‹ Œuvres spirituelles du P. Judde (volume 2)Chapitre 58 sur 116 · QUATRIEME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIEME PARTIE

deïeineetaux autres saintes dames qui l'avaient accompagné sur le Calvaire , jusqu'à la mort , et qui venaient encore à son tombeau , à dessein de l'embaumer une seconde fois ; il vint à leur rencontre, et leur dit : Je vous salue (1).

Ensuite il apparut aux apôtres et à quelques disciples chancelans , mais qui ne manquaient pourtant pas d'amour et d'affection. La crainte les avait fait fuir ; elle jes tenait encore enfermés ; mais ils pleuraient , av^c de grands gémissemens, leur infidélité et la perte qu'ils avaient faite (2).

Enfin , il apparaît encore à des incrédules ; mai. c'est parle ministère d'un ange, et sa vue n'a rien que d'effrayant et de terrible pour eux (3).

Telle est la conduite que Jésus-Christ garde encore ordinairement , à l'égard des visites intérieures , et quelquefois même des manifestations sensibles de sa présence,

1.° Plus souvent il se communique à des âmes simples et sans étude, mais dévotes et ferventes (4) . La raison , c'est qu'elles sont mieux disposées à croire , à recevoir la lumière divine et à se laisser conduire. Les hommes , et surtout les hommes savans , présument trop d'eux-mêmes ; et , au récit des choses extraordinaires , c'est beaucoup s'ils ne disent pas comme les apôtres , dans les commencemens , que ce sont là des extravagances et des rêveries (5).

(i) Occurrit illis dicens : Avete. Matîh. aS , 9. — (2) Lugentibu<> etjlentibus... undecim appariât. Marc. 16, 10, 14. — (3) Exterriu sunt custodes et facti sunt velut mortui. Matth 28, 4-

(4) Cian simplLibus sermocinotio ejus. Prov. 3, 32.

(5) Visa sunt antè Mo s sictt doliramantum vsrba Mfii , et non çrediderunt Mis Luc. 24, ti

2.° Dieu ne laisse pas, quelquefois, de faire sentir sa présence aussi à des personnes éclairées; il le faut, pour qu'on ne dise pas qu'il n'y a que de petits génies , des tètes faibles , qui connaissent tous les secrets de la vie intérieure : mais ce n'est qu'après qu'ils ont déjà beaucoup rabaissé de leur suffisance, et qu ils sont allés plus d'une fois chercher Jésus-Christ , comme les plus simples : Pierre et Jean couraient ensemble et arrivèrent en même temps au tombeau de Jésus-Christ (1). Alors ils commencent à dire , comme les saintes femmes : Nous ayons vu le Seigneur , et ce qu'on nous en disait se trouve véritable (2). Mais on rit d'eux, à leur tour; toujours il reste des incrédules parmi les gens de bien mêmes, qui disent avec Thomas : Si je ne vois, je ne croirai pas (3).

Heureuses cependant les âmes d'élite qui entendent le Seigneur au dedans d'elles-mêmes , et qui reçoivent de sa bouche la parole de la consolation céleste (4). Heureuses les oreilles fermées à tout le tumulte de ce bas - monde , pour n'être ouvertes qu'au doux murmure de ces mots mystérieux du dedans (5) !

Mais n'est-ce pas un grand art , un art au-dessus de l'homme , de savoir ainsi attirer Jésus , converser avec Jésus , retenir Jésus (6) ?

(i) Petrus et Me alius.... currebant duo sùnul.... et venerunt ad monumentum- 3 oan. 20, 3,4.-12) Vidi Dominum , et hœc dixit mihi. Joan. 20, 18. Vidimus Dominum. Ibid. v. 20.

(3) Nisi i'idero , non cvedam. Joan. 20 , 25.

(4) Beata anima quœ Dominum in se loquentem audit , et de ore ejus consolationis verbum accipit ! Imit. 1. 3 , c. 1.

(5 1 Beatœ aures quœ venus dwini susurri suscipiunt ! Ibid. (6) Magna ars est , scire cum Jesu conversari ; et scire Jesum tenere , magna prudentia. Ibid. 1. 1 , c, 8,

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