terre ; de devoir être , dans le
ciel , leur béatitude pendant l'éternité : dans tout l'intervalle il a imaginé un moyen de ne les quitter jamais. Je serai avec vous jusqu'à la fin des siècles (1). Imaginons de même des manières de ne nous séparer jamais de lui : exercice de sa sainte présence , visites fréquentes à l'église , sacrifice continuel de nos pensées , de nos affections , de notre liberté , toujours en lui , et toujours par lui , et avec lui.
Pour le jour de l'Annonciation , le 25 mars.
Nous considérons aujourd'hui , 1 .° Comment la sainte Vierge se dispose à devenir mère de Dieu par l'incarnation.
2.° Quels furent ses sentimens au moment même de l'incarnation.
3.° A quoi elle se crut obligée , en conséquence de l'incarnation.
L'Eucharistie étant comme une extension de l'incarnation , ainsi que nous l'avons dit si souvent, ce seront autant d'instructions solides sur la manière de nous préparer à la communion, de nous occuper au temps de la communion , la manière de nous comporter , surtout , après tant de communions réitérées.
(i) Ecce ego vobiscum mm usque ad consummationem secuU, Matth. 28. 20.
PEEMIER POINT.
Disposition de la sainte Vierge à l'Incarnation Elle n'avait garde d'y penser ni de croire qu'elle dut être, entre tant d'autre* , l'heureuse créature destinée à être mère de son Dieu. Mais si elle l'avait cru . si elle Tarait su , eût-elle pu s'y disposer d'une aut. e manière ? Peut - on s'imaginer plus de pureté de cœur et de corps ; plus d'amour pour la solitude et pour les exercices qui unissent l'ame à son Dieu ; plus d'humilité et de dévouement à tous les ordres du Très-Haut ? Ce serait la matière d'un juste éloge. Par toutes ces vertus, elle avait trouvé grâce auprès de Dieu (1), c'est-à-dire , Dieu ne l'avait pas jugée indigne de ses plus grandes faveurs , de concevoir et d'enfanter un fils qui sera appelé le Fils du Très-Haut (2).
La grâce de recevoir souvent Notre - Seigneur dans la sainte Eucharistie , n'est pas si inférieure à celle de la sainte Vierge, que nous ne devions y apporter les mêmes préparations , excepté que la sainte Vierge se prépara sans savoir à quoi elle se disposait, au lieu que nous autres nous ne l'ignorons pas. Recevoir Jésus-Christ, ce n'est pas une •grâce médiocre î Tâchons donc, pour le moins , de suivre de loin ce qui est signifié par ces paroles de l'Ange à Marie, pleine de grâces, le Seigneur est avec vous (3).
llemplissons-nous de grâces , assez pour en rem-
(i) Im'enisti gr'anam apud Deum. Luc. î 3 3o. (î Ecce conoîpies et paries Filium , et FiLius Jltissùni vocahitur. Ibid. 52. . . r% GraUâ plena , Dominas tecum. Luc. î 28,
plir plusieurs autres. Que le Seigneur soit avec nous, non-seulement comme il est avec le reste des hommes, mais d'une façon toute nouvelle ; qu'il y rèo-ne, qu'il y domine en maître absolu ; qu'on ne nous voie avec les hommes, que quand Dieu même ne voudrait pas que nous fussions avec lui ; que la seule apparence, la seule approche d'une faute équivoque, d'une liaison dangereuse, nous jette dans l'alarme. N'agissons jamais qu'avec une pleine assurance qu'il n'y a ni offense, ni danger d'aucune offense dans ce que nous faisons, ou dans ce qu'on nous propose de faire (1). Que la considération de qui que ce soit ne nous fasse jamais rien faire contre le devoir. L'obligation où nous met notre état, d'être si souvent le temple , le tabernacle, la demeure intime du Dieu vivant, ne demande rien de moins. Elle demanderait une sainteté semblable à celle des anges , ou , pour dire enqpre plus , à celle de Marie ; car ce n'est pas pour un homme qu'd faut préparer une demeure, mais pour Dieu (2). Jamais y avons-nous pensé ? Y penserons-nous au moins désormais ?
SECOND POINT
Sentimens de la sainte Vierge au moment même de l'Incarnation.
Elle se crut indigne de la grâce que le Verbe lui faisait ; mais le choix de Dieu et la volonté de Dieu la rassura et la détermina. J'obéirai puisqu'il l'or-
(i) Quomodofiet istud ? Luc. i , 34-
(a) Neque erum homini prœparatur habitatio , sed Deo. I Pa-
donne : Voici la servante du Seigneur; qu'il me soit fait selon votre parole (1).
Ces paroles n'expriment que ce que Dieu nous fait dire jusqu'à trois fois, avant que de nous donner le corps de Jésus-Christ (2).
Je serais tenté plutôt de dire à Dieu, comme saint Pierre : Seigneur, retirez-vous de moi, car je suis un pécheur (3). Cependant venez, mon Dieu, puisque vous le voulez, et que vous déclarez que c'est pour les pécheurs principalement que vous êtes des cendu du Ciel: venez et rendez-nous vous-même ou dignes, ou moins indignes de vous posséder.
Nous ne saurions douter qu'au moment de l'incarnation, la sainte Vierge ne pensât tout ce qu'elle exprima peu de jours après dans ce beau cantique: Magnificat, etc. Quel parfait modèle d'une juste action de grâce ! Bénir Dieu, exhorter toutes les créatures à le bénir. Saisissement de joie dans la considération d'un si grand bienfait (4). Et s'il avait eu égard à toute autre chose qu'à mon humilité , qu'eût-il pu trouver en moi de capable d'attirer ses regards (5) ? Mais il ne considère pas ce que je suisil ag t selon ce qu'il prétend que je devienne. Je ne connais point d'autre bonheur , il n'en est point d'autre en effet que celui-ci. Que les mondains se flattent de quelque autre avantage. Ils appellent heureux le peuple qui jouit des biens terrestres. Mais le peuple véritablement heureux est celui qui
(i) Ecce ancilla Domini ■ fat miïii secundùm verbum tuutn.
(2) Domine } non sitm dignus , etc.
(3) Exi à me , quia peccator sum , Domine. Luc. 5,8. (i) Exultcwit spiritus meus. Luc. i} 47.
(5) Respexit humilitatem ancillœ suœ. Ibid. 48.
a le Seigneur pour son Dieu (1). Le Tout - Puissant a opéré de grands miracles en ma faveur (2). 11 a déplové la puissance de son bras : ailleurs je dirais; c'est le doigt de Dieu qui agit (3) ; ici c'est son bras qui s'est déployé : que de miracles de bonté de
sagesse, de force, dans un seul! Hélas sans
que j'eusse faim , il m'a souvent rassasie, ou s .1 ne m'a pas rassasié encore, c'est que je n'ai jamais eu assez de faim (4). J'étais pauvre, nu, misérable, au^eu d'en convenir et d'en gémir , je me suis flatté d'être riche ; j'en ai eu de l'orgueil , comte sijel'ensse été en effet ; et de 1. est venu mon malheur: j'aurais mérité que Dieu se re tu at e qu'il devint avarepour punir mon orgueil (5). Mais le mereconnaismaintenant. Puisse le Seigneurrecevoir aujourd'hui dans le souvenir de ses miséricordes et de ses promesses , son enfant, jnsqu ,c. pauvre et superbe (6). Sa miséricorde et sa parole iondent seules toutes mes espérances.
TROISIÈME POINT
Conduite de la sainte Vierge, depuis l'Incar-
nation.
Elle ne se regarda plus que comme une personne avec Jésus-Christ ; véritablement transformée en UBeuUan dixerunt ff*»« *« — , beatus popubu
suo. Luc. i, 49, 5r- .
(3) Digitus Dei est hic. F.xod. 3 , 19-
(4) Esurientes irnplevit bonis. Luc. 1 , oS.
(5) Dispersa supevbos mente cordis sut. Luc. 1 , M.
(6) Sus'cepit puerum suum, recordatus nusencorckœ suœ. SicUt locutus est. Lue. 1 , 54»
lui , elle n'eut d'autres vues , d'autres sentimens que les siens. De là , qu'aussitôt après elle partit pour aller sanctifier Jean- Baptiste , consoler Zacharie, servir Elisabeth. Tous les devoirs de sauveur et de rédempteur devinrent les siens.
Elle fit pour lui ce que ces premiers temps ne lui permettaient pas de faire pour lui-même ; et depuis qu'il travailla en personne à notre salut , partout , dans le temple, en Egypte, à Nazareth, dans la Judée, sur le Calvaire, elle fut la coadjutrice et la coopérative de notre rédemption.
Tel doit être le fruit de nos communions si souvent réitérées : Je dois vivre comme un autre Jésus-Christ .sur la terre; tout dévoué comme Jésus- Christ à la gloire, auservice, aux desseins de Dieu, et tout plein de zèle pour inspirer mes sentimens et mes vues aux autres; et à qui? A tous sans exception; etjusqu ou? Jusqu'à m'incommoder, jusqu'à me peiner , jusqu'à souffrir, et, s'il le fallait , jusqu'à mourir : et combien de temps ces souffrances? Jusqu'au dernier soupir de ma vie.
N'oublions jamais que recevoir le corps de Notre-Seigneur, c'est recevoir , en quelque façon , le corps de Marie (1) ; la chair de Jésus-Christ est la chair de Marie: identifié donc non-seulement à Jésus-Christ , mais à sa sainte mère, quel attachement dois-je avoir pour elle? Semblable en proportion à celui que j'ai pour lui, ou, pour mieux dire, attachement à elle , pour mériter de devenir chaque jour plus attaché a lui.
Recommandons à la sainte Vierge la paix de l'Eglise, le progrés de l'Evangile, la consommation,
(i) Cara dtristi Caro Mariée.
SUR LES FÊTESDï: Là S1TNTE VIERGE. 359
dans tous les hommes, du grand mystère qui commence aujourd'hui. Nous avons tout en Jésus-Christ, mais nous n'avons Jésus -Christ même que par Marie.
Pour le jour de la Visitation de la samte Vierge, ^juillet.
Le mystère d'aujourd'hui s'accomplit incontinent après l'incarnation du Verbe dans le sein de
Marie
En ce temps-là même, dit l'Evangile , c'est-àdire aussitôt que la sainte Vierge eut connu le Verbe fait chair, elle se mit en chemin pour aller rendre visite à Elisabeth , sa parente (1) ; on n a point on ne saurait avoir cette plénitude de grâces «ue produit la demeure de Dieu , dans une ame dont il s'empare , pour ainsi dire, et dont il prend une parfaite possession, qu'il n'en paraisse aussitôt des démonstrations éclatantes ; de même que le feu, partout où il est, se fait vite apercevoir par sa flamme, ou sentir du moins par sa chaleur.
L'Evangile d'aujourd'hui nous marque des effets singuliers et sensibles de la demeure de Jésus-Christ
dans une ame.
Le premier est une charité compatissante et un
zèle à l'épreuve de tout.
Le deuxième , une communication et une espèce de transfusion dans autrui, de ses grâces les plus
intimes.
(i) Exurgens Maria , m diehus Mis. Luc, i , 39.
Le troisième, enfin, un retour vers Dieu, qui rend supérieur à tous les sentimens d'orgueil et de
complaisance.
PREMIER POINT
Première démonstration de la demeure de Dieu dans une ame : une charité , un zèle à l'épreuve de tout.
Dieu est chanté , et quiconque demeure dans la charité , demeure en Dieu et Dieu en lui (1) ; c'est ce que le père Surin dit quelque part : Je n'ai connu personne , je puis le dire, qui fût bien uni à Dieu, qui ne fût tout zèle et tout charité.
Marie avait appris de l'ange qu'Elisabeth était enceinte. Sa chanté lui inspire d'aller la servir et la soulager dans le besoin qu'elle peut en avoir.
Elle n'écoute ni l'attrait qu'elle avait pour la solitude , ni la difficulté d'un chemin pénible au travers des montagnes et des déserts , ni les égards que semblait mériter la qualité de mère de Dieu. EUe savait que Jean-Baptiste étant pécheur par origine, il fallait le sanctifier : voyage de zèle autant que de raison. Le Fils de Dieu voyant le besoin des hommes, avait quitté le séjour bienheureux de sa gloire ; il vient et vole au-dessus des montagnes ; passant par-dessus les collines (2) , il est sorti pour prendre sa course comme un géant ; partout où il est, il inspire ses sentimens : rien ne rend l'homme plus semblable à Dieu , que la charité et la miséri-
( : . Deus caiitas est, et qui mantt in cantate, in Deo manet, et Deus in eo. I. Joan. 4, 16.
[*) Ecce iste venit saliens in montibus , transitons colles... Canî. *g 8, Exultavit ut gigas. P*. zS 6.
corde (1). On est donc bien vide de Dieu , quand on craint de se peiner pour le prochain, qu'on préfère son propre repos à l'utilité d'autrui. Mais d'où cela peut -il venir ? Possédons - nous autant Jésus-Christ par la communion, que Marie par T incarnation? Ce zèlepour autrui ne doit point être l'effet d'une activité naturelle; de soi-même , on doit plutôt pencher vers la solitude ; mais le devoir doit l'emporter sur l'attachement, et la charité est toujours tranquille quand elle est bien pure. On suffit à tout, sans perdre ni son recueillement, ni sa paix. Ce sont les passions mêlées à la charité qui la troublent, l'envie de réussir, etc.
Règle de charité : S'il faut que mon avancement dans la vertu en souffre , dois-je écouter la vivacité de mon zèle et de ma charité? Non ; mais s'il n'y a pour moi que de la peine, je suis à tout et je ne suis fJÏus à moi-même ; je ferai pour Dieu, dan ma peine, ce que Dieu n'a pas dédaigné de faire pour moi.
SECOND POINT
Deuxième démonstration de la demeure de Dieu dans une ame : la transfusion des grâces et des sentimens dont elle est pénétrée.
A la première parole de Marie (2), Jean-Baptiste est ému et sanctifié (3) ; Elisabeth se trouve remplie du Saint-Esnrit (4) ; elle est subitement éclair- Ci) Nullâ re est Jwmo aiuinitati propior , qulun misericordid
(2) Ulfacta est vox salutationis. Luc. i , 44.
(3) Exultai'it in gaudio Infans in utero.
(4) Replela est Spiritu Sancto.
Retraite spirit. IL *"
cie de ce qu'elle ne pouvait avoir appris d'ailleurs (1) : et de qui l'avez-vous déjà pu savoir ?
Quelle différence entre un homme possédé de Dieu, et un autre qui ne traite avec le prochain que par la voix de l'esprit et du raisonnement I L'un fait sentir beaucoup en disant peu, l'autre remue peu en disant beaucoup : jamais un charbon noir n'allumera d'autres charbons. Embrasez- vous si vous voulez m'embraser. C'est là-dessus que saint Ignace a fait la règle seizième, qui appelle à l'union avec Dieu par les exercices de l'esprit.
De là les succès des saints , sans qu'ils disent de grandes choses : nous avons leurs discours. On fordait en larmes en voyant un saint François de Borgia, sans l'entendre , de là qu'on entendait les apôtres dans une langue étrangère. Un saint parle une langue comme universelle ; c'est la langue qu'entend le cœur : comme Dieu parle sans cesse au cœur des humbles, ainsi l'homme de Dieu parle au cœur de ceux qui l'écoutent. Il a rendu ma bouche comme un glaive perçant;... il m'a réservé comme une flèche choisie (2). Les plus grands hommes n'ont pas toujours été ceux qui avaient ou plus de capacité, ou plus d'esprit, ou plus d'autres talens ) l'esprit de Dieu joint aux talens , est ce que les communautés désireraient.
(i) Undè hoc mihi ut veniat Mater Domini mei ad me ? Ibid. (2) Posuit os meum quasi gladium acutum.. . Is. 49 ., 2- Posuii me quasi sagittam eleclam. Isa. Ibid.
IROISIÈME POINT.
Troisième démonstration de la demeure de Dieu ians une aine : le rapport fidèle à Dieu de tout ce qu'elle est et de tout ce qu'elle a.
Une ame moins remplie de Dieu que Marie eût pu être flattée des louanges qu'on lui donna (1). Mère de Dieu ,... heureuse, parce qu'elle a cru,... toutes les grandes choses qui lui ont été annoncées, seront accomplies.
Mais la présence et la vue de Dieu dans les âmes qu'il possède , absorbe toute sorte de retours sur elles-mêmes -, elles le voient si grand , qu'elles ne sauraient se voir que très-petites. De plus , Dieu n'estime et ne peut estimer que lui-même ; ceux qui ont son esprit jugent comme lui , et ne peuvent juger autrement.
Mon ame glorifie le Seigneur. Et ne croyons pas qu'il y ait rien d'outré. Il a regardé la bassesse de sa servante ;... il a opéré dans moi de grandes merveilles.
Nulle autre raison de me le faire croire , que de me montrer ce qu'il est. Il a comblé de biens ceux qui étaient affamés;.... il a pris sous sa protection Israël , son serviteur.
L'orgueil , aie prendre dans sa source , d'où vient- il ? De ce qu'on ne connaît pas Dieu , dit le père Surin (2). ... De là , les petitesses d\in esprit vain, étroit , et borné (3). Aura-t-on de la vanité ,
(i) Mater DominL... Beata quœ credidisti.... perfcien' en quœ dicta sunt tibi à Domino. Luc i , 45.
(2) Dih parvus crit , etc. inut. 1. i , c 3i.
(3) Quis ut Deus :>.... Ego pubû et cuis.... Geu. 18 , a?.
à la mort , où Dieu parait ce qu'il est ? Alors, voi êtes le seul saint, le seul Seigneur (1). Aujourd'hi on oublie Dieu , on ne regarde que soi-même ; n tre attention est tout entière sur nous seuls ; sai cesse on s'admire dans ce qu'on a , et c'est con me un de ces miroirs qui grossissent les objets l'infini ; Dieu , pour ainsi dire , est en un coin ( l'ame.
Par opposition à ces trois effets de la demeure ( Dieu dans l'homme , on peut juger si l'on est vie de lui et de sa grâce même.
1.* Point de charité , de compassion , d'ambitu à faire du bien.
2.° Une transfusion de ce que l'on a de mauva et d'imparfait. A la première parole ou à la seu approche, Ton se fait sentir, et l'on corrompt tôt
3.° Une idolâtrie de soi-même, une complaisan perpétuelle dans ce qu'on a ou dans ce qu'on cre avoir de bon (2). Ce n'est pas toujours la demeu réelle de Dieu qui opère en nous les bons effet tous ceux qui communient devraient donc les se tir, au moins au temps de la communion. Aussi : fut-ce pas Tincarnation seulement qui remp Marie de tant de grâces ; mais l'union par la foi par la charité avec Jésus-Christ incarné. C'est l'< fet du sacrement reçu avec de grandes dispositio qui fait cela. Demandons jusqu'à ce que no sentions cette plénitude. Elle se communique p Marie , Jésus seul le peut ; mais il le veut par ell c'est la route sûre et ordinaire. Nous le voyons da
(i) Tu solus sanctus , tu s lus , etc*
(a) Nonne hœc est Babyion quam ego œdifitavi. ..in rohorefi titudinis meœ ? Dan. 4, 27-
lous les saints , et surtout au mystère d'aujourd'hui.
Pour le jour de la Purification de Notre -Dame , le 2 février.
L'Evangile du mystère que nous célébrons, nous présente trois grands objets dans trois personnes qui viennent aujourd'hui au temple de Jérusalem.
L'une est le Verbe incarné , qui se présente solennellement en sacrifice au Père éternel.
L'autre est la très-sainte Vierge , par le ministère et par le 3 mains de qui Jésus - Christ est présenté d'abord, ensuite racheté.
La dernière est le vieillard Siméon , qui le reçoit et l'embrasse au nom de tous les fidèles, pour lesquels il vient se faire victime et rédemption.
PREMIER POINT
Jésus s'offre en sacrifice.
Il n'avait fait autre chose , depuis le premier instant de son incarnation , jusqu'alors ; mais ce sacrifice , pour être authentique et solennel , devait se faire une fois en public , dans le temple du Dieu vivant.
La victime , dont toutes les autres n'étaient que des figures , devait paraître devant les mêmes autels où toutes les autres avaient été immolées pendant tant de siècles.
La prophétie qui annonçait que la gloire du second temple bâti par Zorobabel , depuis la captivité , serait plus grande que celle du premier qu'avait bâti Salomon , devait s'accomplir. Pourquoi sa gloire plus grande ? Parce que le désiré de toutes les nations s'y fera voir d'une manière corporelle et sensible (1). Un Dieu donc s'offre aujourd'hui à un Dieu ; quoi de plus glorieux pour l'un et pour l'autre ?La gloire de Dieu est que tout plie sous lui, même un Dieu , s'il est homme. La gloire de l'homme, fût -il Dieu, c'est de plier sous un Dieu qui n'est pas homme. Après cela , que l'homme qui n'est qu'homme refuse des sacrifices au Tout - Puissant : quelle gloire revient-il à Dieu de tous nos sacrifices , et quelle gloire ne nous en revient-il pas ?
Sacrifions-nous donc , mais comme Jésus-Christ; sacrifice entier , et de tout ce que nous sommes et de tout ce que nous avons ; sacrifice qui dure autant que nous durerons, jusqu'à ce que, par la mort, la victime soit comme entièrement anéantie. Sacrifice libre et volontaire par pur amour , par pure générosité ; enfin, sacrifice qui commence toujours par ce que nous avons de plus précieux : notre honneur , notre liberté , nos commodités nos amis , îiotre passion pour la vanité.
Dans l'eucharistie, où le sacrifice de Jésus-Christ se renouvelle , nous avons plus de tort que jamais de refuser de nous sacrifier. Unissons notre sacrifice ; des deux qu'il ne s'en fasse qu'un : c'est jus-
(i) Implebo domum istam glorid.... Magna erit gloria domûs istius novissimœ plusquàm primœ. Agg. 2, 8, 10.
tice, c'est reconnaissance , et c'est de quoi donner au nôtre le prix de celui d'un Dieu.
SECOND POINT
Jésus -Christ se présente par le ministère de la sainte Viercje.
Elle se démet de tout l'empire qu'elle avait sur lui en qualité de mère par le droit de la naissance ; elle l'offre pour tout ce qu'il plaira a Dieu d'en ordonner.
Il est à moi , mon Dieu ; mais c'est vous qui me l'avez donné , il est bien plus à vous qu'à moi.
C'est encore elle qui le rachète ensuite , au prix de deux tourterelles, selon la loi des personnes pauvres et peu accommodées ; mais elle ne le prend que pour nous le rendre un jour sur la croix, d'une manière encore plus héroïque.
Jésus - Christ avait -m1 besoin de quelque autre que de lui-même pour se présenter ? N'était-il pas le prêtre et la victime de son sacrifice , tout à la fois ? Oui , sans doute. Mais tel était l'ordre de celui qui a voulu , dit saint Bernard , que nous eussions toutes choses par Marie (1). Son consentement fut requis au grand ouvrage de l'incarnation (2). Il l'est encore à l'offrande solennelle que Jésus fait aujourd'hui de lui-même. De là que les Pères n'ont point cru errer en l'appelant la réparatrice, la médiatrice , et en certaine façon , la rédemptrice des hommes.
Que nous lui avons donc d'obligation de nous
(i) Sic fuit voluntas ejusquinos habere vohiitomnia per Mariam. (») Ecce anciUa Domini. Luc x.
avoir si volontiers dévoué ce qu'elle avait de plu cher ! mais quelle confiance ne devons-nous poin avoir au pouvoir de celle dans les mains de qu Dieu a consigné , pour ainsi dire , le prix de notr rachat ? Jésus-Christ nous est venu par elle ; allon toujours par elle à Jésus-Christ, et par Jésus-Chris à Dieu. C'est l'échelle des pécheurs pour s'élève jusqu'au trône du Tout-Puissant : c'est le ferme aj pui de mon espérance , dit saint Bernard (1). N croyons pas que Jésus-Christ en soit offensé ou ja loux ; nous ne faisons que suivre l'exemple qu Dieu nous a donné , et nous ne recevons de Mari que ce que Dieu nous a donné lui-même.
De plus, remarquons quelles sont les qualité de celle par qui Jésus-Christ a voulu être offerl C'est une vierge trés-pure , et que sa pureté n'em pèche point de se purifier de plus en plus. Ainsi quand nous recevons le Sauveur dans la commu nion , tâchons que ce soit avec les mêmes disposi tions : une sainteté déjà bien avancée , et chaqu fois un nouveau désir de nous sanctifier toujour davantage.
1ROISIÈME POINT.
Jésus offert et racheté.
Il se donne au saint vieillard Siméon , par le mains de Marie ; ou plutôt , dans la personne di saint vieillard , à tous les vrais fidèles , comme si I mère et le fils, d'une voix commune, nous disaient Recevez le rédempteur de ses propres mains et de mains de sa mère , car l'un et l'autre vous le don
(?) Scala peccatorum et certissima me a fîducia.
nent. Il est à vous , usez-en pour tou& vos besoins; mais prenez garde de n'en point abuser , ce serait votre perte ; car tel est son sort, il sera votre mine, s'il n'est pas votre résurrection (1).
Quel bonheur et quelles richesses dans cette possession de Jésus-Christ ! Que n'a-t-on point , et que ne peut-on point avoir dans lui et par lui ? Aussi , quels avaient été , pendant bien des années , les désirs du saint vieillard , dans l'attente de ce jour fortuné ! Combien plus heureux que ceux dont il est dit : Beaucoup de prophètes et de rois ont souhaité de voir ce que vous voyez , et ne l'ont point vu (2). Depuis qu'il l'eut reçu , quelle reconnaissance ! et comment regarde-t-il la terre ? Comme un lieu d'exil (3).
Le cierge que l'on nous présente aujourd'hui , est comme l'image de Jésus-Christ , vraie lumière du monde , qui nous fut présenté dans la personne de Siméon ; vraie lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde (4). Ce doit nous être aussi comme un symbole de la foi en Jésus - Christ , et du don précieux de Jésus -Christ , que Dieu nous a fait préférablement à tant de nations ; car nous n'étions autrefois que ténèbres ; maintenant soyons lumière en Notre-Seigneur (5).
Mais que ce soit encore un avertissement, non- Ci) Positus est in ruinam et in resurrectionem multorum. Luc.
2 (a) Multi Prophetœ et Reges uoluerunt videre quœ vos videtis, et non viderunt. Luc. io, 24.
(3) Nunc dimittis servum tuum. Luc. 2 , 29.
U) Lux vera , quce illimwiat omnem hominem. Joau. 1,9.
(5) Eratis enim aliquandb tenebrœ , nunc autem lux in Vamirto. Ephes. 5, 8. Lumen ad revelationem. Luc. 1, 32.
seulement aux ministres de l'Evangile , mais encore aux personnes religieuses et aux personnes pieuse*" dans le monde , d'être comme des flambep-ix qui éclairent les ignorans par de bons exemples et de saintes instructions , et qui se consument eux-mêmes tout entiers à la gloire de celui qui les a appelés (1).
Pour la fête de l'Assomption de la sainte Vierge, le 15 août.
Dans une seule fête , l'Eglise célèbre aujourd'hui trois mystères : la mort , la résurrection , et Tassomption de la sainte Vierge.
Faisons quelques léflexions sur chacun en particulier.
Sa mort est un mystère , ou plutôt un motif de jalousie et d'émulation pour nous ; sa résurrection est un mystère de gloire et de justice pour elle; son assomption est un mystère de joie et de confiance pour l'Eglise.
PREMIER POINT
Premier mystère. La mort de la sainte Vierge , dans plusieurs rituels anciens, se nomme sommeil (2) , pour signifier qu'elle n'eut rien de violent et de douloureux ; que la sainte Vierge passa à son Fils comme l'on passe à un tranquille repos. Gela
(i) Lucerna ardens et lucens. Joan. 5, 35. (a) Dormitio Beatce Virçinis.
n'est point étonnant, au regard d'une pe^^ ne regrettait rien en cette vie -ci , et qu. n ava.t rien à craindre dans l'autre.
Marie ne regrettait , en mourant , n. le monde qu'elle n'avait jamais aimé, ni aucun péché qu elle eût jamais commis, ni aucune sorte de bonne œuvre qu'elle eût jamais négligée. Elle ne craigna.t apré's la mort , ni le juge qu'elle avait toujours uniquement aimé , ni le jugement m les f»<^u jugement, qui ne pouvaient 1m être qu'avantage uses. Dieu lui rend la justice que sur la terre on ne lui avait pas rendue. ,
Un désir ardent de se rejoindre à son Fds sépara donc son ame doucement d'avec son corps ; son amour eut sur elle toute la force que la mort a sur
les autres (1). .
Nous en avons assez d'exemples dans les saints , pour ne pas juger la chose imposable (2). M de Bernière mourut ains,. Sainte Thérèse d.sa.t : Je me meurs de ne pouvoir assez tôt mourir.
Qu'on est bien récompensé alors des peines de la vie ! Que ce qui a passé parait consolant quand on entre dans un état heureux et inva riable .
Dans cette espérance, soutenons - nous ; demandons à la sainte Vierge une mort pareille , c est-adire une vie pareille à la sienne ; car la mort repond d'ordinaire à la vie : vivons d'amour pour mourir d'amour (3).
(i) Fortis ut mors dilectio. Cant. S, 6.
(i) Cupio dissolvi. Saint Paul.
(3) Maria Mater gratiœ , tu nos ab hoste protège.
SECOND POINT
La résurrection de la sainte Vierge, c'est-àdire , la réunion de son corps et de 'son ame après trois jours; mystère de gloire et de justice pour elle.
La tradition de cette résurrection n'est pas si universelle ni si constante que l'Eglise ait voulu en faire un article de foi ; mais il est aisé de voir ce qu'elle souhaite que nous en croyions, et son sentiment penchant d'un côté plus que de l'autre , doit avoir pour ses enfans à peu prés la force d'une décision.
On ne fait contre cette créance aucune objection qui ne puisse se résoudre par quelque chose d'aussi raisonnable et d'aussi fort que l'objection même Pour s'éloigner de la créance commune, il faudrait comme des démonstrations; il n'y en a certainement point ici.
Toutes ces critiques infinies ne viennent guère que d'un esprit peu religieux , ou d'un cœur intéressé peut-être à affaiblir les vérités même révélées. Aussi ce sont les hérétiques qui les font toujours les premiers : quand on veut ruiner une maison, on commence d'abord parles couvertures on descend ensuite par parties jusqu'aux fondemens. A consulter la raison , n'est-il pas juste d'accorder à la mère de Dieu des privilèges de gloire qui puissent répondre à la magnificence de ses privilèges de grâces? Elle n'aurait pas dû mourir, si son fils Jésus-Christ n'était pas mort. La mort n'est que la punition du péché; mais Jésus-Christ son FiU
est ressuscité ; pourquoi ne ressuscitera-t-elle pas avec lui? Il a pu certainement en accorder la grâce à sa mère; pourquoi ne l'aurait-il pas fait? De ce que Dieu , pendant sa vie, a confondu la sainte Vier-e avec les autres femmes, dans tout ce qui frappe les sens, conclura-t-on qu'après la vie il nVtpas voulu l'honorer davantage?^ en faut-i pas conclure plutôt le contraire? Il lui doit d autant plus de distinction, après la mort, quelle en a moins reçu pendant la vie ; et il n'est aucun chrétien qui ne doive espérer d'être d'autant plus recompensé après sa mort, qu'avec de grandes vertus il l'aura été moins pendant sa vie.
Si la dépouille mortelle de la Mère de Dieu était encore sur la terre, Dieu n'aurait-il pas fait savoir ou elle est, pour qu'on rendît des honneurs convenables au temple du Saint-Esprit le plus auguste f Le corps de tant de saints est demeuré entier, et celui de Marie ne serait pas même connu ! Le conçoit on ? Convenons ensemble que ces doutes conviendraient moins à une personne religieuse qu'à toute autre ; nous sommes les enfans de la sainte Vierge; elle est notre mère ; nous sommes nés dans son sein; c'est nous déshonorer nous-mêmes que de souffrir qu'on la déshonore. Ranimons notre zèle, réjouissons -nous de ses privilèges : que n'ai -je le pouvoir d'y ajouter encore ?
TROISIÈME POINT
Son assomption, mystère de joie et de confiance pour l'Eglise ; l'Eglise décide nettement sur ce dernier article (1).
(i) Exaltata est super choros angelorum beata Dei gemitnz ad Cœlestia régna.
Le Fils â la droite du Père, et ia Mère à la droite du Fils, comme Bethsabée à la droite de Salo-* mon.
Ce n est pas une égalité ni une identité de puissance , comme entre Dieu le Fils et Dieu le Père ; mais une communication, un transport , une transfusion de pouvoir ; ou, comme dit un Père, c'est une supplication toute-puissante (1).
Le pécheur peut aller immédiatement au Fils , mais il peut commencer par Marie, sans que le Fils le trouve mauvais.
Renouvelons aujourd'hui une prière que disent les jeunes gens en entrant dans les congrégations , Sancta Maria, etc. C'estpar là qua commencé notre bonheur , c'est delà qu'en viendra la consommation. Nous ne sommes pas de ceux qui se prévalent de cette dévotion pour s'autoriser dans le vice; elle ne peut donc aller trop loin, quand elle est éclairée Demandons-lui l'esprit de notre vocation , la persévérance dans notre vocation. Recommandons-lui dans l'Eglise tous ses besoins , la Famille royale ei l'Etat , et tous les corps dont il est composé , afin qu'elle nous accorde à tous sa puissante protection. Ainsi soit-il.
(*) Omnipotentia supplex.