‹ Œuvres spirituelles du P. Judde (volume 2)Chapitre 44 sur 116 · Par sa confiance dans les plus vives douleurs · texte numérisé non relu

Par sa confiance dans les plus vives douleurs

3.° Par sa confiance en Dieu dans les plus terribles épreuves.

Détachement de Jésus -Christ dans les plus rudes séparations.

La mort est une séparation générale de toutes choses. Mourir , c'est tout quitter ; quitter la vie , quitter les biens de la vie , quitter les personnes qu'on aimait dans la vie : il faut être bien détaché pour savoir perdre tout cela sans regret.

Mais voyons Jésus-Christ.

I ,e II quitte la vie, et c'est à trente-trois ans qu'il la quitte, n'ayant encore paru que trois ans dans le monde , dans un temps où il pouvait espérer de recueillir une riche moisson de ses travaux. Ses disciples n'étaient plus si grossiers ; on commençait à les connaître : non -seulement le peuple , mais plusieurs des grands de Jérusalem revenaient des fausses impressions qu'on leur avait données de lui.

II pouvait vivre encore quarante ou cinquante autres années, sans rien forcer dans Tordre de la nature. Et quels fruits n'auraient pas dû faire ses exemples, ses prédications, ses miracles?

Il quitte la vie , et c'est une mort affreuse qui la lui enlève , dans L'espace de moins de vingt-quatre heures : vingt-quatre heures auparavant ses apôtres ne pouvaient se persuader qu'il dût mourir.

Il quitte la vie, et c'est sur une croix qu'il meurt, au milieu de deux voleurs, comme le chef et le plus méchant des trois.

Or, le détachement du Sauveur paraît en ce que, dans tout le cours de sa Passion, il ne se plaignit pas une seule fois de mourir de si bonne heure , de mourir en si peu de temps, de mourir d'une manière si infâme.

Un chrétien donc , et plus encore une personne religieuse, ne doit jamais trop s'inquiéter du temps, du lieu, des autres circonstances de sa mort.

Le vrai temps, le temps le plus propre pour mourir, c'est quand Dieu voudra. L'âge avancé ne sert guère, quelquefois, à mourir mieux, ni plus volon-

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