‹ Œuvres spirituelles du P. Judde (volume 2)Chapitre 99 sur 116 · TROISIÈME RÈGLE · texte numérisé non relu

TROISIÈME RÈGLE

Quand il y a quelque cause de consolation qui a précédé , la consolation peut venir également du bon et du mauvais esprit; mais les suites en sont toujours bien différentes ; car la consolation qui vient de Dieu tend toujours à rendre l'ame plus éclairée et plus forte dans le bien; celle qui vient du démon ne peut la porter qu'au mal et au relâchement.

NOTE

Il est vrai de dire que Dieu agit dans l'ame immédiatement et de la manière qu'il lui plait , ainsi qu'on vient de l'expliquer. La lumière et la consolation viennent d'ordinaire de quelque chose qui , du moins occasionellement, les a causées. H. faut donc une autre règle pour discerner de quel esprit elle vient alors , puisque , selon le texte , elle peut venir du bon ou du mauvais esprit. Cette règle, la voici : La consolation, la dilatation, la lumière, qui vient de Dieu, porte de plus en plus à l'amour et à la pratique du devoir. Tout ce qui rend mou, lâche, dissipé, présomptueux, parût-il venir de Dieu, ne peut venir que du démon. Les disciples d'Emmaûs s'étonnèrent de n'avoir pas reconnu Jésus-Christ à ce feu intérieur de charité qui les brûlait pendant qu'ils s'entretenaient avec lui sur la roule (1).

(i) Nonne cor nostrnm ardens erat in nobis? Luc. 24, 3a.

Page 1