TROISIÈME PARTIE
soins ; c'est un remède universel (1). Soulageons-le, par une vive contrition , d'une partie du poids de nos péchés , ce sont là les fouets qui le déchirent (2). Mêlons nos larmes aux siennes , et notre sang au sien, si nous en avons le courage. Nous ne sentirons jamais mieux les supplices de Jésus-Christ , et l'obligation que nous lui avons , que quand il nous arrivera de souffrir pour lui quelque chose de semblable (3).
En effet , à ce spectacle les saints ne voulaient plus que souffrir ou mourir (4). Ils ne voulaient pas même encore mourir ; ils voulaient long-temps souffrir (5). Ils ne croyaient pas que la passion de Jésus- Christ fût parfaite , qu'auparavant ils ne lui ressemblassent (6). Et quelle étrange disposition ; ne vivre plus que pour souffrir ! Disposition de reconnaissance , disposition de justice contre le véritable coupable : c'est moi qui ai péché , mais celui-ci est innocent (7) . Disposition de conformité parfaite sous le poids de l'autorité d'un Dieu qui nous a donné l'exemple. Maître , je vous suivrai partout où vous irez (8). Au moins , une vie toute de mortification et de croix ; si nous nous épargnons d'un côté , que ce ne soit que pour nous ménager moins de l'autre.
(i) Liuore ejus sanati sumus. Is. 53, 5.
(2) Verè languores nostros ipse tulit } et chlores nostros ipse jjortaint. Is. 53, 4-
(3) Nemo ità cordialiter sentit Passionem Christi , sicut is eut contigervt similia pati. Imit. 1. 2 , c. 12.
(4) dut pati , aut mon. — (5) Non mort, sed pâli.
(6) Adimpleo ea quœ desunt passionum Christi , in carne me a. C'oloss. 1, 24.
(7) Ego peccavi; innocens iste quid meruit ?
(8) Magister , seejuar te qubeumque ieris. Malth. 8, ig.
Privation de toutes les vaines délicatesses, de tous lesplaisirs , de tons les amuseraens ; travail dur et assidu ; régularité et circonspection perpétuelle ; de façon ou d'autre , souffrons et représentons en nous-mêmes la vie souffrante de Jésus-Christ : triomphons de toutes ces choses, à cause de celui qui nous a aimés (1).
SECOND point.
Le Couronnement cl 'épines.
C'est une nouvelle preuve que, dans les supplices du Sauveur , on ne gardait aucune mesure ni aucune formalité ; car , si on en eût gardé , qui des soldats eût osé , de son autorité , imaginer ce genre de supplice inouï et sans exemple.3
D'une poignée d'épines on forme une espèce de couronne qu'on met sur la tète de Jésus-Christ ; sa tète avait été épargnée jusqu'ici ; il lui fallait son supplice. Pour achever la scène, on jette sur ses épaules déchirées , un vieux manteau d'écarlate ; on lui met un roseau à la main , enformede sceptre, qu'on lui arrache de temps en temps, pour l'en frapper sur la tète, et y faire entrer les épines pi us avant. C'est dans cet état également douloureux et ignominieux , qu'on le présente devant le peuple.
Filles de Sion, âmes qui lui êtes véritablement dévouées , paraissez , et venez reconnaître votre roi sous ce bandeau royal dont l'a couronné la svna-
(i^ Mortificationem Domini Jesu in corpore nostro circutnj'eventes . ut et vit a Jesu manifestetur in corpQràSu* nostris. Cor. 4, io. Se d in his omnibus superamus , pr opter euin qui dilexit nos. Rom. '•, 3-.